"Une victoire du « non » serait catastrophique pour l'Irlande"

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Brian Hayes, ministre adjoint aux finances / Reuters - François Lenoir
Brian Hayes, ministre adjoint aux finances / Reuters - François Lenoir (Crédits : © François Lenoir / Reuters)
Brian Hayes, le ministre irlandais adjoint aux finances, responsable notamment de la réforme du service public, fait le point sur l'économie du pays et le référendum du 31 mai sur le traité fiscal européen. Selon lui, une victoire du « non » serait catastrophique pour l'Irlande...

La Tribune - Pourquoi ce référendum est-il important pour l'Irlande ?
Brian Hayes - Accepter le traité fiscal nous donnera accès au fonds d'urgence du Mécanisme européen de stabilité (MES), ce qui est important car nous n'avons pas de garantie après la fin du programme actuel, en décembre 2013. Or, franchement, personne ne sait si nous aurons besoin ou non d'un tel soutien financier. Pour le moment, les intérêts sur nos prêts à dix ans ont baissé de moitié au cours des six ou sept derniers mois, et cette trajectoire se poursuivra si la stabilité revient dans la zone euro, ce qui nous permettra de réemprunter de l'argent sur les marchés. Nous avons aussi besoin du budget de discipline qui accompagne le traité, sinon la position de nos finances publiques se détériorera. La supervision de la Commission européenne sur notre budget sera, de ce point de vue, très appréciable.

Que se passera-t-il si le non l'emporte ?
Ce sera désastreux pour le pays. Cela nous ramènera dans l'?il du cyclone, alors que notre place au sein du projet européen est capitale pour attirer les investisseurs étrangers. Depuis un an, la principale tâche du gouvernement a d'ailleurs été de réparer la réputation du pays, entamée à la suite de son sauvetage financier.

Pourrait-il y avoir un deuxième vote dans ce cas-là ?
Non, il n'y aura qu'un seul référendum. Nous n'aurons pas besoin d'un second, car l'austérité du traité sera appliquée quel que soit le résultat du 31 mai. Même le président français, François Hollande, a dit ne rechercher qu'une addition aux règles fiscales actuelles et il entend mettre en place des coupes plus sévères que les nôtres ! Donc, l'idée qu'il mettra de côté les règles actuelles est fantaisiste. Le traité sera maintenu : les Allemands vont l'adopter cette année, les Français aussi, et il sera appliqué.

Qu'évoque pour vous le débat européen autour de l'austérité ?
Le nouveau gouvernement français et le président Hollande redirigeront le débat vers la croissance. J'ai été marqué par le discours de son conseiller économique Philippe Aghion sur la restructuration d'une économie en déficit à travers la technologie et l'éducation. Néanmoins, ce n'est plus le temps des idéologies, de la droite contre la gauche, mais le temps des solutions. Stimulus et austérité sont les deux facettes d'une même pièce, on ne peut avoir l'un sans l'autre. J'espère donc que les Grecs seront réalistes et qu'ils resteront ainsi dans la zone euro, car ce n'est dans l'intérêt de personne qu'un pays en sorte. Mais, quoi qu'il arrive à l'euro, nous voulons en faire partie.

L'amélioration de la compétitivité du pays sera-t-elle suffisante pour relancer l'économie ?
Avec une économie solide comme la nôtre, lorsque la demande interne européenne s'améliorera, les marchés suivront et les gens achèteront plus de services. L'Irlande peut ainsi revenir comme une fusée. D'ici là, il faut restructurer l'économie. Cela se concrétise par la réforme du service public - nous avons 12 % de fonctionnaires en moins qu'il y a deux ans -, améliorer la compétitivité, s'assurer qu'il y aura des possibilités pour les PME, etc. Depuis 2008, nous avons retiré 23,5 milliards d'euros de l'économie à travers des hausses d'impôts et des baisses des dépenses, il nous faut encore en retirer 8,5 milliards d'ici à 2015. Comme l'a dit un célèbre économiste : « Il ne faut jamais gâcher l'occasion d'une bonne crise pour changer ce qui doit être changé ! »

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Commentaires
a écrit le 31/05/2012 à 14:00 :
Elle est belle la pseudo "democratie" europeenne des technocrates, et apres l'Europe fait la morale aux autres pays.... Irlandais, tu votes "oui" et c'est tout, l'UE n'a meme pas fait imprimer des bulletings " non"
Réponse de le 31/05/2012 à 16:30 :
"bulletings"..?? Vous êtes du Chud...?? Ou Corse et jetez les urnes à la mer..??
a écrit le 31/05/2012 à 13:22 :
hahahaha toujours la même rangaine ! Je n'avais pas remarqué que tout allait bien, aucunes crises, aucunes dettes, tout roule allez svp dites OUI vous voyez bien que c'est le bonheur, l'harmonie. A force de délirer sur ce thème ça devient contre productif, dire "catastrophique" aujourd'hui est très drôle, mais bon ce sera le Oui pas de panique comme ça la catastrophe sera pour nous tous !.
a écrit le 31/05/2012 à 12:46 :
Les Irlandais refuseraient le libéralisme..?? Bizarre, vraiment bizarre... Le déluge de leur pays, ils le voient, EUX!
a écrit le 31/05/2012 à 12:33 :
Toujours la pensée unique du TINA (There Is No Alternative) on connait le discours rien que du réchauffé.

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