La Grèce et le nucléaire ralentiront la réduction du déficit budgétaire allemand
Romaric Godin, à Francfort
Romaric Godin, à Francfort
A regarder les finances publiques de son pays, le contribuable allemand alterne l'attitude de Jean-qui-rit, Jean-qui-pleure, ou plutôt Hans-qui-rit et Hans-qui-pleure...
Côté sourire, le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, pourra se targuer ce mercredi matin en conseil des ministres, lorsqu'il présentera son projet de budget pour les quatre années à venir, d'avoir réussi à abaisser le déficit public global de l'Alllemagne sous les 2% du PIB dès cette année.
Jusqu'ici Wolfgang Schäuble ne prévoyait qu'un déficit de 2,5% du PIB pour 2011.
Pour 2012, la situation des comptes publics fédéraux inspire elle aussi la confiance. L'an prochain, selon les indiscrétions qui circulent outre-Rhin, un déficit de 27,2 milliards d'euros est prévu, soit bien moins que les 40 milliards d'euros attendus pour cette année.
Les meilleures rentrées fiscales issues de la forte croissance économique que connaît actuellement la République fédérale expliquent cette embellie.
Pour autant, le ministre des Finances est loin de jubiler. En effet, à partir de 2013, la participation allemande au futur Mécanisme européen de stabilité (MES) lui coûtera 4,3 milliards d'euros par an pendant cinq ans. A cela s'ajoute le manque à gagner d'un milliard d'euros par an de "l'impôt sur le combustible atomique", sortie du nucléaire oblige, et un ralentissement attendu de la croissance.
Du coup, la consolidation budgétaire devrait en être ralentie. Dans deux ans, le déficit prévu est en effet désormais de 24,9 milliards d'euros, soit 2,6 milliards d'euros de plus que ce qui avait été envisagé en mars dernier.
En 2015, il manquera encore 14,7 milliards d'euros à l'Etat fédéral pour équilibrer recettes et dépenses, soit 1,4 milliard d'euros de plus que prévu en mars. Entrer dans les clous fixés par la constitution allemande (soit atteindre un déficit structurel de 0,35% du PIB en 2016) devrait donc être périlleux. D'autant que ces plans incluent à partir de 2013 un impôt sur les transactions financières qui doit rapporter 2 milliards d'euros par an mais dont les contours et l'existence même restent flous.
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"Ceux qui voudraient baisser les impôts devraient trouver de nouveaux postes d'économies", prévient le projet de budget. Un avertissement lancé à Angela Merkel qui, pour sauver son partenaire libéral, a décidé de baisser la pression fiscale à partir de l'année électorale 2013. Un moment politiquement bien choisi, mais qui s'annonce délicat à gérer sur le plan financier et constitutionnel.
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