Vers une sortie de la Grèce de la zone euro ? Le tabou éclate

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Au lendemain d'une rencontre en marge du G20 entre Papandréou, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, les déclarations s'enchainent à propos d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'euro.

"On peut se passer de la Grèce"

"La Grèce est à la fois quelque chose qu'on pouvait surmonter et en même temps quelque chose dont on peut se passer", a dit Jean Leonetti sur RTL. "Parce que c'est 2% du PIB de la zone euro et c'est 4% de la dette de la zone euro. Donc, on peut les aider, on peut les sauver, on ne peut pas sauver non plus les gens malgré eux", a souligné le le ministre français des Affaires européennes. "Ce n'est pas parce que la potion est amère qu'il ne faut pas la prendre, parce que le malade est très gravement malade", a ajouté le ministre.

Le sénateur centriste Jean Arthuis va également dans ce sens. Il a expliqué mercredi ne pas croire qu'une éventuelle sortie de la Grèce entamerait la crédibilité de la zone euro ou entraînerait une propagation aux autres Etats européens fragiles, la Grèce étant, selon lui, "un cas spécifique".

"Je ne crois pas que c'est toute la crédibilité de la zone euro qui pâtirait de la sortie de la Grèce car le partenaire grec n'a pas joué le jeu", a expliqué le président de l'Alliance centriste (AC) sur France info. "Depuis que la Grèce est entrée dans la zone euro , elle a transgressé tous les principes de discipline budgétaire, pire, elle a maquillé ses comptes pour dissimuler l'ampleur de ses déficits et de son endettement public", a rappelé l'ancien ministre des Finances.

"On ne peut pas continuer à être partenaire d'un pays dont les fortunes, dont les dirigeants, continuent à s'exiler en Suisse et dans d'autres paradis fiscaux. Ceci est intenable et nos concitoyens ne comprendraient pas autant de tolérance (...) Alors, si les grecs veulent sortir de l' euro , qu'ils le disent clairement et qu'on en tire les conséquences", a-t-il lancé en estimant que "le compte à rebours (était) maintenant entamé".

"Enlevez l'euro aux Grecs !"

Le journal allemand Bild lui, n'y va pas par le dos de la cuillère : "Enlevez l'euro aux Grecs", titrait jeudi le tabloïd allemand. Furieux du projet de référendum dans ce pays, le journal réclame que le peuple allemand puisse aussi se prononcer pour "sortir les Grecs en faillite de la zone euro". "Maintenant, ça suffit ! Nous garantissons des centaines de milliards d'euros pour sauver les Grecs en faillite, et maintenant, ils veulent d'abord décider par référendum s'ils vont faire des économies", s'exclame Bild.

'"Une catastrophe nucléaire"

François Bayrou, président du MoDem, a estimé jeudi sur France 2 que si le référendum grec avait lieu sur l'euro, il permettrait de se rendre compte qu'une sortie de l'euro est "une catastrophe nucléaire". "Tout d'un coup votre dette himalayenne est multipliée par 2 ou 3, le niveau de vie s'écroule", a-t-il prédit, rappelant que "lorsque l'Argentine a rencontré ce drame, le niveau de vie a diminué de plus 50% en six mois et plus de la moitié de la population était passée au-dessous du seuil de pauvreté".

"Ce qui est arrivé à l'Argentine arriverait aux pays de la zone euro. Il est éclairant que cette question soit illustrée tout d'un coup devant tous les peuples européens", a poursuivi le probable candidat à la présidentielle.

Michel Sapin, secrétaire national du PS en charge de l'économie est également de cet avis. Il a jugé mercredi qu'une sortie de la Grèce de l' euro "voudrait dire un appauvrissement soudain de l'ensemble de (de ce pays) dans des conditions absolument terribles". Invité du Talk Orange/Le Figaro, l'ancien ministre des Finances proche du candidat à la présidentielle François Hollande, a fait valoir que si une telle sortie était "forcément envisageable même si elle est techniquement compliquée", elle "sera de (son) point de vue extrêmement dommageable".

"Mais, a-t-il dit, c'est au peuple grec lui-même de le dire".

Jean Claude Juncker, chef de file des ministres des finances de la zone euro, s'est également exprimé dans ce sens : "je suis absolument convaincu que tout doit être fait pour qu'aucun des membres de la zone euro ne sorte du groupe de dix-sept, mais si c'était le souhait des Grecs, et je pense que ce serait une erreur, on ne pourrait pas faire le bonheur des Grecs malgré eux", a-t-il déclaré à la télévision luxembourgeoise.

Les Grecs veulent-ils sortir de l'euro ? C'est la question qui leur sera posée le 4 décembre prochain. Si tant est que Papandréou survit au vote de confiance de vendredi prochain.

