Moody's envisage d'abaisser la note de la dette américaine

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Moody' s est la première des trois grandes agences de notation à placer la note des Etats-Unis sous surveillance avec risque d'un déclassement, lequel pourrait alors intervenir dans les semaines à venir.

Les Etats-Unis risquent de perdre leur note de crédit maximale AAA dans les semaines qui viennent si le Congrès ne parvient pas à trouver un accord pour relever le plafond de la dette nationale, a annoncé l'agence de notation Moody' s Investors Service mercredi.  Faute d'un tel accord, les Etats-Unis pourraient manquer certains remboursements sur les obligations publiques en circulation, ajoute-t-elle.

Moody' s est la première des trois grandes agences de notation à placer la note des USA sous surveillance avec risque d'un déclassement, lequel pourrait alors intervenir dans les semaines à venir. Standard & Poor's avait assigné en avril une perspective négative à la note des Etats-Unis, impliquant un probable déclassement dans les 12 à 18 mois.

Le dollar a aggravé ses pertes et les emprunts d'Etat américains ont baissé à la suite de cette annonce. Les futures de Wall Street ont également reculé après la clôture.

L'agence perçoit, dans un communiqué, "une possibilité de plus en plus grande que le plafond légal de la dette ne soit pas relevé en temps voulu, débouchant sur un défaut sur les obligations du Trésor".

UNE ISSUE PAS TRES POSITIVE

Même si les Etats-Unis parviennent à éviter un défaut technique en août, la probabilité augmente d'une révision de la perspective à négative dans les semaines qui suivront, a dit à Reuters Steven Hess, analyste de Moody's.

L'agence entend mettre un terme à la surveillance dès qu'elle pourra conclure si un défaut est évitable ou pas. Elle décidera alors si les Etats-Unis peuvent prétendre conserver une perspective stable sur leurs notes, sur la base du projet de budget négocié entre Démocrates et Républicains.

"Le fait qu'ils ne se soient pas entendus sur cela (le plafond de la dette) nous montre que l'issue des négociations sur la situation de la dette à long terme risque de ne pas être très positive", a noté Hess.

"Nous sommes disposés à attendre le résultat des négociations", a-t-il ajouté. "Si elles ont bien progressé dans le sens d'un accord sur le budget qui rompe avec la trajectoire ascendante de la dette, alors nous envisagerons d'assigner une perspective stable".

Le sous-secrétaire au Trésor chargé des Finances intérieures Jeffrey Goldstein a réagi en déclarant que l'annonce de Moody' s était un rappel opportun de la nécessité pour le Congrès d'éviter un défaut de paiement des Etats-Unis et de sceller un accord de réduction sérieuse du déficit budgétaire.

Les risques d'un défaut de paiement sur les obligations d'Etat américaines, qui passent pour être l'investissement le plus sûr au monde, ont augmenté depuis que l'Etat a atteint, le 16 mai, le plafond légal d'endettement de 14.294 milliards de dollars.

Les chefs de file du Congrès et le président américain Barack Obama poursuivent des négociations tendues afin de relever ce plafond d'ici la date limite du 2 août. Pour l'instant le Congrès refuse de s'exécuter tant qu'il n'y aura pas d'accord sur la réduction d'un déficit budgétaire qui atteignait 1.290 milliards de dollars lors du dernier exercice budgétaire.

Le Trésor américain a fait savoir qu'en cas de non-renouvellement du plafond, il devrait installer un système de priorités dans les remboursements.

DANGER IDEOLOGIQUE

Le député démocrate Chris Van Hollen a estimé que les annonces de Moody' s attestaient du danger idéologique dans les débats en cours. "Le fait que Moody' s place les Etats-Unis sous surveillance et puisse déclasser notre rating AAA souligne le danger de ceux qui voudraient faire de notre économie et de nos emplois les otages d'une idéologie rigide au lieu d'agir au mieux des intérêts de notre pays", a-t-il dit.

A la différence de Fitch, qui a promis de placer la note en "défaut limité" après plusieurs remboursements passés, Moody' s a dit qu'elle déclasserait, le cas échéant, les Etats-Unis dans la catégorie AA, qui reste une catégorie d'investissement. L'agence ajoute que la probabilité d'un défaut sur le service de la dette est faible mais "n'est plus de minimis".

