Franc succès pour l'opération de rachat de la dette publique italienne

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La "journée des bons du Trésor", au cours de laquelle les Italiens étaient appelés lundi à acheter la dette de leur pays, a rencontré un franc succès, signe d'un sursaut d'orgueil national face à la pression des marchés.

Aucun chiffre global n'était encore disponible mais, selon UniCredit, la première banque italienne, "le résultat est très positif". "Les volumes d'ordres sur le marché secondaire (où s'échange la dette déjà émise, ndlr) ont doublé par rapport à la moyenne des dernières semaines et quintuplé par rapport à la moyenne depuis le début de l'année", c'est un "signe de la confiance que de nombreux clients ont dans le pays et son avenir", s'est félicitée la banque.

La Bourse de Milan a annoncé "un record historique" pour les opérations sur son marché des obligations avec près de 81.000 contrats d'une valeur d'environ 2,6 milliards d'euros concernant les seuls bons du trésor italiens. La plateforme de négociation Hi-Mtf a évoqué de son côté un résultat "exceptionnel" avec un montant de 241 millions d'euros de dette achetée contre 46 millions en temps normal.

Pendant cette "journée des Bons du Trésor" ("BTP Day"), les banques n'ont pas fait payer de commissions aux particuliers et aux entreprises (qui s'élèvent à quelques euros pour 1.000 euros d'investissement) afin d'inciter les Italiens à soutenir leur pays. Le montant de l'opération devrait sans doute être symbolique par rapport à la dette colossale de 1.900 milliards d'euros (120% du PIB) du pays, mais l'association des banques italiennes y voit "une contribution importante pour montrer la confiance que les Italiens ont en leur propre pays" et "améliorer le jugement global des marchés".

A la sortie des banques à Milan et à Rome, la plupart des clients interrogés par l'AFP n'étaient toutefois pas au courant de cette initiative ou indiquaient ne pas avoir les moyens, en ces temps de crise, d'acheter des titres de dette, un investissement se chiffrant au minimum à 1.000 euros. L'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui a passé l'essentiel de la journée au tribunal de Milan pour l'un de ses procès, n'a pas non plus acheté de titres de dette.

Bondissant depuis plusieurs mois, les taux d'emprunt de l'Italie évoluent à plus de 7%, comme l'a prouvé l'émission de 567 millions d'euros d'obligations lundi, un niveau jugé insoutenable sur la durée. Ce "BTP Day" a été lancé après l'appel de Giuliano Melani, un entrepreneur qui s'était offert le 5 novembre une pleine page du Corriere della sera, principal journal du pays, pour demander aux Italiens d'acheter de la dette. "C'est une très belle journée", s'est-il félicité lundi.

Outre de nombreux entrepreneurs, l'association des footballeurs a soutenu l'initiative, détail d'importance dans un pays où le "calcio" est roi. Un nouveau "BTP Day" est prévu le 12 décembre. Mais l'opération ne faisait pas l'unanimité. "Nous aimons l'Italie mais nous ne sommes pas prêts à sacrifier les économies d'une vie pour sauver la caste (politique), les banquiers et les grands monopoles", a lancé le blogueur spécialisé en finance Paolo Barrai, qui s'est offert dimanche une demi-page dans le journal Libero.

Alors que le pays est au bord de l'asphyxie financière, le Fonds monétaire international a démenti lundi discuter avec Rome d'un plan de secours après des informations du quotidien la Stampa indiquant que le FMI pourrait débloquer entre 400 et 600 milliards d'euros.

Face à l'urgence de la situation, le gouvernement de Mario Monti devrait annoncer en début de semaine prochaine un nouveau tour de vis pour atteindre l'objectif de l'équilibre budgétaire en 2013 ainsi que des mesures destinées à relancer la croissance alors que l'OCDE a indiqué lundi que le pays devrait être frappé par la récession l'an prochain. Selon la presse, une nouvelle hausse de la TVA, une augmentation de la taxation sur le patrimoine immobilier, un durcissement des conditions de départ à la retraite ainsi que des mesures de libéralisation de l'économie et de relance des infrastructures sont examinés.

 

 

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a écrit le 29/11/2011 à 9:48 :
Ah ces pauvres italiens... Depuis que je vis en France, la vision que j'avais de mon pays natal s'est fortement amélioré. Guerre des gangs à Marseille, braquages sanglants presque quotidiens, erreur des caisses genre RSI qui oublient d'encaisser 600 millions d'euros, fraude fiscale, millions de personnes roulant sans permis, violence verbale et incivilités en hausse dans les services de la CAF, du RSI ou de Pole Emploi... Enfin cela me renforce dans l'idée que le "paradis" sur terre n'existe pas
a écrit le 29/11/2011 à 8:09 :
Les Italiens ont la medaille d'argent du travail au noir(l'or allant au grecs) et que font ils avec l'argent des impots qu'ils n'ont pas paye ? Ils rachetent la dette de leur pays et gagnent de l'argent sur les sommes derobees, argent paye par leur victime. Pour un fraudeur, ce doit etre jouissif. Et en plus, l'argent rentre dans l'economie et se trouve blanchi. Le nouveau technocrate de Rome ne s'embarasse pas avec les grands principes
Réponse de le 29/11/2011 à 14:13 :
travail au noir (en Italie) ou défiscalisation (en France), quelle est la différence ? Le résultat est le même : surendettement de l'Etat .
a écrit le 29/11/2011 à 7:57 :
Les pauvres Italiens n'ont pas compris qu'ils sont entrain de jeter leur argent dans un puits sans fond qui va tout simplement les ruiner?leur pays comme le,les ,nôtres ont été bradés par la collusion financiers -politiciens :ces derniers ,n'ont plus le gouvernail en main et se contentent d'un sinistre théatre.Monsieur Monti ,comme agent de Goldmann Sachs est un des fauteurs de crise en ayant participé à dérèglementer le système lors de son passage à la Commission:comment peut-on confier son argent à un tel aigrefin?

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