La santé insolente de l'économie argentine propulse Cristina Kirchner vers la réélection

Avec son écrasante victoire aux élections primaires, la chef de l'État argentine paraît idéalement placée pour la présidentielle d'octobre. Par-delà les motivations politiques, les électeurs ont voté pour la stabilité et la croissance économiques, en moyenne de 8,5 % à 9,5 % par an sous l'ère Kirchner.

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La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner
La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

La victoire de la présidente Cristina Fernández de Kirchner aux élections primaires du 14 août était attendue. Mais c'est un véritable triomphe qu'elle a obtenu : plus de 50 % des électeurs argentins ont voté pour elle. Les deux principaux candidats de l'opposition, le radical Ricardo Alfonsín et le péroniste dissident Eduardo Duhalde, sont relégués à plus de 37 points. La chef de l'État paraît idéalement placée pour l'emporter dès le premier tour à la présidentielle du 23 octobre. Ajoutons que ces primaires avaient été organisées, en principe, pour départager les postulants à la présidence de chaque parti. Mais, comme toutes les formations avaient choisi au préalable leur champion et que les électeurs ont voté massivement (le taux de participation a dépassé 76 %), le scrutin a été une sorte de répétition générale de la présidentielle.

 

Comment expliquer un tel raz-de-marée, alors que, ces dernières semaines, les candidats du pouvoir avaient été battus aux élections provinciales ou municipales dans trois des quatre plus importantes circonscriptions du pays (Santa Fe, Buenos Aires et Córdoba, face, respectivement, aux socialistes, au centre droit et au péronisme d'opposition) ?

Le mérite en revient en premier lieu à la présidente, dont l'image positive, en particulier depuis le décès de son prédécesseur et époux Néstor Kirchner, en octobre 2010, dépasse largement l'électorat traditionnel du péronisme. Son leadership personnel a fait voler en éclats les clivages qui traversent la vie politique argentine depuis des années.

 

L'opposition porte aussi sa part de responsabilité. Atomisée, elle paie aujourd'hui le prix de ses divisions. En 2009, elle avait constituée deux alliances, l'une derrière les radicaux, l'autre autour du péronisme dissident, qui avaient mis le kirchnérisme en difficulté aux élections législatives. Par la suite, chacun a voulu tenter sa chance pour la présidentielle, sans qu'aucun ne puisse offrir une alternative crédible aux 29 millions d'électeurs argentins. Résultat, ce 14 août, ce fut Blanche Neige et les sept nains (pour la circonstance, ils étaient neuf).

 

Mais la raison peut-être principale du succès de la chef de l'État est économique. Depuis 2003, c'est-à-dire sous les présidences de Néstor Kirchner puis de sa veuve Cristina Fernández, élue en 2007, le pays a connu une croissance de 8,5 % à 9,5 % par an, à la seule exception de 2009, pour cause de crise internationale. Relativement peu endettée (54 % du PIB), avec une balance commerciale excédentaire et des comptes publics équilibrés, l'Argentine vit une sorte d'euphorie grâce aux recettes d'exportation qui alimentent le budget de l'État et permettent une consommation effrénée. Les créations d'emplois (5,5 millions depuis 2003) et des politiques sociales actives (augmentation des salaires et des retraites, généralisation des allocations familiales, etc.) ont permis d'élargir les classes moyennes (60 % de la population), tandis que l'industrie (automobile, sidérurgie et chimie notamment) et l'agro-industrie (soja et dérivés en particulier) battent des records de production.

 

Bien sûr, il y a l'interventionnisme gouvernemental et les changements de règles du jeu dont se plaignent à juste titre les chefs d'entreprise nationaux et étrangers.

Mais cela ne les empêche pas, en règle générale, de faire de bonnes affaires.

Il y a aussi une inquiétante inflation (10 % par an, selon les chiffres officiels, plus près de 25 % en réalité).

Mais, si les candidats de l'opposition affirmaient qu'il leur serait possible, dans l'hypothèse d'une alternance, de la diminuer progressivement sans casser la croissance, pourquoi ne pas faire confiance à Cristina Fernández de Kirchner pour y parvenir ? C'est sans doute ce que se disent les Argentins, apparemment prêts à s'abonner à quatre nouvelles années de kirchnérisme.

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Commentaires 11
à écrit le 27/11/2011 à 16:50
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Bonsoir,je suis à la recherche d'une personne compétente en l'économie argentine pour un projet d'interview (Qui peut se faire au téléphone) C'est pour mon travail de fin d'étude, Merci, Bien à vous, Lorka@live.be

à écrit le 18/08/2011 à 19:10
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Grand BRAVO à une Femme qui dirige bien mieux que de nombreux hommes son pays. Les pays européens devraient copier.

à écrit le 18/08/2011 à 18:09
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L'exemple à suivre car un contre modèle du FMI et de sa politique du libéralisme exacerbé qui pille les richesses et appauvrie la popuplation

à écrit le 18/08/2011 à 13:56
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Libérés du cartel monétaire imposé par les grands pays depuis la dernière guerre mondiale, les pays d'amérique du sud sont en pointe en pour cause. Ils rejoingnent un seuil qui aurait dû être le leur depuis longtemps. Ni Lula & Cie ni Kirchner n'y so...

à écrit le 18/08/2011 à 11:33
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L'inflation, qui doit en avoir le plus peur ? Celui qui doit emprunter et rembourser toute sa vie à la sueur de son front pour pouvoir avoir un toit, une voiture ou bien celui qui prête et qui vit largement de sa rente sans lever le petit doigt ?

à écrit le 18/08/2011 à 10:38
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le journaliste de la tribune se garde bien de présenter la parti de kirchner comme l'équivalent du front de gauche en france ( jl mélenchon ) ce qu'elle à fait suite à la grande crise de 2000 et l'intervention du FMI , c'est foutre dehors celui- ...

le 18/08/2011 à 12:18
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ou Marine Le Pen...

le 18/08/2011 à 22:13
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Apres avoir eu des presidents et gouvernements toujours plus mauvais et moins couillus depuis De Gaulle, nous servant toujours le meme plat du liberalisme avec simplement une sauce legerement differente, il n'est en effet pas surprenant que nous soyi...

le 19/08/2011 à 7:32
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a HECTOR !!! comparer le front de gauche ( jl mélenchon )à m lepen c'est avoir une culture politique proche du néant . renseigne toi un minimum et arrete de manger la soupe médiatique qui est servie

le 19/08/2011 à 7:35
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à HECTOR !!! si il y en a un qui peut etre comparer à m lepen c'est sarkozy ouvre les yeux

le 19/08/2011 à 11:20
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Sarkosy et Melenchon sont tous deux des mondialistes alors que MLP est une patriote...c'est bien pour cela que l'on a vu maintes fois un Sarkosy serré la main d'un Cohn Bendit comme les 2 meilleurs amis mondialistes qu'ils sont.

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