Les agriculteurs français s'entendent pour contrôler les prix des matières premières

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Les céréaliers et les producteurs de viande français ont signé ce mercredi un accord pour lutter contre les fortes fluctuations des prix des matières premières agricoles qui affectent le marché mondial. Cet accord prévoit la mise en place de contrats-types prévoyant des prix planchers ou un lissage sur une durée donnée à partir du 1er juillet.

"Ce n'est pas un accord sur les prix, mais sur des modalités pour éviter leur trop forte volatilité sur le marché mondial", précise Catherine Lion, directrice adjointe de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Cet accord, signé ce mercredi par quinze organisations professionnelles, des éleveurs de bovins, de porcs, de volaille ainsi que des producteurs de céréales, prévoit en effet de s'abstraire des conditions actuelles du marché en proposant deux nouveaux types de contrat.

Collecteurs de grain et fabricants d'aliments pour animaux d'une part, fabricants d'aliments et éleveurs d'autre part pourront, avec ces contrats, s'entendre sur un "lissage des prix" ou des "tunnels de prix" sur une durée donnée. Pour les agriculteurs, cela permettrait de prévoir les coûts au moment du début de la production et, dès lors, de s'assurer un revenu.

"Pas une réponse à la sécheresse"

Cette décision intervient alors que la sécheresse qui a affecté les agriculteurs français ce printemps, a conduit un certain nombre d'éleveurs à envoyer du bétail à l'abattoir faute d'alimentation suffisante. Ces circonstances seraient "conjoncturelles", pour la directrice adjointe de la FNSEA, qui signale que "cet accord était déjà prévu avant la sécheresse". En février, il avait en effet été annoncé lors d'une conférence de presse.

De nouvelles hausses de prix dans l'agroalimentaire ?

Les prix pour les consommateurs s'en trouveront-il affectés ? La FNSEA se veut bien sûr rassurante à cet égard. Comme les contrats visent à "atténuer les pics et les creux", ce serait donc plutôt une stabilisation qui serait visée. Pour cela, ce sont aussi des accords en aval qui devraient donc être signés avec les distributeurs. Un accord de ce type, soutenu par le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire, a été signé le 3 mai. Au terme de cette entente, une renégociation des prix de la viande entre producteurs et distributeurs s'appliquerait dès que les prix de l'alimentation animale ont dépassé un seuil d'alerte.

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Commentaires
a écrit le 28/06/2011 à 6:20 :
Face à la grande distrib. les agriculteurs auraient du depuis longtemps réagir,
a écrit le 16/06/2011 à 19:02 :
C'est une trés bonne chose que ce soit les milieux professionnels qui régulent les marchés. Il serait souhaitable que cet exemple serve dans l'avenir pour toutes les productions alimentaires. Il n'est pas normal de laisser des banquiers s'occuper d'une régulation qui ne serait basée que sur leur profit et non sur les besoins.
a écrit le 16/06/2011 à 9:51 :
je ne comprends pas pourquoi les agriculturs n'arrivent pas à faire des ententes sur leurs prix.. les entreprises tels bouygues carrefour.. et tant d'autres y arrivent sans se faire pincer et personne ne les embêtent. Zut, battez vous faite la liaison avec les producteurs voisins et mettez un prix minimum, pour le reste, laissez les consommateurs se battrent à leurs tours contre les distributeurs. C'est la seule solution pour arriver à un système honorable!
Réponse de le 16/06/2011 à 12:34 :
Tout d'abord ,l'entente sur les prix est illégale et les cartels aussi.Les céréaliers sont frappés de plein fouet par la mondialisation et les consommateurs n'y peuvent rien. Les céréales trouvent leur équilibbrede prix en bourse (malgré ce qui est dit).Mais beaucoup de pays veulent une totale liberté .Le Brésil par exemple.
a écrit le 16/06/2011 à 9:45 :
On pourrait forcer les fabricants de bio-carburants à ravendre à prix coutant leurs céréales aux éleveurs (prix beaucoup moins élevé que celui actuel, céréales achetés à l'avance pour maintentir la viabilité de ces usines malgré la volatilité des cours), l'état indemnisant le manque à gagner, chomage technique, mais n'ayant plus à subventionner autant l'incorporation de bio carburants ferait une très bonne affaire, le seul hic , il faudrait mettre en parenthèse l'obligation européenne sur cette incorporation .
a écrit le 16/06/2011 à 8:08 :
Lorsque ces collecteurs de grains et fabricants d'aliments pour bétails mettront en place un ''lissage des prix'' ou des ''tunnels de prix'', ils devront nécessairement arbitrer le risque que d'être débordé par le prix du marché à un moment ou un autre. Pour ce faire, ils devront simultanément prendre des positions sur le marché des options et leurs contreparties sur ce marché sont par définition des....spéculateurs !!

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