Égypte : les deux candidats revendiquent la victoire, et devront faire avec l'armée

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Le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi a revendiqué la victoire à l'élection présidentielle égyptienne, tout comme son opposant, Ahmad Chafi, ex-Premier ministre de Hosni Moubarak. Ces déclarations interviennent peu après que l'armée s'est arrogée de vastes prérogatives. Un acte qualifié par certains de "coup d'État".

Le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi a revendiqué ce lundi la victoire à l'élection présidentielle en Egypte. Son rival Ahmad Chafiq, le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, a assuré pour sa part que des résultats encore provisoires le plaçaient en tête lors de ce scrutin qui s'est achevé dimanche soir. Ces deux déclarations interviennent peu après la décision de l'armée de s'octroyer de vastes prérogatives, dénoncée comme un "coup d'Etat" par les adversaires du pouvoir militaire.

La victoire de Mohammed Morsi, si elle était confirmée, porterait pour la première fois un islamiste à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe, avec près de 82 millions d'habitants. Cette présidentielle était la première depuis la chute en février 2011 de Hosni Moubarak sous la pression d'une révolte populaire. Le futur président, quel qu'il soit, disposera toutefois d'une marge de manoeuvre très réduite face à la junte aux commandes du pays depuis la chute de Hosni Moubarak, qui s'est attribuée de vastes pouvoirs peu avant la fermeture des bureaux de vote.

L'armée garde le pouvoir

Dimanche soir, le conseil suprême des forces armées (CSFA) a annoncé dans une Déclaration constitutionnelle amendée qu'il exercerait le pouvoir législatif jusqu'à l'élection d'une nouvelle Assemblée du peuple, à une date non précisée. La chambre des députés, dominée par les Frères musulmans, a en effet été dissoute samedi en application d'un arrêt de la Haute cour constitutionnelle pour un vice juridique dans la loi électorale.

Le nouveau scrutin ne pourra toutefois pas avoir lieu avant l'adoption d'une nouvelle Constitution, qui devra être rédigée par une commission "représentant tous les segments de la société" puis approuvée par référendum, précise le texte. Le CSFA s'est cependant accordé un droit de veto sur tout article qu'il estimerait "contraire aux intérêts suprêmes du pays". La Déclaration stipule aussi que le CSFA garde la haute main sur "tout ce qui relève des forces armées".
 

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Commentaires
a écrit le 18/06/2012 à 13:24 :
inch'Allah !
a écrit le 18/06/2012 à 12:41 :
Il n y a rien a faire. Vu la pauvreté et le fait que l armée controle l agriculture et le pain, pour elle meme, ce sera la guerre civil. Le tourisme est mort et ce pays n a aucune ressource. Sans parler du taux demographique incontrolé ca fini toujours mal ce genre d histoire. L armée se croit toute puissante alors qu en fait elle est ridicule et va se faire laminer.
a écrit le 18/06/2012 à 12:21 :
On nous refait le même coup qu'en Algérie quand les islamistes avaient gagné les élections et qu'ensuite l'armée est intervenue, les poussant à prendre le maquis, et débutant la guerre civile.
a écrit le 18/06/2012 à 12:16 :
Certains chez nous se plaignent de la Constitution de 58, qui a le mérite de laisser à la marge le FN, malgré ses millions d'électeurs. Pas démocratique, certainement.
Mais je préfère cette injustice plutôt que d'avoir un jour à choisir entre une dictature ou des factions intégristes de tous bords. L'Egypte commence sa descente aux enfers, puissions nous l'aider...

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