La sécheresse fait flamber les prix des céréales

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La production mondiale de céréales subit de lourdes pertes avec le climat sec persistant en Russie et aux Etats-Unis. Copyright Reuters
La production mondiale de céréales subit de lourdes pertes avec le climat sec persistant en Russie et aux Etats-Unis. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
L'extrême sécheresse qui sévit actuellement sur les Etats-Unis et le bassin de la mer Noire entraîne une flambée mondiale du cours des grains. Sans améliorations rapides, les experts craignent que la réduction de l'offre se traduise par une crise alimentaire.

Saison noire pour la récolte des céréales. La sécheresse qui touche les Etats-Unis et l'Europe depuis le mois de juin fait grimper les cours mondiaux du blé, du maïs et du soja à des taux historiques. Une situation d'autant plus inquiétante que la demande reste élevée, en particulier de la Chine, premier pays-acheteur de grains au monde. Du coup, les prévisions de productions mondiales sont largement revues à la baisse. Selon les chiffres du Conseil international des céréales, les stocks de clôture devraient atteindre 360 millions de tonnes pour la saison 2012-2013, soit 13 millions de moins que l'estimation précédente.

Temps sec persistant pour les Etats-Unis

Au pays de l'oncle Sam, premier producteur mondial de céréales, les prix du maïs et du soja ont augmenté respectivement de 50% et 26% depuis le mois de mai. Dans le détail, cela donne un coût de 8 dollars (6,6 euros) le boisseau de maïs, soit un prix 3,5 fois supérieur à celui d'il y a dix ans. Même son de cloche concernant le boisseau de soja, qui bondit à 17 dollars (14 euros). Par ailleurs, les prévisionnistes sont pessimistes quant à la possibilité d'une amélioration climatique prochaine. Selon le service météorologique américain (NOAA), le temps sec devrait perdurer jusqu'au mois d'octobre et toucher au moins 61% de la surface du pays. Du jamais vu depuis 56 ans.

Conséquence d'une faible récolte, les exportations chutent. Durant la semaine du 12 juillet, les ventes de maïs ont dévissé à 180.700 tonnes contre 664.8000 la semaine précédente. Si les pays riches importent toujours, les pays pauvres, notamment en Afrique, se retrouvent démunis face à l'explosion des prix.

L'Europe ne soutient pas le marché

Sur le Vieux continent, le marché des céréales n'est pas non plus au beau fixe. Le bassin de la mer Noire, où se situe la majorité de la production européenne de céréales, est également touché par une sécheresse persistante. Ainsi, le prix du blé a augmenté de 30% en Europe depuis le début du mois de juin. Et la suite n'augure rien de bon : la société de gestion des risques de marchés Agritel prévoit 29 millions tonnes de blé de déficit cette année par rapport à 2011.

Important producteur mondial, la Russie voit notamment ses récoltes se réduire fortement en raison des températures atteignant 35 degrés sur la plupart de ses régions agricoles. Selon les prévisions du centre de recherche SovEcon, le pays le plus vaste de la planète devrait produire 46,5 millions de tonnes de blés pour la saison 2012-2013 alors que les estimations précédentes tablaient sur 48,5 millions. Concernant les exportations, 12 millions de tonnes de blé devraient être exportés contre 21,3 millions pour l'an dernier.

Les experts partagés sur la gravité

Ces chiffres inquiétants ne suscitent pas la même réaction selon les commentateurs. "Je me mets à genoux tous les jours et je prie avec intensité", aurait déclaré avec fatalisme le secrétaire américain à l'Agriculture Tom Vilsak, selon le Financial Times. Et d'ajouter que cet épisode était sans doute la situation la plus grave que traverse les Etats-Unis depuis 25 ans. Le politicien craint en effet une contamination sur les autres industries alimentaires, notamment animales. A plus grande échelle, certains experts redoutent même des répercussions financières en Afrique et une montée de la famine.

Mais pour les Nations unies, la situation n'égale pas encore la crise alimentaire de 2007-2008. Pour mémoire, la flambée des matières premières avait provoqué des émeutes de la faim dans plusieurs pays pauvres, tels qu'Haïti ou la Côte d'Ivoire. "C'est une situation sérieuse mais il est trop tôt pour parler de crise", a déclaré le FAO, organisme de l'alimentation et de l'agriculture rattaché à l'Onu. La culture du riz, très prospère, pourrait être un levier de secours contre le déclin des céréales, estiment les analystes du FAO.

