Menace sur la note de la dette américaine

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Standard & Poors a abaissé lundi sa perspective sur la dette américaine à "négative". L'agence de notation Smet en garde les responsables politiques américains, les appelant à trouver un accord sur la réduction des déficits publics.

Standard & Poor's s'invite dans le débat budgétaire aux Etats-Unis. L'agence de notation a abaissé lundi sa perspective sur la dette américaine à "négative", ouvrant ainsi la voie à moyen-terme à une dégradation de sa note. "Il y a un risque réel que les responsables politiques américains ne parviennent pas à un accord sur la façon de répondre aux difficultés budgétaires à moyen et long terme d'ici à 2012, explique-t-elle. Le profil de risque des Etats-Unis serait alors significativement plus faible que celui des autres pays AAA". L'endettement fédéral dépasse en effet les 14.000 milliards de dollars. Et il se rapproche à grands pas de la barre symbolique des 100 % du PIB.

Riposte immédiate du Trésor américain

"La perspective négative de S&P sous-estime la capacité des dirigeants des Etats-Unis à se rassembler pour répondre aux difficiles défis budgétaires du pays, a immédiatement réagi le Trésor américain. Comme le président l'a dit la semaine dernière, s'attaquer à la situation budgétaire actuelle est largement dans nos capacités". Une position qui n'a pas convaincu Wall Street, qui a démarré la séance en très forte baisse. "Ce nouvel avertissement met en évidence le besoin d'un meilleure contrôle de notre politique budgétaire afin d'éviter la flambée des coûts de la dette et de maintenir notre rôle central au sein de l'économie mondiale", estime par exemple Mohamed El-Erian, le PDG de Pimco, l'un des principaux hedge funds américains.

Un risque de défaut de paiement dès cet été

Début avril, les démocrates et les républicains avaient attendu la toute dernière minute pour trouver un accord sur le budget 2011, évitant ainsi un "gouvernment shutdown", la fermeture de nombreuses administrations. Cela ne met cependant pas un terme aux discussions sur le budget à Washington. Loin de là. Le Congrès va devoir rapidement se saisir du plafond de la dette fédérale, qui devrait être touché le 16 mai selon les estimations du Trésor. Sans entente pour relever cette limite légale, les Etats-Unis pourraient se retrouver en situation de défaut de paiement sur leur dette au début de l'été. Pour les républicains, il s'agira d'une nouvelle opportunité pour obtenir des coupes budgétaires encore plus importantes.

Obama veut davantage imposer les ménages aisés, les Républicains s'y opposent

Puis viendront les négociations sur le budget 2012. La semaine dernière, Barack Obama a présenté un plan visant à réduire de 4.000 milliards de dollars les déficits attendus au cours de la prochaine décennie. Un plan prévoyant à la fois une baisse des dépenses et une hausse des recettes, notamment par une imposition plus élevée sur les ménages américains les plus aisés. Les républicains proposent de leur côté de réduire les dépenses publiques de 5.800 milliards de dollars sur dix ans, sans prévoir la moindre hausse de la fiscalité. Ils prônent également une privatisation de Medicare, la couverture santé des personnes âgées. Des propositions inacceptables pour leurs adversaires politiques.

 

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