"Si le plafond de la dette est à nouveau relevé et un défaut évité, la note AAA sera vraisemblablement confirmée", observe-t-elle. "Toutefois, la perspective assignée à ce moment-là à la note de la dette publique sera très vraisemblablement changée à négative en fin de période de surveillance à moins d'un accord budgétaire d'envergure et crédible, comportant une réduction du déficit à long terme".

La décision de Moody' s a un précédent. En 1996, l'agence avait déjà placé sous surveillance dans la perspective d'un déclassement certaines émissions du Trésor américain. La Maison Blanche et la Congrès n'avaient pu se mettre d'accord sur un relèvement du plafond.

Un déclassement des Etats-Unis pourrait avoir des répercussions dans des pays tels qu'Israël et l'Egypte. Moody' s a dit que les emprunts émis par ces pays et comportant une garantie de Washington "sont également placés sous surveillance avec risque de déclassement".

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Commentaires
a écrit le 14/07/2011 à 13:04 :
Ceci est la confirmation de la non crédibilité des agences de notation sous contrôle yankee. En effet,toutes les déclarations des uns et des autres reprises dans cet article (c'est à dire des déclarations d'acteurs américains), montrent deux choses, que 1. les USA considèrent se situer au dessus des lois (c'est pas nouveau au plan du droit international) mais aussi donc qu'ils 2. se situent au dessus des agences de notation qu'elles considèrent comme leur propre émanation. Moody's fanfaronne pour montrer qu'elle n'a pas peur des menaces voilées et qu'elle est indépendante, mais ceci n'est que de l'esbroufe, et ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Car le triple A ou le Aa1 des agences de notation est totalement usurpé en ce qui concerne les USA que le plafond de la dette soit rehaussé ou non, qui ne valent pas plus aujourd'hui qu'un AA - tout comme le Royaume Uni. Dans cette catégorie du AA- on pourrait y mettre aujourd'hui la France également, l'Allemagne pouvant encore être maintenue en AA+ (dans une grille qui serait en cohérence avec les notes souveraines précédentes) malgré et du fait de sa participation à l'UEM (sinon c'est un vrai AAA sans problème). Quand on a dit ça, on a tout dit. Il faut donc foutre les agences de notation aux bottes des amerlocs dehors de l'Europe à partir de lundi matin.
Réponse de le 14/07/2011 à 13:38 :
Ces agences de notations ne font que ce qu'on (US) leur demande de faire : recompenser tous les "vassaux" des US par le not AAA.
Les supprimer ne changera en rien au probleme majeur : on vit a credit ... et surtout au-dessus de nos moyens.
Réponse de le 14/07/2011 à 20:20 :
Fitch n'est pas sous controle yankee, elle est detenu a 60% par la societe francaise Fimalac. Pourquoi ne fait-elle rien ? Peut etre parcque ce n'est pas encore necessaire.
a écrit le 14/07/2011 à 12:15 :
est ce le "tipping point" attendu depuis 2008 ?
a écrit le 14/07/2011 à 12:02 :
Je voudrais juste faire remarquer qu'intuitivement, tout pays dont le déficit( en % du pib) est supérieur au poids du service de la dette(en % du pib) a un sacré problème.
Vous pouvez les lister.
a écrit le 14/07/2011 à 12:01 :
Elle menace (moody's) ;mais quand va-telle agire comme elle sait si bien faire en Europe ?
Réponse de le 14/07/2011 à 12:42 :
Agir? contre les USA les agences sont Anglo-saxonne, il est permis de rever.
a écrit le 14/07/2011 à 11:59 :
Une note de rating c'est un peu comme une réputation, quelqu'un qui a une bonne réputation peut alors être accusé de mauvaises choses manips mensonges et mauvaise foi, sa réputation reste intacte pendant un moment et personne ne croit à la chute de cette personne car ne croyant pas les preuves qui s'accumulent, maintenant, si les preuves les faits commencent à s'accumuler "trop"( la personne loupe l'occasion de changer", à un moment le renversement va devenir patent, tout le monde va faire "tilt" presque en même temps et là la réputation va descendre en flèche et devenir extrêmement dure à renverser vers le positif. Dans le monde du trading on connaît ce phénomène qu'on remarque surtout par des configurations graphiques exceptionnelles, cela donne des mouvements brutaux.
Tout peut aller très vite.
