La voix du fédéralisme s'amplifie en Europe

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Face à la crise de la dette souveraine qui ne cesse de s'aggraver, de nombreux hauts responsables européens plaident en faveur d'une solution commune synthétisée dans un fédéralisme qui reste encore à définir.

Pour quitter la zone de turbulences, les pilotes de la zone euro ont plusieurs possibilités. Ils peuvent soit faire le tour pour contourner le nuage, ce qu'ils ont tenté de faire depuis près de deux ans sans succès. Soit changer d'altitude vers le haut ou vers le bas, une décision qui ne doit pas être prise à la légère. Confrontés à ce choix, de plus en plus de responsables européens optent désormais pour la voie fédérale. En premier lieu, il conviendrait de n'avoir plus qu'un seul pilote aux commandes. " Serait-ce trop audacieux, d'un point de vue économique, avec un marché unique, une monnaie unique et une banque centrale unique, d'envisager un ministre des Finances de l'Union ? ", demandait en juin Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne.

Ensuite, pour Guy Verhofstadt, le patron des libéraux au Parlement européen, "l'Eurozone doit reposer sur un gouvernement économique fort doté de structures et de mécanismes fédéraux en matière fiscale et à même d'émettre des obligations communes", considère l'ancien Premier ministre belge. Et contre toute attente, ce sont désormais les Allemands, de tous bords, qui semblent le plus motivés pour tirer sur le manche et prendre de l'altitude. À l'image de l'ancien chancelier Gerhard Schröder qui plaide en faveur d'un fédéralisme budgétaire : "Dans la situation actuelle, il nous faut lutter contre les tendances à la renationalisation pour ériger un véritable gouvernement économique au sein de la zone euro, avec la création d'euro-obligations ". Et ce n'est pas tout : les transferts de souveraineté nationale " doivent s'accompagner de nouveaux pouvoirs pour le Parlement européen et d'une coordination accrue des politiques économiques ".

"Big bang" européen

Mais la palme de l'impatience revient sans doute au président roumain Traian Basescu, pour qui les " États-Unis d'Europe doivent être créés d'ici deux ou trois ans car le processus de mondialisation nous montre combien nous sommes petits face aux marchés ". Mais si l'Europe veut enfin aller à la même allure que les marchés, elle doit agir sans attendre d'éventuels aménagements institutionnels.

Le Français Joseph Daul, l'homme fort du Parlement européen, plaide pour un " Big bang " européen. Tout de suite. Il demande aux dirigeants européens d'impressionner les marchés et de montrer que l'Europe peut avancer comme un seul homme et assainir les finances publiques en décidant, le même jour et tous ensemble, d'augmenter l'âge de retraite et le temps de travail hebdomadaire, ainsi que d'harmoniser la fiscalité. Un pari difficile mais impossible n'est plus européen.

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Commentaires
a écrit le 14/09/2011 à 11:16 :
Le fédéralisme ne changera rien pour les peuples Européens.Il faut ré-inventer le dynamisme économique sinon l'explosion arrivera.L'UE apparaît comme une entrave pour les peuples sur le plan économique politique,social.c'est une nouvelle URSS que vous voulez mettre en place déjà que le programme de l'Europe semble confidentiel et opaque avec des mesures souvent catastrophiques conduisant tous les pays Européens au bord de la faillite pour mieux les piller.
Réponse de le 14/09/2011 à 15:42 :
Mais c'est bien sûr, les politiques européens n'ont rien compris à la crise qui est avant tout un problème de gestion. Si aucun des pays n'arrive à équilibrer ses recettes et ses dépenses, il ne sert à rien d'aller plus loin. Au lieu d'avoir des pays individuellement endettés, nous aurons un aggrégat endetté, ce qui est pire. Retenez-moi !
a écrit le 14/09/2011 à 10:46 :
Les Etats sont petits face au marché... Tout est dit. La société n'est plus aux mains des Etats, des politiques, mais de la finance mondiale, des tradeurs, des agences de notation. Les démocraties ne contrôlent plus leurs destins et sont à la remorque de considérations mercantiles qui donnent le la. Dans ces conditions, qu'attendre de nos élus ? Ils sont dépassés, impuissants, et vont finir par lâcher le peu de pouvoirs qui leur reste entre les mains, nos mains devrait-on naïvement dire...
a écrit le 14/09/2011 à 10:05 :
d'augmenter l'âge de retraite et le temps de travail hebdomadaire, ainsi que d'harmoniser la fiscalité !!!! voila la solution. Et bien je suis pas d'accord. Il n'y a que l'augmentation de lexploitation du ^peuple qui rqssure les marchés. Tuons les marché bonsang. Salles sangsues!!
a écrit le 14/09/2011 à 8:45 :
Quand je pense au temps qui s'est écoulé depuis la création de la CEE... Ce temps qui aurait pu être mis au profit d'une construction rationnelle et équilibrée d'un modèle fédéral qui tient la route.... Mais non! Maintenant on va nous proposer de faire ça à l'arrache, du grand n'importe quoi!!

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