Trop de rigueur budgétaire est "contreproductive" avertit Goldman Sachs

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Le plan actuel d'ajustement qui consiste dans des économies totalisant 3% du PIB en Grèce , dépasse la vitesse maximum de rigueur budgétaire expliquent les économistes de Goldman Sachs
"Le plan actuel d'ajustement qui consiste dans des économies totalisant 3% du PIB en Grèce , dépasse la vitesse maximum de rigueur budgétaire" expliquent les économistes de Goldman Sachs (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Plutôt des baisses de dépenses que des hausses d'impôts et pas plus que 2 % du PIB d'économies préconise la banque d'affaires américaine.

Trop vite et mal : ce sont les deux écueils que les exécutifs doivent éviter quand ils entreprennent de réduire leur déficit public et leur dette. C'est ce qu'expliquent quatre économistes de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs dans une étude détaillée consacrée à la rigueur budgétaire poursuivie des deux côtés de l'Atlantique.

Ils estiment que "la vitesse maximum" de réduction annuelle des déficits ne doit pas dépasser un montant d'économies supérieur, en moyenne, à 2 % du Produit intérieur brut (PIB) du pays considéré. "C'est le point à partir duquel tout effort supplémentaire [de rigueur, NDLR] mine tout progrès et devrait donc être évité" résument-ils. En somme aller au-delà de 2 % du PIB d'économies, par an, pour réduire son déficit est "contreproductif" : "l'impact sur la croissance réduit les recettes fiscales et neutralise ainsi une partie de l'effort de rigueur".

On en est pas encore là en France avec les mesures détaillées mercredi soir par le Premier Ministre François Fillon. Mais la "vitesse maximale" préconisée par les économistes de Goldman Sachs est par contre largement dépassée pour les pays du sud de la zone euro. "Les plans actuels d'ajustement qui consistent dans des économies totalisant respectivement 3% du PIB en Grèce et 5,7 % au Portugal en 2011, dépassent la vitesse maximum de rigueur budgétaire" expliquent-ils.

De fait  la Grèce s'enfonce dans la récession : après un recul de 2,3 % en 2009, le PIB grec se contracte chaque année de 4,5 % depuis 2010 et un maintien en récession en 2012 (la quatrième année consécutive) n'est pas exclu. Du coup les recettes fiscales sont à la peine : elles ont baissé de 1,9 milliard d'euros pour les sept premiers mois de cette année alors que les dépenses progressaient dans le même temps de 2,7 milliards ...

Mais non seulement l'ampleur de l'effort de rigueur est déterminante selon Goldman Sachs, mais surtout la façon de réaliser l'effort. L'assainissement des finances publiques opéré par une coupe dans les dépenses a un impact moindre sur la croissance économique qu'une rigueur de même ampleur mise en œuvre en augmentant les recettes fiscales, c'est-à-dire en augmentant les impôts.

Si l'Etat se serre la ceinture à hauteur de 1 % de son PIB via une réduction de son train de vie, cela réduit d'environ 0,3 point sa croissance en l'espace de deux ans. S'il collecte en revanche le même montant (1 % du PIB) via de nouveaux impôts, il pénalise la croissance de 1,4 point...

A écouter Goldman Sachs, le gouvernement français ferait donc le mauvais choix, en privilégiant les hausses d'impôts sur la baisse des dépenses
 

