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ÉconomieInternational

La "super année électorale" tourne au cauchemar pour Angela Merkel

latribune.fr

Publié le 19 septembre 2011 à 12:13 - Mis à jour le 19 septembre 2011 à 12:19

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La déroute de ses alliés libéraux place la chancelière dans une ornière politique.

Avec le vote des Berlinois dimanche s?est achevé la "grande année" électorale allemande qui aura vu le renouvellement de sept parlements des Länder ainsi que celui des conseils municipaux dans deux grandes régions. En tout, pas moins de 30 millions d?électeurs auront été appelés aux urnes cette année. Et le bilan pour la coalition de centre-droit menée par Angela Merkel est fort négatif. Les chrétiens-démocrates ont reculé dans cinq des sept élections locales. Et dans les deux Länder où ils progressent, la Rhénanie-Palatinat et Berlin, leur score est encore trop faible pour pouvoir prétendre diriger la région ou même entrer dans le gouvernement du Land. La CDU a perdu le contrôle de deux des trois Länder où elle disposait du chef du gouvernement local. A Hambourg, qui avait été le laboratoire de l?alliance avec les Verts, la CDU a été balayée en février et la ville hanséatique est revenue à sa tradition sociale-démocrate en donnant une majorité absolue au SPD. Mais la défaite la plus douloureuse est sans doute celle de Bade-Wurtemberg, détenue par la droite depuis 1953 et désormais dirigée par les Verts alliés au SPD.

L?adition est salée pour la chancelière, mais elle est encore raisonnable au regard de celle que doit payer son allié libéral. En 2009, le FDP était pourtant au sommet de sa gloire avec un score inédit de 14,9% obtenue à coup de généreuses promesses fiscales. L?extravagance de ces dernières, l?incohérence des positions du parti, sa démagogie sur la question de la crise de l?euro ont cependant eu raison en deux ans des Libéraux dont le parti est désormais menacé de disparition. Le FDP a ainsi été exclu de cinq parlements régionaux ; il n?a dépassé que d?une encolure la barre des 5% des suffrages exprimés nécessaires pour disposer de députés dans le Bade-Wurtemberg (5,1%) et à Hambourg (6,8%). Mais nulle part la gifle n?a été aussi forte qu?à Berlin ce dimanche. Avec moins de 27.000 voix dans la capitale, le FDP n?affiche qu?un score de 1,8% des voix (contre 7,6% en 2006) et il est battu non seulement par le surprenant parti pirate ( 8,9%), mais aussi par le NPD d?extrême-droite (2%). Et il n?a que 5.000 voix d?avance sur le parti de défense des animaux?

La plupart des sondages prédisent désormais que le FDP aura bien du mal à maintenir une présence au Bundestag. Le parti semble désormais manquer totalement d?orientation. Une partie des députés autour de Frank Schäffer tient désormais une position très dure vis-à-vis de la politique européenne du gouvernement, rejetant la réforme du fonds de stabilité européen et la mise en place du mécanisme de stabilité à partir de 2013. Le reste du parti est déchiré entre la solidarité gouvernementale et la tentation de flatter l?opposition des Allemands aux aides à la Grèce. Le chef du parti et ministre de l?Economie, Philip Rösler, avait ainsi osé évoquer la faillite de la Grèce avant d?être sévèrement tancé par la chancelière et Wolfgang Schäuble. On voit mal en réalité comment le FDP pourrait sortir la tête de l?eau : les Allemands sont désormais peu sensibles à ses promesses fiscales que rejette Wolfgang Schäuble. Et si l?opinion publique allemande est opposée à l?aide à la Grèce elle reste favorable à la construction européenne et n?entend pas traduire politiquement cette opposition par un vote "populiste. Pivot de la vie politique allemande depuis la guerre, le FDP qui a fait chuter Helmut Schmidt et porter au pouvoir Helmut Kohl en 1982 par un renversement d?alliance semble donc arriver au bout de son parcours politique. Ses positions libérales sur le plan social semblent désormais mieux représentées par les Verts ou les Pirates. Quant à ses positions économiques, limitées depuis dix ans aux baisses d?impôts, elles n?ont plus guère d?échos outre-Rhin.

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Pour Angela Merkel, cette disparition des Libéraux est une catastrophe. Car désormais la CDU n?a plus de partenaire privilégié pour gouverner. Le SPD et les Verts semblent prêts à reformer l?alliance qui avait gouverné le pays de 1998 à 2005 L?un et l?autre rechignent à s?allier avec la CDU. Le SPD a en effet perdu gros durant la "grande coalition" entre 2005 et 2009 et les expériences locales d?alliance entre Verts et CDU ne sont pas suffisamment convaincantes pour être traduites au plan fédéral. On comprend donc qu?Angela Merkel ne veuille pas écouter les appels de l?opposition à des élections anticipées après cette année de défaite électorale. Mais l?alternative n?est guère réjouissante : aux abois, les Libéraux vont sans doute devenir de plus en plus incontrôlable, ce qui, en pleine crise de l?euro, peut se révéler dangereux.

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