Deux candidats des pays émergents briguent la tête de la Banque mondiale

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Robert Zoellick Copyright AFP
Robert Zoellick Copyright AFP (Crédits : AFP)
Selon Reuters, la ministre nigériane des Finances Ngozi Okonjo-Iweala et l'ancien ministre des Finances colombien Jose Antonio Ocampo sont en course pour devenir la ou le prochain directeur de la Banque mondiale. Mais les Américains, qui sont à la tête de l'institution depuis la fondation de la Banque mondiale, vont eux aussi présenter, ce vendredi, un candidat.

Qui sera le prochain directeur de la Banque mondiale après l'Américain Robert Zoellick ? Peut-être un candidat issu des pays émergents. Après tout, le rôle de la Banque mondiale n'est-il pas d'agir pour ces pays ? C'est le raisonnement des deux candidats, la ministre des Finances nigériane Ngozi Okongo-Iweala, et Jose Antonio Ocampo, qui occupait les mêmes fonctions en Colombie. Tous deux sont des économistes reconnus, professeurs émérites, très respectés dans les milieux économiques.

L'an dernier, lorsque Dominique Strauss-Kahn avait dû être remplacé à la tête du Fonds monétaire international, les pays émergents avaient fait valoir que le temps où les Etats-Unis et l'Europe s'arrogeaient le directorat des institutions internationales était révolu. Les pays émergents réclament une plus juste représentation des forces économiques mondiales. Dominique Strauss-Kahn lui-même, bien avant sa démission forcée, avait admis qu'une évolution de la gouvernance des institutions internationales issues des accords de Bretton Woods (1947) devait prendre en compte le poids des pays émergents, notamment d'Asie du Sud-Est et d'Amérique du Sud. Christine Lagarde, depuis son entrée en poste, s'est elle aussi prononcée en faveur d'une telle évolution.

Reste que la succession de Robert Zoellick, dont le mandat arrivera à terme en juin, pose problème. En réalité, les États-Unis ne sont pas prêts à lâcher leur siège. Or, ils disposent de la majorité des votes... Et ils ont déjà prévenu qu'ils présenteraient, vendredi, leur propre candidat. Ils attendent aussi le soutien des pays européens, en vertu de l'accord tacite que les Etats-Unis et les puissances d'Europe de l'Ouest ont passé au sortir de la Seconde guerre mondiale : le FMI aux Européens, la Banque mondiale aux Américains.

Pas de coalition solide contre la domination américaine

Au-delà de la question de l'origine du futur directeur, les 187 pays membres de la Banque mondiale sont censés désigner un candidat en fonction d'un seul critère : le mérite. Mais les pays émergents veulent casser la domination occidentale sur ces institutions. Problème : comme pour la succession de Dominique Strauss-Kahn au FMI l'an dernier, ils n'arrivent pas à construire une coalition solide, assez large pour changer le statut quo. Pour l'heure, selon des sources proches du dossier, le Brésil aurait décidé de soutenir la nigériane Okongo-Iweala, qui est également professeure à l'université Columbia, tandis que l'Afrique du Sud soutiendrait Ocampo.

Le nom du prochain directeur sera connu le mois prochain. Okonjo-Iweala, qui a fait partie de la direction de la Banque mondiale avant de rejoindre le ministère des Finances du Nigeria l'an dernier, et Ocampo, qui fut sous-secrétaire à l'ONU pour les affaires économiques et sociales, sont en concurrence avec un économiste américain, Jeffrey Sachs, qui dispose du soutien d'une poignée de petits pays mais qui n'est pas le choix de l'administration américaine. Le choix du candidat des Etats-Unis n'est pas encore arrêté. Selon certaines sources citées par Reuters, la candidature d'une femme serait envisagée pour contrer les pays émergents, car une femme n'a jamais dirigé l'institution. 

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Commentaires
a écrit le 01/04/2012 à 20:53 :
Pour confirmer mes précédents commentaires au sujet des BRICS, vous constaterez que ces deux candidats peu importants n'appartiennent pas aux membres de cette union qui veut la fin de l'hégémonie USA-UE (et du dollar)... Jean-Claude Meslin

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