a écrit le 14/07/2011 à 11:31 :
les agences de notations font accroire qu 'elles sont impartiales ! le roi dollar n'est pas menacé . L'euro , oui . Il n' y a que le pauvre ... pour jouer les valets . La France mérite mieux .
Réponse de le 14/07/2011 à 12:27 :
@aveugle, 5 sur 5, nous sommes les valets, les américains dominent! et ensuite les Chinois? mais la CEE? elle fait quoi? le carburant est réglé en dollar , et l'Euros? dans l'affaire nous les dindons!!!!!!!!!!!!
a écrit le 14/07/2011 à 11:23 :
Voilà qui est très logique : les USA ont une dette d'environ 100% du PIB, financée en grande partie par la banque centrale (Fed) comme les pays du tiers monde (Zimbabwe etc), et l'état semble incapable d'augmenter les impôts pour financer cette dette, donc dégrader la note des USA serait tout à fait logique. Sans oublier que de nombreux états américains sont en quasi faililte : Californie, Illinois, et bien d'autres. D'ailleurs ils n'ont pas la note maximale dans la notation de l'agence chinoise Dagong.
a écrit le 14/07/2011 à 10:37 :
Mince alors ! Je pensais que ces méchantes agences ne faisaient que comploter contre l'Europe ! Je ne comprends plus rien dut tout !:)
Réponse de le 14/07/2011 à 12:25 :
Facile a comprendre, élection.
a écrit le 14/07/2011 à 9:55 :
Toutes les déclarations des uns et des autres aux US reprises dans cet article montrent deux choses 1.que les USA considèrent se situer au dessus des lois (c'est pas nouveau au plan du droit international) mais aussi donc 2.qu'ils se situent au dessus des agences de notation qu'elles considèrent comme leurs propre émanation. Moody's fanfaronne pour montrer qu'elle n'a pas peur des menaces voilées et qu'elle est indépendante, ceci n'est que de l'esbroufe et ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Car le tripe A ou le Aa1 des agences de notation est totalement usurpé en ce qui concerne les USA que le plafond de la dette soit rehaussé ou non, ne valent pas plus aujourd'hui qu'un AA - tout comme le Royaume Uni. Dans cette catégorie du AA - on pourrait y mettre aujourd'hui la France également, l'Allemagne pouvant encore être maintenue en AA+ malgré et du fait de sa connexion à l'UEM (sinon c'est un AAA sans problème). Quand on a dit ça on a tout dit, il faut donc foutre les agences de notation aux bottes des amerlocs dehors de l'Europe à partir de lundi matin.
a écrit le 14/07/2011 à 7:25 :
Pourquoi baisser la note, les USA tout comme d'autre pays du G8 sont les plus riches de la planète terre, c'est une plaisanterie!!!
Réponse de le 14/07/2011 à 11:38 :
Heeeu... non, Nancy. Vous confondez le mot pays (qui est l'ensemble des citoyens) avec le mot gros possédants, soit très peu dans un pays. Voyez l'Inde.
a écrit le 14/07/2011 à 7:08 :
Le déclassement de la note des USA : je demande a voir !
Chiche !
Réponse de le 14/07/2011 à 10:49 :
Et après, le déclassement de la Chine. Il paraît que leurs finances ne sont aussi glorieuses que prévues....
a écrit le 14/07/2011 à 7:08 :
les agences de notation font enfin leur travail, elles ne sont à la botte des présidents BCE ou Fed.Nos politichiens comme d'habitude vont dénoncer,les agences de notation bien évidemment sans se remetre en question.Nous savons depuis 1998 ques les chiffres étaient virtuels, savoir que l'on est atteint d'une tumeur est encore différent lorsque l'on est en soins paliatif .
a écrit le 14/07/2011 à 6:57 :
Pour sauver la planète de l'explosion de la bulle financière, il faut que les pays industrialisés se résignent à DIVISIER par 10 le nombre de leurs strates administratives, en France supprimer 50 % des Sénateurs, supprimer 50 % des Députés, supprimer toutes les agences de développements économiques inutiles, supprimer toutes les grandes agglomérations, supprimer l'ENA et réduire le nombre de grandes écoles inutiles, interdire les TRADER et les envoyer trier les poubelles dans les centre s de tri des ordures ménagères... VOILA, c'est SIMPLE AUSSI, ajoutons plafonner les salaires des cols blancs à 2 800 Euros par mois, ils ne méritent pas plus
Réponse de le 14/07/2011 à 10:39 :
Mon dieu ! Quelle honte ! Un gars qui sort de X payé 2800 ? par mois ! Mais voyons, il en vaut plusieurs dizaine de milliers par mois ! MDR

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