Curieuse coalition en Grèce : l'extrême droite et le centre droit prêts à soutenir le Pasok

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Fièvre politique en Grèce. Des négociations vont rapidement débuter en Grèce en vue de former un gouvernement de coalition. Les chefs du parti d'extrême-droite LAOS et d'une formation de centre-droit ont laissé entendre qu'ils soutiendraient une coalition dirigée par le nouvel homme fort du Pasok, Evangelos Venizelos.

Quelques heures après avoir obtenu d'un cheveu un vote de confiance au Parlement, le Premier ministre socialiste a rencontré en milieu de journée le président Karolos Papoulias. Il lui a déclaré qu'un consensus politique était essentiel pour prouver la détermination de la Grèce à rester au sein de la zone euro.

"Afin de créer cette coopération élargie, nous allons entamer prochainement les procédures et les contacts", a déclaré George Papandréou à la presse à sa sortie du palais présidentiel.

Il a jugé que la Grèce devait à tout prix éviter à court terme des élections législatives anticipées qu'aurait précipitées la chute de son gouvernement en cas d'échec lors du vote de confiance.

"Mon objectif est de mettre immédiatement sur pied un gouvernement de coalition. Une absence de consensus effraierait nos partenaires européens quant à notre présence dans la zone euro", a-t-il dit avant d'entamer son tête-à-tête avec le chef de l'Etat.

Les dirigeants européens veulent éviter que la crise de la dette en Grèce se propage dans la zone euro, en particulier à l'Italie, troisième économie du bloc.

La confiance accordée par le Parlement ne devrait offrir qu'un sursis à George Papandréou, qui semble condamné après la consternation provoquée jusque dans ses propres rangs par sa proposition de référendum sur le plan d'aide européen à la Grèce conclu le 27 octobre.

Selon des sources politiques impliquées dans la recherche d'une coalition gouvernementale, les négociations sont conduites par le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, qui avait été battu par George Papandréou en 2004 pour la direction du Pasok.

Evangelos Venizelos a lui-même officiellement annoncé l'abandon du projet de référendum, qui avait été accueilli avec colère par les autres dirigeants de la zone euro. Il a également proposé à George Papandréou de lui offrir une sortie honorable en lui évitant un vote négatif au Parlement en échange d'une promesse de démission, a-t-on dit de sources gouvernementales.

DES ÉLECTIONS ANNONCÉES EN FÉVRIER?

Sans avancer de date quant à son éventuel départ, George Papandréou a lui-même laissé entendre vendredi qu'il ne dirigerait pas le prochain gouvernement de coalition.

"Mon poste est la dernière chose dont je me soucie. Peu importe même que je ne sois pas réélu. (...) Je n'ai jamais conçu la politique comme une profession", a dit le Premier ministre avant le vote de la Voula, le Parlement monocaméral.

La presse considère que le vote de confiance obtenu par George Papandréou n'est rien d'autre que le signe d'un accord sur sa mise à l'écart. "Un nouveau gouvernement maintenant!", réclame ainsi le quotidien Ta Nea.

La future coalition ne devrait pas comprendre les conservateurs de Nouvelle Démocratie, le principal parti d'opposition, dont l'offre de gouvernement d'union nationale n'a pas été retenue par le Pasok.

Le chef de file du camp conservateur, Antonis Samaras, a réitéré samedi sa demande en faveur d'un gouvernement qui resterait en place le temps de faire adopter les mesures prévues par le plan d'aide, puis la tenue immédiate d'élections.

Il rencontrera à son tour le chef de l'Etat dimanche, à 11h00 GMT.

De sources politiques, Evangelos Venizelos aurait obtenu l'appui des dirigeants de plusieurs petits partis pour une future coalition. Les chefs du parti d'extrême-droite LAOS et d'une formation de centre-droit ont laissé entendre qu'ils soutiendraient une coalition dirigée par l'actuel grand argentier.

Ce dernier a déclaré aux députés que le prochain gouvernement dirigerait le pays jusqu'en février puis proposerait la tenue d'élections législatives anticipées.

