Retour sur six mois de crise libyenne

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Les insurgés ont pris dimanche une grande partie de la capitale libyenne, mais butaient encore lundi sur la résistance des forces gouvernementales qui ont gardé le contrôle de plusieurs quartiers de la ville. Copyright Reuters
Les insurgés ont pris dimanche une grande partie de la capitale libyenne, mais butaient encore lundi sur la résistance des forces gouvernementales qui ont gardé le contrôle de plusieurs quartiers de la ville. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le conflit libyen a pris une toute autre tournure ces derniers jours. L'avancée des rebelles à Tripoli a été déterminante pour le régime de Mouammar Kadhafi, sur le point de s'effondrer. Retour sur six mois d'un conflit civil qui semblait sans issue.

Le 15 février, l'arrestation de l'activiste Fethi Tarbel est l'étincelle qui va déclencher le mouvement de contestation à Benghazi, dans l'Est du pays. Les manifestants, mobilisés pendant plusieurs jours, sont brutalement réprimés par les forces de sécurité mais commencent déjà à s'organiser en milices.

Le 5 mars, la rébellion se dote de son propre organe politique, le Conseil National de Transition (CNT). La France est le premier pays à reconnaître le CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen, suivi dans les semaines suivantes par le Qatar, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Témoin d'une sévère répression orchestrée par le gouvernement libyen, la communauté internationale impose ses premières sanctions.

Le 26 mars, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopte la résolution 1970 qui ordonne la saisine de la Court Pénale Internationale (CPI), un embargo sur les armes, l'interdiction de voyager et un gel des avoirs de nombreuses personnalités affiliées au régime.

Le 17 mars, la résolution 1973 autorise les pays membres à prendre "toutes mesures nécessaires" afin d'appliquer les sanctions et de protéger les civils libyens. L'OTAN peut ainsi intervenir légalement et lance les premières attaques aériennes contre les forces libyennes.

L'Union Africaine privilégie une approche diplomatique. Le président sud-africain Jacob Zuma se rend plusieurs fois à Tripoli pour mener les négociations avec Kadhafi. Mais un accord entre le gouvernement et le CNT est improbable. Pour Abdullah al-Khatib, l'envoyé des Nations Unies en Libye, les deux parties sont loin de trouver un terrain d'entente pour mettre un terme au conflit.

Alors que le pays s'enlise dans la guerre civile, des tensions internes affaiblissent les deux camps. Le gouvernement perd plusieurs responsables qui préfèrent faire défection et s'exiler que cautionner les décisions du Guide. Après le ministre de l'Intérieur, Abdelfattah Younes, et le ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, c'est au tour de Chokri Ghanem, ministre du pétrole, de quitter le pouvoir. Des dissensions apparaissent aussi au sein du CNT qui ne parvient plus à s'exprimer d'une seule voix.

Pourtant, les deux parties ne concèdent rien. Mouammar Kadhafi refuse de quitter le pouvoir. Il interpelle ses partisans par le biais des médias officiels et les appelle à se battre pour libérer la Libye des rebelles et de l'OTAN.

Mais les insurgés progressent sur le terrain et s'approchent dangereusement de Tripoli.

En août, ils prennent le contrôle de Zaouia et Gharyan, se positionnant ainsi sur les grandes routes qui mènent à la capitale.

Le 20 août, les forces rebelles entrent dans Tripoli sans réelle résistance des forces loyales au régime. Accueillis par une foule en liesse sur la Place Verte, renommée Place des Martyrs, les rebelles contrôlent désormais la plus grande partie de la capitale.

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