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Commentaires
a écrit le 03/11/2011 à 14:46 :
Auf Wiedersehen, Griechenland !

Enfin des bonnes décisions se préparent.
Mais il fallait sortir la Grèce déja il y a 6 mois au moins.

Si on ne se dépeche pas, toute la zone Euro va éclater.
a écrit le 03/11/2011 à 14:30 :
@Arthuis ''on ne peut pas continuer à être partenaire d'un pays dont les fortunes,dont les dirigeants continuent à s'exiler en Suisse ou d'autres paradis fiscaux''Mais quel pays est visé par cette affirmation.Moi j'en connais un qui répond tout à fait à ces criteres. Monsieur Arthuis,avant de donner des leçons commencez par balayer devant notre porte et attachez vous à faire rentrer CHEZ NOUS les fortunes des ''exilés fiscaux''Quand on a une dette de prés de 1.800 milliards d'euros on fait profil bas svp
a écrit le 03/11/2011 à 14:06 :
Il y a quelques semaines encore la sortie de la grèce de l'euro était considérée par tous inenvisageable sous aucune condition. Tout d'un coup c'est possible... En fait je pense que la Grèce a pour beaucoup une tête de coupable idéal. Ils ont énervé tout le monde et leur premier ministre vient de donner l'argument qui légitime qu'on les lache en règle en les laissant à leur triste destin. Maintenant ce qui va se passer si on va dans cette direction (on ne peut pas exclure une reculade de la Grèce devant le désastre annoncé) c'est que les européens vont s'assurer (i) que la sortie de la Grèce se fait sans dommage collatéral pour les autres pays fragiles (ii) qu'elle soit au contraire le plus douloureux possible pour les Grecs de façon à bien montrer à ceux qui en douteraient que les efforts sont indispensable.
a écrit le 03/11/2011 à 13:43 :
Il faut comprendre les grecs, ils ont pleinement adhéré à l'ultralibéralisme qui consister à rejeter systématiquement l'impôt , coûte que coûte,.cet ultralibéralisme qui a formaté nos esprits et détruit nos valeurs de solidarité ..... Le peuple grec suit l'exemple donné par les riches armateurs qui ne veulent pas payer d'impôts . Et en France, on fait la même chose, on ne supporte plus de donner de l'argent à l'Etat , et pourtant , on veut la sécurité sociale, l'école gratuite, des hôpitaux, des routes ... mais les plus riches pratiquent allègrement l'évasion fiscale .... sans aucune sanction
a écrit le 03/11/2011 à 13:35 :
La sortie de la Grèce de la zone Euro (et espérons-le, de l'Europe!) est l'issue logique d'une farce qui aura duré presque trente ans. Les grecs ont vécu à crédit, et surtout aux crochets de l'Europe, depuis l'adhésion du pays à l'UE. Ils l'ont fait sans vergogne, en truquant leur comptabilité nationale et les statistiques économiques (plus que les autres pays latins). Ils ont vécu largement aux frais des contribuables des autres pays de l'Union, en singeant un modèle le développement avancé alors qu'ils n'étaient en réalité qu'un pays submergeant pillé par ses ploutocrates qui amusaient la plèbe en lui jetant du pain et des jeux (olympiques). Espérons que le retour inéluctable à la drachme sera un électrochoc salutaire suivi d'un début de cure de sevrage pour les autres pays accrocs à la social-dettocratie (France, Espagne, Irlande, Italie, Portugal).
a écrit le 03/11/2011 à 13:13 :
je pense que l europe ne peut pas aider la grece si la grece elle meme n est pas soucieuse de sa situation.
a écrit le 03/11/2011 à 10:55 :
Les politiques sont encore une fois tributaires des événements et des réalités économiques. Après avoir nié le fait pour les banques de prendre leurs pertes sur la Grèce; ils sont obligés d'admettre l'hypothèse d'une prochaine sortie de la Grèce de la zone EURO.Quelle ubiquité!
a écrit le 03/11/2011 à 10:49 :
Cela aurait dû être fait il y a des mois avec effet le 1/1/2012. Femez le ban.
a écrit le 03/11/2011 à 10:00 :
QU ON S EN DEBARRASSE ET VITE PAYS DE VOYOUS ET DE TRICHEURS MOI JE VAIS PAS PAYER BDES IMPOTS POUR CE PAYS MAFIEUX ME LEVER A 6H LE MATIN POUR ENGRAISSER CE MR PAPANDREOU ET SON PEUPLE DE VOLEURS
Réponse de le 03/11/2011 à 14:33 :
Les injures sont assez déplacées et n'ajoute rien à la discussion.

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