Après deux ans de cure d'austérité drastique imposée par les dirigeants européens en échange d'un soutien financier, les Grecs, exténués et désabusés, auraient probablement rejeté les conditions du nouveau plan d'aide en cas de référendum, pensent les observateurs.

Si la Grèce n'obtient pas rapidement une nouvelle aide, elle risque la faillite en décembre.

Une telle perspective inquiète les dirigeants de la zone euro, soucieux d'éviter un effet domino sur d'autres pays fragilisés sur les marchés financiers tels que l'Espagne et surtout l'Italie.

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a écrit le 06/11/2011 à 16:32 :
c'est la fin de la démocratie en Europe et c'est le totalitarisme des marchés et de l'argent et de l'oligarchie qui se cache dérrière tout ça et qui supervise tout cela et..... qui s'enrichit toujours plus en détenant la dette . C'est pour cela que nos dirigeants politiques complices de cette oligarchie refusent d'organiser des reférendums et de renoncer aux marchés pour financer les Etats
a écrit le 06/11/2011 à 16:17 :
un peu de droite pas trop dure ferais pas de mal
a écrit le 06/11/2011 à 16:15 :
un peu de droite pas trot dure fera du bien
a écrit le 06/11/2011 à 7:36 :
Papandréou ne fait il pas ce que lui demande l'europe ; pour rassurer les préteurs il accepte même de renoncer à un référendum ; au moins celui ci aurait permis à toute la population de prendre une position responsable ; si les politiques qui sont quand même élus par les citoyens ne font pas l'effort de rechercher un compromis pour faire vivre la gréce; ils ne méritent pas leurs salaires alors que leurs concitoyens doivent se serrer la ceinture ; l'avenir nous dira si l'honneteté aura le dernier mot ou pas
a écrit le 05/11/2011 à 22:14 :
Bah, ils auront beau gesticuler dans tous les sens, la Grèce fera défaut. C'est inéluctable, lorsqu'on sait que les grecs vont devoir se serrer la ceinture ad vitam aeternam. Simplement, il viendra un jour où ils diront stop comme les argentins l'ont fait avant eux.
a écrit le 05/11/2011 à 20:43 :
En période de crise financière aigüe, la seule différence entre la gauche et la droite est que les uns sont au pouvoir et les autres non. Bien sûr c'est parfois l'inverse. Mais dans les deux cas tous sont prêts à tout pour conserver leurs salaires.
a écrit le 05/11/2011 à 18:25 :
Il faut interdire toute élection et tout référendum dans les pays de l'Union Européenne.
La Démocratie ne sera maintenue qu'à ce prix !!!
Vive l'Europe !!!
Réponse de le 06/11/2011 à 7:44 :
Hum....
Il faut interdire la démocratie pour maintenir la démocratie ?
Les dictateurs disaient: il faut interdire la démocratie pour maintenir la sécurité.
Nous n'en sommes pas bien loin...
Et si on faisait un référendum ? et si les grecs quitteraient l'Europe ?
Ils souffriraient aussi au début à cause des importations, mais leur économie s'améliorerait rapidement, les ventes repartiraient, le tourisme aussi, et la Grèce pourrait s'en sortir en une dizaine d'année.
En restant dans l'Europe, est-on sur qu'elle pourra s'en sortir avec un euro aussi fort ?
Réponse de le 06/11/2011 à 9:02 :
Il s'agissait bien entendu d'une boutade de Staline sur nos démocrates européens qui veillent à ne jamais consulter leurs concitoyens sur les question fondamentales pour leur avenir (intégration européenne, immigration légale de masse...) ou pire qui ne tiennent pas compte de leur avis ensuite. Quant aux Grecs, ils n'est pas certain qu'ils souffriraient aussi au début à cause des importations, car leur balance des paiements est désormais positive.
a écrit le 05/11/2011 à 17:41 :
il faut remplacer monsieur Papandreou, par monsieur Venizelos !
il faut que monsieur Venizelos aie un mandat exceptionnel de 2 ans pour éviter les élection de fevrier prochain !

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