Ryan-Romney, un ticket républicain 100% rigueur

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Le candidat républicain Mitt Romney (à gauche) et son colistier Paul Ryan (à droite), lors d'un meeting dans le Wisconsin le 12 août. Copyright Reuters
Le candidat républicain Mitt Romney (à gauche) et son colistier Paul Ryan (à droite), lors d'un meeting dans le Wisconsin le 12 août. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Avec la nomination de Paul Ryan en tant que colistier, le républicain Mitt Romney opère un virage stratégique dans sa campagne : plus de sérieux et de libéralisme "pur" dans son programme économique pour plus de crédibilité aux yeux des électeurs américains.

«Paul Ryan est devenu un leader intellectuel du parti Républicain. Il saisit les enjeux fiscaux auxquels est confrontée l'Amérique et la catastrophe qui nous attend si nous ne faisons rien.» Mitt Romney, candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, ne tarit pas d'éloges lorsqu'il introduit pour la première fois son colistier Paul Ryan, samedi dans l'Etat de la Virginie. Même si le titre de vice-président est honorifique outre-Atlantique, la nomination de Paul Ryan apporte une légitimité au programme économique du camp républicain. L'actuel président de la commission budgétaire de la Chambre des représentants, est en effet réputé pour ses positions en faveur de la rigueur. Une aubaine pour Mitt Romney, qui avait jusqu'à alors centré sa campagne sur des attaques répétitives concernant le bilan du président-candidat et démocrate Barack Obama.

«Ne pas devenir comme l'Europe»

Ce duo conservateur a déjà trouvé son nouvel angle d'attaque : comparer la situation économique des Etats-Unis à celle de l'Europe. Autrement dit, réaffirmer la nécessité d'une discipline budgétaire, pour ne pas dire d'austérité. Dans le cas contraire, ce sont les ténèbres de la crise de la zone euro, coupable de son propre laxisme budgétaire, qui attendent l'Amérique. «Le contraste ne pourrait être plus évident. Nous ne pouvons poursuivre sur la voie sur laquelle nous sommes et rester une nation endettée, pleine de doutes, désespérée, où le chômage est élevé. Nous pouvons changer tout cela et remettre ce pays sur la bonne voie», a d'ailleurs déclaré Paul Ryan, devant les sympathisants républicains de la Caroline du Nord, dimanche.

Le représentant du Wisconsin n'en est pas à sa première attaque anti-européenne. Dans un rapporté élaboré en 2010 et intitulé «Une feuille de route pour le futur de l'Amérique», Paul Ryan dénonçait l'Etat-providence à l'européenne, «une société où la plupart des gens paie peu ou pas d'impôts et dépendent des aides du gouvernement». Pour ne pas succomber aux délices de l'assistanat, Ryan préconise dans un nouveau rapport de 2011, des coupes dans les dépenses gouvernementales de 6 200 milliards de dollars (5 022 milliards d'euros) d'ici dix ans. De même, le républicain veut réduire le déficit public de 4 400 milliards de dollars (3 564 milliards d'euros) d'ici 2022. En ce qui concerne les impôts, Ryan veut supprimer les 800 milliards de dollars de taxes (647 milliards d'euros) qui incombent aux citoyens américains pour financer la réforme de la santé d'Obama. L'objectif à long terme de cette «voie vers la prospérité» comme il la surnomme, est d'atteindre une croissance totale de 15% du PIB d'ici 2050.

Une bonne cible pour le camp démocrate

Le camp du démocrate Barack Obama n'a pas attendu longtemps avant d'attaquer le nouveau poulain de Mitt Romney. En marge d'une réunion à Chicago dimanche, le président sortant a qualifié Paul Ryan de «patron idéologique des élus républicains», dont les projets risquent de peser sur la classe moyenne. «En nommant Paul Ryan, Mitt Romney a choisi un élu influent de la Chambre des représentants qui partage sa conviction dans une mauvaise théorie économique : elle consiste à croire que de nouvelles exemptions fiscales pour les plus riches, qui grèveront le budget, associées à la mise en place d'un fardeau plus lourd sur les épaules des classes moyennes et des plus âgés, permettront d'une manière ou d'une autre d'avoir une économie plus forte», a ajouté Jim Messina, le directeur de campagne d'Obama. L'équipe du président a également rappelé qu'en tant que membre du Congrès, Ryan a adopté les politiques économiques de l'ancien président Bush Jr. Soit des mesures qui ont contribué à «faire exploser le déficit et ruiner l'économie américaine».

Anticipant les futures critiques des démocrates, Mitt Romney a pris quelques distances avec le programme budgétaire de son colistier. Invité de la chaîne CBS dimanche, le candidat républicain a affirmé que ce serait sur son idée de budget qu'ils feront campagne. Pas sûr que cela suffise à faire taire l'opposition, qui attaque déjà le projet de Ryan visant à supprimer les aides aux personnes âgées.

A lire : PORTRAIT - Paul Ryan, la carte de Romney pour séduire les conservateurs

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Commentaires
a écrit le 20/08/2012 à 11:33 :
Oui l'Europe en est au clientélisme et à l'assistanat généralisé parce que le politique, cynique, veut le pouvoir absolu avec l'Etat et ses corporations privilégiées: la sécurité pour les uns, la précarité pour les autres... faut pas s'étonner qu'en France la moitié des électeurs rejette la législative...

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