Les sacrifices budgétaires se poursuivent en Irlande

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Enda Kenny, le premier ministre irlandais (Copyright Reuters)
Enda Kenny, le premier ministre irlandais (Copyright Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les Irlandais, cités en exemple pour leurs sacrifices depuis qu'ils bénéficient d'un plan massif d'aide internationale, ont été avertis que la rigueur allait se poursuivre, voire s'intensifier, à l'occasion de la divulgation d'un quatrième budget d'austérité d'affilé depuis l'effondrement en 2008 de l'ancien "tigre celtique".

Ce budget de rigueur prévoit 2,2 milliards d'euros de nouvelles économies, dont près de la moitié prélevés sur les budgets sociaux et de l'éducation, a expliqué devant le parlement le ministre chargé des dépenses publiques, Brendan Howlin. Les allocations familiales seront ainsi dégressives à partir du troisième enfant, et les primes pour le chauffage versées aux bas revenus seront réduites.

Dans une allocution télévisée solennelle dimanche soir, le Premier ministre Enda Kenny avait tenté de préparer le terrain. "Le budget 2011/2012 va être rigoureux, mais il n'y a pas moyen d'y échapper", avait-il assuré.

Il avait alors annoncé pour 3,8 milliards d'euros de mesures d'austérité supplémentaires, via de nouvelles coupes budgétaires et de nouveaux impôts. Le volet recettes, présenté mardi aux députés, prévoit notamment une hausse de la TVA.

En pleine crise de la zone euro, ce nouveau tour de vis pourrait avoir des conséquences sur toute l'Union européenne: il ne peut qu'alimenter le ressentiment des Irlandais à l'encontre de l'UE, au moment où l'hypothèse d'un référendum refait surface à l'occasion des projets franco-allemands d'une modification du traité de Lisbonne.

"L'Irlande soutient l'idée d'une gouvernance économique plus forte en Europe et notamment dans la zone euro. Car le peuple irlandais paye aujourd'hui l'absence de telles règles", a assuré Kenny alors que Howlin a reconnu pour sa part que la "colère de la population était grande".

En novembre 2010, l'Irlande, au bord du naufrage à cause de la faillite de son secteur bancaire, avait dû signer un plan d'aide d'urgence de 85 milliards d'euros avec le Fonds monétaire international (FMI) et l'UE, devenant le second pays à bénéficier d'une telle aide après la Grèce.

Le gouvernement avait annoncé dans la foulée un programme d'austérité de 15 milliards d'euros en quatre ans, dans l'espoir de venir progressivement à bout d'un déficit abyssal (32% du PIB en 2010).

Le "Tigre celtique" n'est pas tiré d'affaires

Malgré une réelle amélioration de ses performances macroéconomiques, l'Irlande est loin d'être tirée d'affaire, a expliqué le Premier ministre à ses concitoyens. "J'aimerais vous dire que le pire est derrière nous", mais "pour la plupart d'entre vous, ce n'est tout simplement pas la réalité", leur a-t-il dit, alors que le chômage touche plus de 14% de la population en dépit d'un redémarrage de la croissance.

Dimanche soir, le premier ministre a assuré aux Irlandais que son objectif était que le pays "retrouve toute sa souveraineté économique". Malgré les pressions de Paris et Berlin, le gouvernement a tenu bon sur le maintien à 12,5% de l'impôt des sociétés, très attractif pour les multinationales.

L'opposition a critiqué le "manque de vision" du gouvernement. Gerry Adams, leader du Sinn Fein, parti largement eurosceptique, lui a reproché de ne pas apporter aux Irlandais "les motifs d'espoir" qui permettraient de justifier les sacrifices réclamés.

Depuis la conclusion du plan d'aide international, Dublin a reçu plusieurs satisfecits du FMI et de l'UE pour la mise en oeuvre "résolue" de son programme d'austérité. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, l'Irlande est même devenue un "superbe exemple" d'un sauvetage bien mené.

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a écrit le 06/12/2011 à 10:55 :
est-ce que les politiques de ce pays on touché a leurs avantage, salaire, etc etc
car en france on parle aussi ce coupe budgétaire, de plan d'austérité , mais que sur le peuple car le monde politique se réserve bien de faire des coupes sur leur train de vie, avantage, logement de fonction, voiture, repas dans les plus grand restaurant et palace, etc etc etc , alors AUSTERITE oui mais a TOUT LES ETAGES pas juste au peuple mais a TOUTE CLASSE CONFONDUE ainsi commençons a instauré une fiscalité sur les revenus des politiques tout confondu, mme Lagarde inclus, car a 400.000.00 euros par an net on peu payer des impôts et c'est même un devoirs civique a ce niveau de rémunération , avant de tapé sur le dos des riches en france qui est depuis de longue année un complexe de jalousie français, commençons par fiscalisé les revenues de ceux qui sont non imposé sous couvert d'un STATU !!!!!!!!!!!!!!! et supprimons les avantages, extra etc etc etc !!!!!!!!!!!!!
a écrit le 06/12/2011 à 5:44 :
essayez de mettre ?en place en France...
Au moins la barre est redress?alors qu'ici on aurait seulement entendu parler de gr?s... Qui coutent tr?cher et dont le gouvernement ne tiens pas t?.

@ "Oui" l'Irlande est Celte et non Anglo-Saxon, amicalement
a écrit le 05/12/2011 à 23:27 :
Ahhh ce modèle libérale du bon élève Tigre Celtique ... tombé en plein dans sur l'écueil des subprimes et d'une économie essentiellement basée sur la finance "libérale" justement ... et qui grâce au SACRIFICE de sa population pourrait peut être se redresser ... à condition que la crise ne perdure pas de trop ce que est peut probable vu le plan de Merkozy .... Mais en tout cas les Irlandais qui doivent subir un hiver froid et sans chauffage , un chômage de masse sans espoir pour sa progéniture dont l'éducation est sabrée et qui surement pour survivre doit reproduire les schémas de l'histoire en s'expatriant tout cela pour "qu'en moyenne" L'Irlande soit plus riche (mais surtout ses riches) ... je ne sais pas si je dois avoir de la pitié pour eux ou de la compassion ....
a écrit le 05/12/2011 à 20:17 :
Il faudra que l'Allemagne explique en quoi ce modèle un "superbe exemple" pour les pays européens ! Déjà un 3ème plan et une annonce des politiciens irlandais qui n'envisagent rien de bon.

C'est la spirale sans fin : moins la population d'un pays n'a du travail et moins il y a de taxes. On réduit le pouvoir d'achat "offert par les états" mais sans aucun investissement sur le travail.

La dette irlandaise est loin d'être réglée. Le pays se vide de ses travailleurs. Le chômage augmente (14% !!). En l'état, il n'y aura plus à augmenter les taxes nationales : il n'y aura plus personne pour les payer !

La différence entre "le politique" et une personne humaine : le chagrin en direct de la Ministre italienne des Affaires Sociales. Les uns sont des super menteurs les autres ne peuvent plus cacher la vérité.
Réponse de le 05/12/2011 à 23:55 :
C'est un example car le modele est beaucoup plus flexible que le notre. PLus de chomage en temps de crise mais beaucoup plus d'emploi en temps de croissance. De plus, les Irlandais sont plus heureux que les francais ou les allemands. C est facile de critiquer le modele anglo saxon, mais ca marche et ca beaucoup de francais ne peux l'accepter.
Réponse de le 06/12/2011 à 8:20 :
@Oui

Ah, oui, ça marche ? Tout s'écroule autour de nous et ça marche ? Ca, c'est la meilleure !

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