L'Allemagne s'interroge sur une relance européenne

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Le FMI a critiqué à mots couverts la politique économique européenne de l'Allemagne fondée sur la seule consolidation budgétaire.

Plus que jamais, l'Allemagne doit s'interroger sur sa stratégie de rigueur budgétaire pour la zone euro et pour elle-même. Le FMI ce mardi a sermonné Berlin. En marge de ses prévisions macroéconomiques, l'institution de Washington a invité « les pays qui disposent de taux d'intérêt très faibles ou de marges de manoeuvre fiscales, et qui sont membres de la zone euro, à repenser le rythme de leur consolidation budgétaire ». L'allusion à l'Allemagne est évidente : la République fédérale paie un taux d'intérêt historiquement faible et a affiché un déficit de ses finances publiques de 1 % du PIB en 2011. Autrement dit, elle aurait les moyens de relancer son économie, attendue par le FMI cette année en très faible croissance à 0,3 % seulement. Les experts du Fonds ont également remis en cause la stratégie européenne de l'Allemagne, consistant à exiger des pays pris dans la tourmente de la crise de la dette, des plans de rigueur sévères. « Les exagérations concernant les adaptations budgétaires à long terme, qui visent à compenser les baisses cycliques de recettes, vont gêner l'activité économique, réduire l'acceptation par les peuples de ces adaptations et miner la croissance des marchés. » Autrement dit, l'actuelle politique de rigueur à tout prix pourrait être fortement contre-productive.

Du reste, les pays soumis à cette politique, comme l'Italie ou l'Espagne, vont connaître une contraction sévère de leur économie l'an prochain, de 2,2 % et 1,7 % respectivement. Une contraction qui pourrait se poursuivre en 2013 à un rythme plus modéré (avec ? 0,6 % et ? 0,3 %). À Berlin, on commence à prendre conscience que « l'assainissement budgétaire ne représente qu'une partie de la tâche » des pays européens, comme l'écrit dans « La Tribune » (lire page 15) le ministre fédéral des Affaires étrangères, le libéral Guido Westerwelle. Angela Merkel elle-même a, dans un entretien avec la « Süddeutsche Zeitung », reconnu qu'il fallait relancer la croissance européenne.

Mais elle n'évoque pas de plans keynésiens classiques, elle réclame plutôt des réformes structurelles du marché du travail. Des réformes dont les effets à court terme risquent d'être assez faibles.

 

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a écrit le 27/01/2012 à 2:53 :
Dans un rapport de cette semaine, l'OIT, soutient que le modèle de croissance allemand est l?une des principales causes à la crise actuelle de la zone euro. Une thèse à contre-courant du discours dominant qui présente l?Allemagne comme la locomotive européenne et le modèle à suivre.

Le rapport de l?OIT établit ainsi un lien direct de causalité entre la grande réforme du marché du travail allemand entrepris en 2003 par le gouvernement de Gerhard Schröder et la situation économique actuelle dans la zone euro. En réduisant les allocations chômage, les prestations sociales et en simplifiant la réglementation du marché du travail, l?Allemagne voulait "regagner en compétitivité après des années de vache maigre dues au coût de la réunification?.

Conséquence de cette politique : les entreprises allemandes ont recommencé à exporter et la croissance a marqué son grand retour en Allemagne. ?Mais cette croissance par les exportations s?est fait au détriment des autres pays européens?, analyse Till van Treeck. Avec des salaires qui n?ont quasiment pas augmenté depuis le début des années 2000, la consommation intérieure allemande ressemble à une morne plaine qui prive les exportateurs des autres pays européens d?un débouché vital.

l?Allemagne a longtemps adopté une stratégie non-coopérative en matière économique?. Une manière polie de dire que Berlin a adopté une attitude égoïste qui symbolise cet autre problème européen qui est le manque de solidarité entre les pays de la zone euro

Voila de quoi faire un peu reflechir les admirateurs bea du modele allemand.
Réponse de le 27/01/2012 à 19:37 :
Cela correspond à la réalité.L'économie allemande exportatrice profite pleinement de la monnaie unique.Avec les monnaies nationales le Mark aurait été réévalué par rapport aux autres monnaies En plus l'Allemagne a fait une dévaluation compétitive avec la TVA sociale.Elle applique simultanément une politique d'austérité salariale Au contraire les pays européens exportateurs devraient faire une politique de relance Les pays en difficulté appliquant une politique de rigueur budgétaire(des comptes rigoureux mais pas austères)
http://www.project-syndicate.org/commentary/roubini44/English
sinon l'euro éclatera
a écrit le 26/01/2012 à 19:02 :
@Photoscope : tout le monde sait que vous avez raison, mais ce sont les économistes qui ne le savent pas. Les experts font "tourner" leurs modèles et les politiques tournent avec !
Moi, je m'interroge sur le FMI et Lagarde qui lancent régulièrement de l'huile sur le feu. N'est-ce pas un "pompier-pyromane" ? Avez-vous remarqué que l'objectif est de ne pas "miner les marchés" ? L'acception par le peuple n'étant qu'un moyen ...
Réponse de le 27/01/2012 à 12:53 :
Ah, Lagarde et son fameux "La crise est derrière nous" !!
Ceci étant vous avez tout à fait raison : d'une part on veut absolument réduire les déficits tout en ne voyant pas/voulant pas voir que çà va plomber la croissance jusqu'à nous plonger dans la récession jusqu'au cou (au minimum). D'autre part, de réunions de la dernière chance en bla-bla-bla sans aucun intérêts, on a l'impression que l'essentiel n'est pas tant de régler les problèmes (Grèce, réchauffement de la planète, pétrole, accaparement des terres, etc ...) que de faire qu'ils "s'étalent" dans le temps et ne se "percutent" pas. Un peu comme si on essayait de "diviser" un gigantesque incendie en petits feux, l'essentiel n'étant pas de les éteindre mais juste de les contrôler, pour éviter surtout que tout ne brûle en même temps (que le système actuel ne s'effondre d'un seul coup) et aussi pour que çà ne se voit pas trop, ... qu'il n'y ait pas trop d'indignés en même temps dans les rues, qu'il ne leur vienne pas l'idée de remplacer eux-même ce fameux système sans doute !
a écrit le 26/01/2012 à 12:26 :
Enfin on commence à s'interroger sur l'efficacité de ces politiques d'austérité à tout crin ! Et ben, çà a mis le temps à se rendre compte des dégâts que ces politiques vont provoquer sur "la croissance", alors que c'était évident depuis fort longtemps ... voir depuis le début !

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