Les Etats-Unis vivent bien sans leur triple A

Le séisme provoqué l'été dernier par la perte de la note suprême a été vite oublié. Les taux sont désormais orientés à la baisse.
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Aux États-Unis, la perte du triple A ne s'apparente plus qu'à un lointain souvenir. Le 6 août dernier, pourtant, la décision de Standard and Poor's de dégrader d'un cran la note de la dette souveraine américaine avait suscité de vives réactions. Et alimenté la théorie du déclin américain, alors que la première économie mondiale menaçait à l'époque de retomber en récession. Mais une fois l'onde de choc passée, les conséquences tant redoutées ne sont pas matérialisées.

Sur le marché obligataire, les taux américains n'ont pas progressé. Bien au contraire : le rendement des bons du Trésor à 10 ans a nettement baissé, passant de 2,34 % avant l'annonce de S&P à 1,85 % vendredi soir. Fin septembre, il a même touché son plus bas niveau historique. La semaine dernière, lors de sa dernière émission obligataire, le Trésor est parvenu à placer 22,5 milliards de dollars avec des taux à 10 ans inférieurs à 2 %. Une première. La demande des investisseurs a été 3,3 fois supérieure à l'offre. Car, triple A ou pas, la dette américaine reste bien une valeur refuge en cette période d'incertitudes. Et cela n'a pas empêché l'économie américaine d'éviter la rechute, ni le chômage de reculer.

Cette dégradation par Standard & Poor's - une première depuis la création de l'agence de notation en 1941 - avait suivi les interminables discussions au Congrès pour relever le plafond légal de la dette de l'État et mettre en place un plan crédible de réduction des déficits publics. Divisés, les parlementaires américains avaient finalement trouvé un compromis de dernière minute, évitant ainsi un potentiel défaut de paiement du pays. S&P avait jugé les mesures budgétaires trop peu ambitieuses et s'inquiétait des perpétuels blocages partisans à Washington. Mais ni Moody's ni Fitch ne l'ont suivie, se contentant pour l'instant d'une perspective négative sur la note. D'autant qu'une erreur de calcul de 2.000 milliards de dollars se serait glissée dans les calculs de S&P...

Budget sous tension

La situation budgétaire américaine reste cependant sous tension. Le déficit fédéral devrait encore s'élever à près de 1.000 milliards de dollars au cours de l'exercice fiscal en cours. Quant à la dette, elle dépasse désormais les 15.000 milliards de dollars. Les perspectives ne sont pas plus réjouissantes. Selon le Congressional Budget Office, un organisme non partisan du Congrès, la dette publique réelle pourrait dépasser les 100 % du PIB en 2021 et grimper à 190 % en 2035. Comme en France, cette problématique s'invitera ainsi dans la campagne présidentielle.

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Commentaires 18
à écrit le 16/01/2012 à 12:39
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la FED imprime de la monnaie qu'elle prête au tréso , donc les américains rachètent leur propre dette avec de la monnaie de singe , ils vont pas en plus se faire payer des intérêts

le 16/01/2012 à 15:20
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Seul problème, la FED est une banque privée, les américains sont comme les Français qui ne peuvent pas emprunter à eux même (depuis 1913 le trésor américain doit passer par la FED pour emprunter, pour la France depuis 1973 elle ne peut plus passer pa...

le 17/01/2012 à 2:01
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Depuis quand la FED est-elle une banque privee? Independance avec autorite emanant du congres qui a un droit de regard sur les activites de la FEd ne signifie en rien PRIVEE! Le congres definit les objectifs de politique monetaire, la FED applique ...

le 17/01/2012 à 11:04
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@Maxim : Le congres a un droit de regard sur la FED, mais n'a aucun moyen de la contrôler. Exemple en 2008 au plus fort de la crise, la FED a "donné" 1300 milliards de dollars, le congrès a demandé à la FED à qui elle avait "donné" cet argent, le con...

à écrit le 16/01/2012 à 12:28
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Normal, la FED imprime des dollars en quantité illimité ! Vous connaissez cette expression venu de la haute administration Américaine " Le Dollar c'est notre monnaie et votre problème" ça en dit long sur la mentalité des propriétaires de ce Pays

à écrit le 16/01/2012 à 12:27
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oui les usa font marcher la planche a billet sans limite , l'europe non .

à écrit le 16/01/2012 à 12:23
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oui mais les usa font marcher la planche a billet , l'europe non .

à écrit le 16/01/2012 à 12:12
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Si la BCE avait le même pouvoirque la FED, on pourrait dire que la France fera de même. Mais il n'en est rien, les 2 situations ne sont pas comparables et la perte du triple A pour la France est une claque.

le 16/01/2012 à 14:24
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cessez de ne voir que "la France" prenez une couleur "europe"celà vous ira mieux vous verrez.

le 16/01/2012 à 21:23
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désolé mais pour moi ce sont les 3 couleurs BBR qui priment et je ne mets pas mon drapeau dans ma poche?L?Europe on a dit non, ils sont passés outre et bien qu'ils se débrouillent!

à écrit le 16/01/2012 à 11:02
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un exemple a ne pas suivre

à écrit le 16/01/2012 à 10:44
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Pour les américains les notes ne veulent rien dire car eux ils ont le DOLLAR.

à écrit le 16/01/2012 à 10:18
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Depuis 1971 et le choix de Nixon de ne plus indexer le dollar sur l'or, les USA nous ont fait croire que le dollar était la monnaie de référence (alors que c'est l'or), en faisant tourner la planche à billet continuellement (grâce au pétro-dollar) le...

le 16/01/2012 à 18:50
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exactement, merci

à écrit le 16/01/2012 à 8:01
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Il est rare que je désapprouve vos articles, mais là, comme écrit Justemesure, il s'agirait de comparer ce qui est comparable. Par contre, force est de constater que la monnaie qui fut imposée au niveau mondiale est en recul constant. Je pense qu'il ...

à écrit le 16/01/2012 à 6:56
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Oui, mais, ils font marcher à loisir la planche à billets !!!

le 16/01/2012 à 7:40
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Ce qui n'est pas forcément un bien. Gare aux nouvelle bulles....

à écrit le 16/01/2012 à 6:40
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Ramener à la note d'une agence les facteurs de la puissance des Etats-Unis qui l'avait fait sinon des journalistes un peu "légers". Même un élève de terminale aurait nuancé et argumenté!

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