Banques espagnoles : pendant la crise, les fusions continuent

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Trois banques issues de 'cajas' vont s'unir pour former le septième groupe bancaire espagnol, alors que le secteur est en pleine convulsion après la nationalisation de Bankia.

La concentration du secteur bancaire espagnol amorcée sous José Luis Rodriguez Zapatero continue sa marche. Les banques cotées ont beau enregistrer baisse sur baisse de leurs titres, le secteur poursuit sa restructuration suivant les mêmes recettes. Ainsi, les conseils d?administration des trois banques issues de huit cajas, Liberbank, Ibercaja et Caja3, se réunissaient mardi pour approuver leur fusion, afin de former le 7ème groupe bancaire d?Espagne avec 114 milliards d?euros d?actifs.

 

Après cette opération, il restera moins de 10 caisses, contre 45  il y a trois ans. Comme auparavant les socialistes, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a incité ces derniers mois les caisses de taille moyenne à se rapprocher. « L?idée est qu?il faut être plus gros. Cela présente des avantages, notamment pour l?accès aux marchés financiers », explique Alberto Roldán, responsable d?analyse de rente variable chez Inverseguros. Une autre fusion, entre Unicaja et España-Duero est attendue à l?automne.

 

Des provisions de 2,5 milliards d'euros

« Malgré les échecs de cette logique pendant la première phase de restructuration du secteur, les établissements continuent de chercher un abri dans la taille », déplore l?analyste. Ces trois dernières années, la nécessité de concentrer un secteur atomisé s?est en effet imposée sur la logique économique des différentes fusions entre caisses d?épargne. Cela a abouti à des désastres comme celui de Bankia, la quatrième banque d?Espagne issue de la fusion de sept caisses, qui requiert aujourd?hui 23,5 milliards d?euros de fonds publics pour se recapitaliser. Dans ce cas précis néanmoins, la fusion compte un élément jugé solide, Ibercaja, qui s?unira avec Liberbank. La nouvelle entité devra composer avec des provisions de 2,5 milliards d?euros d?ici fin 2013. Des sources proches de l?opération n?écartent pas qu?elle fasse appel à l?aide publique afin d?y faire face.

 

Un sauvertage du système bancaire estimé à 60 milliards d'euros

Cette somme viendra s?ajouter aux 23,5 milliards réclamés par Bankia. Le gouvernement promet de secourir tout le système bancaire, car, d?après Mariano Rajoy lundi, ?les entités financières ne peuvent pas tomber, sinon le pays tomberait?. La question est de savoir comment l?Etat pourra financer le sauvetage de son secteur bancaire que l?Institut de Finance Internationale (IIF) chiffre à 60 milliards d?euros. L?Espagne paye un taux d?intérêt de près de 6,5% sur les marchés pour ses obligations, et le fonds de secours public et le fonds de garantie financé par les banques ne disposent pas d?assez de fonds pour faire face aux nouveaux besoins. Des sources confirment que le gouvernement décidera s?il émet de la dette ou s?il injecte des titres d?obligations directement dans les banques qui se chargeraient de les convertir auprès de la BCE (qui d'ailleurs ne semble pas vouloir accepter un tel dispositif) , quand il saura à combien s?élèvent les besoins du secteur. Les audits externes actuellement en cours rendront compte de leurs résultats mi-juin. Quoiqu?il en soit, un apport du fonds de sauvetage européen semble de plus en plus difficile à écarter.

 

 

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Commentaires
a écrit le 31/05/2012 à 10:51 :
Too big too fail! Oui c'est un abri par la taille mais la Bankia une grenouille qui?et plouf elle ne sait plus nager. Et c'est toujours aux contribuables de soutenir ces boutiques qui ne remplissent même plus leur rôle : prêter.
a écrit le 30/05/2012 à 17:52 :
Fusionner perdmet de gagner 18 mois, période durant laquelle les comptes restent opaques, ... en suite, il faut recommencer. La fortune de ceux qui disposent de liquidités importantes et peuvent acheter quelques actifs au passage est en construction. L'essentiel sera constitué par la vente des entreprises puis la constitution d'un pôle immobilier déjà en faillite que les grands acteurs étrangers se partageront. Que restera-t-il de l'Espagne ? Une population au chômage qu'il faudra indemniser par la fusion avec les caisses françaises.
a écrit le 30/05/2012 à 16:33 :
Ouaich... et voyez le site de la FDIC où sont indiquées toutes les banques en faillite qui se font racheter. L'amusant est que la saison des banques SANS repreneur recommence. Une analyse du phénomène serait intéressante. En attendant, l'EU se fait plomber par la "première" économie mondiale où les banques s'écroulent en série. Le taylorisme a de beaux jours devant lui.

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