Paul Ryan, la carte de Romney pour séduire les conservateurs

Avec Paul Ryan, Mitt Romney choisit de parler au cœur de son électorat. Le parcours et les idées de ce catholique ont de quoi séduire les électeurs républicains. Portrait.
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En désignant le conservateur Paul Ryan, 42 ans, comme colistier, Mitt Romney signe l'orientation de sa campagne. Ensemble, ils affronteront le "ticket" Obama-Biden sur des thèmes chers aux conservateurs américains : la rigueur budgétaire, la baisse des impôts, et l'opposition aux réformes du président démocrates dans la santé. Par son origine et son parcours, la personnalité de Paul Ryan a de quoi séduire les partisans du "Grand Old Party".

En premier lieu, il est un produit du "Midwest", l'immense centre agricole des États-Unis, comme un certain nombre d'entre eux. Il est né et a grandi à Janesville une petite ville du Wisconsin où il vit toujours avec sa femme et ses trois enfants. Fier de proclamer son attachement à la terre, cet adepte de la chasse et de la pêche assure sur son site officiel faire partie de la cinquième génération de sa famille à vivre dans cet Etat des Grands Lacs.

La carrière fulgurante d'un inconnu du grand public

En outre, et cela peut plaire à la base de l'électorat, il ne doit pas son ascension à son appartenance aux familles politiques issues des grandes universités de la côte Est. D'ailleurs, à la différence de Mitt Romney et de Barack Obama, ce fils d'avocat n'est pas diplômé de la très prestigieuse école de droit de Harvard. Lui a étudié l'économie et les sciences politiques à l'Université de Miami et à Oxford, mais celui de l'Ohio. Ce qui ne l'a pas empêché de poursuivre une carrière fulgurante. Celle-ci débute par un stage effectué à 19 ans comme chargé du courrier au Congrès. Dix ans plus tard, en 1998, il est élu pour la première fois comme représentant du Wisconsin. Aujourd'hui, il dirige le comité budgétaire de la Chambre.

Il lui faudra cependant batailler pour se faire connaître du grand public. En effet, pour l'instant Paul Ryan n'a jamais brigué d'autre mandat que celui de représentant et selon un sondage mené par CNN, quelque 54% des Américains ignorent son existence ou n'ont pas d'opinion sur lui.

Catholique conservateur

Côté personnalité, ce fervent catholique affirme que sa foi influence ses idées politiques conservatrices. En revanche, tous les catholiques américains ne partagent pas ses opinions. Ainsi, le contre-projet de budget qu'il a proposé en avril a été vivement critiqué par la conférence des évêques américains. Selon eux, ce plan, qui suggère notamment de revoir le programme Medicaid tel qu'il est défendu par Barack Obama, ne protégeait pas assez les Américains les plus pauvres. les évêques estimaient aussi qu'il avait mal interprété les enseignements du catholicisme qui prôneraient plutôt la redistribution sociale. Mais il a campé sur ses positions, critiquant à son tour certains catholiques qui se seraient arrogés "le monopole du dogme social".

Sur le plan idéologique, Paul Ryan explique être inspiré par l'?uvre d'Ayn Rand, écrivaine ultralibérale d'origine russe qui a notamment influencé l'ancien patron de la Fed, Alan Greenspan. Le colisiter de Mitt Romney affiche également son admiration pour son mentor, Jack Kemp,  lui-même colistier du candidat républicain Bob Dole en 1996, et ardent défenseur d'une économie de l'offre par opposition au keynésianisme.

"Arrêter de dépenser l'argent que le gouvernement n'a pas"

En matière économique, sa position s'illustre dans son contre-programme budgétaire publié en avril et intitulé "Path of prosperity" (chemin vers la prospérité). Il y fait une profession de foi claire, résumée dans la courte biographie affichée sur son site internet. Son plan a pour but de "s'attaquer à la crise fiscale qui menace" les États-unis, en "incitant à la création d'emplois et en arrêtant de dépenser l'argent que le gouvernement n'a pas".

Samedi, lors de son premier discours en tant que candidat à la vice-président, Paul Ryan a ainsi fait v?u de "restaurer la grandeur des Etats-Unis ". Et, lors d'apparitions communes avec Mitt Romney en Virginie et en Caroline du Nord, ce week-end, il a clamé son intention de réduire impôts et dépenses de façon drastique. Paul Ryan compte réduire les dépenses publiques en réformant radicalement les plans Medicare et Medicaid qui visent à assurer l'accès au soin des personnes âgées et défavorisées.

A lire : Ryan-Romney, un ticket républicain 100% rigueur

"Leader intellectuel du parti"

Autre atout potentiel aux yeux des Républicains : le représentant du Wisconsin bénéficie de soutient de poids dans son propre camp. Celui que Mitt Romney décrit comme un " leader intellectuel du parti" est soutenu par le Wall Street Journal.  Seules les remarques de l'influent Newt Gringrich à l'égard de certaines de ses propositions pourraient lui porter préjudice. L'an dernier, l'ancien "speaker" à la Chambre avec estimé trop grand le "saut" qu'exigeait Paul Ryan en matière de politique de santé. Mais il était revenu sur son jugement quelques temps plus tard en réaffirmant son soutien à l'égard du représentant au Congrès.

"Un idéologue qui ne croit pas au programme Medicare"

Cette division potentielle chez les Républicains, le camp Obama n'a bien sûr pas manqué de s'en faire l'écho. Ainsi, David Axelrod, le porte-parole de la Maison-Blanche a-t-il repris les critiques de Gringrich a son compte et affirmé que "le congressiste Ryan est un idéologue qui ne croit pas au programme Medicare [sur l'assurance santé, défendu par Barack Obama ndlr]". Quant au président-candidat il reprochait à son opposant de faire du "Darwinisme social" avec son projet budgétaire. 

Pour l'heure, les reproches que lui adressent les Démocrates portent encore sur le fond : ses positions en matière budgétaire. Une différence de taille avec l'élection de 2008 lorsque la personnalité de Sarah Palin, colistière de John McCain avait été visée.

Vice-président, un rôle mineur ?

Le rôle de vice-président peut apparaître comme plus ou moins mineur aux États-Unis, selon les attributions que lui accorde le président. Mais en pleine course à la Maison-Blanche ce choix peut s'avérer crucial. Et ce, d'abord parce que le vice-président devient chef de l'État en cas d'empêchement ou de décès du président. Par le passé, c'est ainsi qu'Harry Truman après la mort de Roosevelt, Lyndon Johnson après celle de Kennedy et Gerald Ford suite à la démission de Richard Nixon ont accédé à la fonction suprême. Ensuite, le choix du colistier marque souvent un tournant dans la campagne, et donne le "ton" pour les semaines qui précèdent le scrutin. Le choix de Sarah Palin par John McCain en 2008, jugée trop radicale et pas assez "sérieuse" a ainsi été considéré comme l'une des causes possibles de son échec.

 

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Commentaires 4
à écrit le 15/08/2012 à 8:16
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Correction, c'est $716 Billion volés à medicare pour l'ObamaCare.

à écrit le 13/08/2012 à 19:08
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marrant, de bouille il ressemble étrangement à un ancien président français... ;)

à écrit le 13/08/2012 à 17:29
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c'est sur que la double présidence de GW autre grand du GOP a été un succes retentissant pour les USA.

à écrit le 13/08/2012 à 16:10
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FYI, et aussi bizarre que cela puisse paraitre, l'universite de Miami (ou etudia Ryan) est situee a Oxford, Ohio. C'est un college mediocre qui n'a pas fonction a former des "intellectuels"!!.

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