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a écrit le 25/08/2011 à 19:23 :
goldman sachs c'est bien cette banque qui a conseillé et donner les outils a la grece pour tricher pendant des années pour tromper la commission européenne au niveau des comptes de l'état grec???donc leur conseils de bonne conduite financiere ne peuvent etre credibles
a écrit le 25/08/2011 à 15:54 :
"en privilégiant les hausses d'impôts sur la baisse des dépenses" Oui, mais c'est le plus facile à faire, rapide, à coup de tableur. Les économies, c'est très difficile.
Je ne sais pas si la règle un fonctionnaire sur deux est appliquée également à Bercy. Y aurait des sanctuaires ? Une fois tout informatisé (et debuggé), il y a aura moins besoin de "petites mains". Le prestige de La France demande un certain niveau de dépenses, la démocratie ça a un prix (qui le détermine, ce prix ?). Les dotations aux partis politiques, elles croissent en période de crise ? Y a pas de gabegie là dedans ??
a écrit le 25/08/2011 à 13:42 :
Bientôt on va entendre Bernanke expliquer aux gouvernements européens comment ils doivent gérer leur crise pour que leurs erreurs n'impactent pas le dollar et l'économie américaine. Les conseils de cette banque n'ont guère plus de crédibilité. Mais malgré tout il faut reconnaitre que le moyen le plus efficace pour réduire la dette c'est d'avoir de la croissance car vouloir réduire le déficit en période de récession c'est toujours avoir un train de retard... Il faudrait dévaluer... pour faire ça
a écrit le 25/08/2011 à 12:25 :
Les Enarques qui nous dirigent depuis des décennnies n'ont pas encore compris qu'il faut absolument économiser comme l'ont fait le Canada, la Suède et la RFA. Ce qui signifie qu'il faut réformer en profondeur toute l'organisation de notre Administration aussi bien centrale que locale. La décentralisation a créé une superposition ruineuse pour els finances publiques surtout que les partis, clientélisme et népotisme obligent, ont créé des centraines de milliers d'emplois. Pour pas grand chose.
Réponse de le 25/08/2011 à 13:18 :
Ben ouais, justement, ce sont des énarques... Donc très loin des réalités du terrain, complètement formatés dans une pensée unique, totalement dépourvu d'imagination, de bons sens et de pragmatisme, centrés uniquement sur leur petit monde, persuadés de détenir la vérité absolue, sans réaliser que leur comportement confine à l'aveuglement et nous mènent droit dans le mur.

Les quelques uns que j'ai pu rencontrer qui n'avaient pas ce profil se sont lancés à leur compte ou ont rejoint le secteur privé.

De là à penser que seul les mauvais éléments restent dans la fonction publique...
Réponse de le 25/08/2011 à 17:24 :
Il n'y a quasiment aucun énarque au gouvernement actuellement. C'est d'ailleurs un des problèmes : Sarko ne sait pas s'entourer de gens compétents, et on voit le résultat.
Réponse de le 26/08/2011 à 6:53 :
bravo, exactemement !
a écrit le 25/08/2011 à 12:06 :
Je traduit: Ne tappez pas trop sur le consomateur moyen car c'est celui qui achete le plus de produits Americain et cela nuis a notre reprise Americaine.
a écrit le 25/08/2011 à 10:31 :
Non pais de quoi ils se mèlent ceux là ? Ils pensent encore qu'ils ont une quelconque crédibilité, après avoir aidé la Grèce à tricher en masquant sa dette ? Après avoir trompé leurs clients en leur vendant un produit CDO spécialement conçu pour qu'un autre client plus gros puisse parier sur sa chute (Paulson) ? Après avoir vendu leurs propres subprimes tout en conseillant à leurs clients de conserver les leurs ? Après avoir été un des principaux créateurs de ces subprimes et CDO qui ont coulé l'économie ? Après avoir reçu des milliards d'aide avec le sauvetage d'AIG par le secrétaire d'état ancien PDG de Goldman Sachs ? Après avoir eu des milliards d'aide de la Fed ?
Réponse de le 25/08/2011 à 12:21 :
Tout à fait !
Réponse de le 25/08/2011 à 12:21 :
Vous avez raison, cependant, dans un océan d'escroquerie, il peut y avoir une lueur de bon sens. En la circonstance et entre les lignes, il faut lire que le désendettement doit avant tout passer par la cuture de la baisse du train de vie de l'état. Ajouter l'impôt à l'impôt n'a pas de sens sauf de tuer lentement l'économie d'un pays auquel cas on arrrive à l'inverse du but recherché. Je dois dire que dans les dernières annonces, je n'ai pas vu grand chose venir. Par exemple, je n'ai pas entendu Fabius ni ses successeurs proposer (un détail parmi des millions) d'abandonner la voiture de fonction mise à sa disposition en qualité d'ancien premier ministre.

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