Le coup de théâtre de Papandréou vu de France et d'ailleurs

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L'annonce de la tenue d'un référendum en Grèce a fait la une de tous les journaux en France comme ailleurs.

Les médias français ne mâchent pas leurs mots. Pour Libération qui titre simplement "Le chaos" (en grec), l'annonce surprise du référendum "sème la panique dans l'Union européenne et menace la zone euro". Dans son éditorial toutefois, Nicolas Demorand dit "merci aux Grecs de poser la question simple : que pensent les peuples de la brutale cure d'austérité ?" Le Figaro attaque, lui, directement le Premier ministre grec, lui reprochant de mettre "l'euro en péril", quand Les Echos titrent en jouant sur les mots : "le coup de théâtre grec qui fait plonger les marchés".

Les références culturelles et historiques se retrouvent dans The Economist qui rappelle que la république héllénique "n'est pas seulement le berceau de la démocratie, mais aussi celui du théâtre dramatique". Sur son site web, l'hebdomadaire britannique souligne qu'avant la proposition "hâtive" de George Papandréou, la Grèce devait recevoir 8 milliards de dollars, soit "assez pour couvrir les salaires et les retraites jusqu'à la fin de l'année et rembourser quelque 2 milliards d'euros de dettes."

La presse allemande est, quant à elle, assez partagée entre le respect pour la procédure démocratique engagée par George Papandréou et les inquiétudes suscitées par ce référendum. "Une bonne idée... au mauvais moment", titre ainsi l'éditorialiste de la Süddeutsche Zeitung, tandis que celui du Financial Times Deutschland joue également de l'oxymore en titrant "Dingue, mais juste !" Le Berliner Morgenpost estime du reste que le débat en Grèce dans le cadre du référendum peut être "utile au pays". Mais d'autres ne cachent pas leurs inquiétudes : "le cauchemar de la crise de l'euro continue, et les Grecs en sont encore responsables !", affirme l'éditorial de la Bild Zeitung, le quotidien le plus vendu du pays qui titre, fidèle à lui-même : "vous êtes absurdes, vous autres, les Grecs !"

Pour le quotidien espagnol El Pais, la décision du premier ministre grec est "une erreur colossale". "La Grèce pousse l'euro vers l'abîme", titre le journal madrilène, qui souligne que "Papandreou cherche une légitimité interne au risque d'en finir avec le pacte européen."

Le quotidien de Budapest Magyar Nemzet ne cache pas lui non plus son agacement et pose la question : et si - comme l'autorise le traité de Lisbonne - les 500 millions d'habitants de l'Union européenne étaient interrogés sur l'expulsion de la Grèce non seulement de la zone euro, mais aussi de l'Union européenne : Papandréou trouverait-il cela également démocratique ?

En revanche, la nouvelle pourrait bénéficier aux Chinois qui tentent de prendre part au fonds d'aide européen. Pour le China Daily, l'appel "stupéfiant" du Premier ministre grec à un referendum national rend l'idée que la Chine puisse "voler au secours" de la crise européenne "d'autant plus attractive".

Outre-Atlantique comme outre-Manche, c'est la crise politique majeure qui se profile en Grèce qui retient l'attention. Le Guardian titre sur "le gouvernement grec chancelant au bord de l'effondrement". Une vision partagée par le Buenos Aires Herald, pour qui "la Grèce risque l'effondrement". Le quotidien argentin dénonce le "pari risqué" de George Papandréou qui a "pris [les dirigeants européens] au dépourvu".

Même analyse du côté de l'International Herald Tribune qui n'hésite pas à parler de "chaos". Le quotidien new-yorkais voit la fin du "capital politique" de George Papandréou, qui fait face à une "intense colère" de la part des électeurs, "essorés par les mesures d'austérité demandées par les pays prêteurs". Pour le Financial Times, le quotidien financier britannique, c'est surtout le point de départ d'une nouvelle "course" pour sauver l'accord conclu par les dix-sept de la zone euro.

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Commentaires
a écrit le 02/11/2011 à 19:14 :
les grecs ont le choix entre 2 miseres une organisée par les pays européens l'autre produite par les politiques de leurs gouvernement dans tous les cas au bout du compte elles seront egales.Le choix est simple il faut les renvoyer dos à dos.
a écrit le 02/11/2011 à 19:06 :
Sur le fond, je partage le point de vue de Papandréou, mais sur la forme je trouve son attitude déshonorante vis à vis du monde et surtout de son pays. Que penser des Grecs aujourd'hui, qu'est devenu le mythe Grec ???
a écrit le 02/11/2011 à 15:35 :
Les USA ne supportent pas l'idée d'une monnaie concurrente.
Ce pour quoi il leur fallait liquider Kadhafi sur le point d'instaurer le Dinar Or en Afrique.
Maintenant, ils ont une occasion en or pour tuer l'Euro.

Papandréou l'Américain (voyez sa biographie) a sûrement négocié le bazar avec le "Prix Nobel de la paix".
a écrit le 02/11/2011 à 15:01 :
Comment peut-on faire confiance aux paroles des politiciens ?
a écrit le 02/11/2011 à 14:50 :
je sais que nos amis revolutionaires trouve l acte de M Papandréou courageuse et démocratique moi je la trouve non seulement hors de propos mais aussi suicidaire la Grece risque de plonger dans une misére et une inflation dramatique quand les vivres seront coupés pour de bon

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