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a écrit le 23/07/2012 à 11:11 :
Cela fait un moment que cela était prévisible avec dès l'automne dernier des situations de déficit d'eau dans des zones comme l'Ukraine, la Roumanie, le Kazakhstan, le Canada, la Chine, et une partie des Etats-Unis, mais comme l'USDA principal Institut a vouloir donné un tempo décorrélé de la réalité du terrain pour éviter une flambé des cours si la réalité venait à se savoir. Ils ont joué avec le feu et ils se sont brûlé.
Vous pouviez suivre le film déjà depuis un certain sur des sites professionnels sur les matières premières comme AgritechTrade.com ou Terre-net.com.
a écrit le 23/07/2012 à 10:08 :
Ma voisine prétend que le réchauffement de la planète engendre les tremblements de terre! C est du même genre! Hihi 👍
a écrit le 22/07/2012 à 13:36 :
Le prix du pain va t'il supplanter le prix du gazole ? Bientôt dans toutes vos boulangerie.
a écrit le 22/07/2012 à 0:57 :
Les effets du réchauffement climatique et des excès d'émissions de C02 et autres Ges se confirment d'années en années partout dans le monde et comme le prédisaient certains scientifiques çà va plus vite que prévu, idem pour le réchauffement et la tendance vers l'acidification de l'océan.
a écrit le 21/07/2012 à 15:42 :
Lutter contre la spéculation peut aussi se faire en refusant de consommer des biocarburants qui sont en définitive, des affameurs des enfants des pays pauvres et qui n'apportent rien à l'environnement sinon de casser prématurément les moteurs. FL/ ingénieur en génie énergétique
a écrit le 21/07/2012 à 15:38 :
si le prix des céréales explosent , Hollande va certainement demander une "contribution exceptionnelle" aux ceréaliers français ! il faut faire payer les riches
Réponse de le 29/07/2012 à 9:14 :
je suis céréalier,quand on vend des céréales en dessous de son prix de revient,personne ne s'en préoccupe et le prix du pain ne redescend pas...quand les prix augmentent et que l'agriculteur peut enfin gagner sa vie ,les coûts de revients bondissent et le pain augmente encore...à quand les coûts de revients et le prix du pain régulés sur le prix des matières premières??? pis comme faut plus arroser,ne plus mettre d'engrais,et de produits phyto pour protéger les cultures,la production se stabilise avec une population croissante...on voit le résultat
a écrit le 21/07/2012 à 15:31 :
Continuer à lutter contre la spéculation pure serait déjà un bon début pour réduire la sensibilité des prix à de tels événements. A ce titre, la période de détention d'un titre (sans livraison donc) devrait permettre de définir un mécanisme de pénalisation financière.
a écrit le 21/07/2012 à 7:06 :
Une question se pose:
Doit-on continuer à fabriquer des biocarburants ou des bioplastiques utilisant nos ressources alimentaires?
Réponse de le 21/07/2012 à 10:02 :
+1
Réponse de le 21/07/2012 à 15:50 :
Bonne question et la réponse est de privilégier l'humain, de sauver des vies. Toute autre attitude est à proprement parler criminelle et les promoteurs de la filière agrocarburant actuelle sont des personnes qui auront à répondre de la souffrance de millions d'enfants et d'adultes qui meurent de faim. (20 000 personnes par jour dont 5 000 enfants). Acheter du biocarburant est à éviter car dès lors on se rend complice du malheur des pauvres.
Réponse de le 21/07/2012 à 19:59 :
@BMFH: tu as sans doute raison, mais nous vivons dans une société où seul compte le fric immédiat. A nager à contre-courant, on se noie :-) Non pas que j'approuve, mais je constate.
a écrit le 21/07/2012 à 6:24 :
USA, Chine, Mer Noire... mais quid de la Beauce, de la Brie et du bassin de la Garonne ? Certes la France n'a pas vocation à nourrir la terre entière mais des exportations de céréales rémunératrices peuvent aider à payer une partie de notre énergie importée.
a écrit le 21/07/2012 à 0:26 :
qu'un QE3 pour que les prix s'envolent vraiment ...
a écrit le 20/07/2012 à 22:49 :
Demandez les explications de tout ça à ceux qui sont à l'origine des anticyclones géants, bloqués sur les USA et l'Europe continentale depuis cinq mois.
Les manipulations du climat par des ondes stationnaires sont courantes depuis une vingtaine d'années. mais le public est soigneusement écarté du sujet.
Alors, des anticyclones qui restent bloqués cinq mois et une zone dépressionnaire permanente sur l'Atlantique nord depuis le même délai, cela vous paraît normal ?
Réponse de le 21/07/2012 à 10:10 :
euh faut arreter PIF gadget et la parano hein
Réponse de le 21/07/2012 à 17:13 :
Vous m'auriez parlé de la modification du gulf stream, j'aurais bien pu vous lire, mais là, le coup des ondes stationnaires, j'ai du mal.
Réponse de le 22/07/2012 à 0:54 :
Ceux qui manoeuvrent les anticyclones ont visiblement perdue leur télécommande car la sécheresse d'une part et les innondations d'autre part touchent une majorité de pays ! Par contre on en est à près de 40 milliards de tonnes d'émissions de C02 entre autres Ges par an et çà a commencé il y a 150 ans et c'est bien les scénarii décrits par le tant décrié Giec et les milliers de scientifiques consultés !
Réponse de le 22/07/2012 à 8:13 :
Anticyclones bloqués : je pense que vous regardez un peu trop les tortues Ninja et Inspecteur Gadget !!! Celà étant, peut-être avez-vous raison et que des extra-terrestres préparent une invasion de notre planète, leur manoeuvre sur le climat via les anticyclones visant à d'abord affaiblir les terriens en les affamant !!!

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