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ÉconomieInternational

Obama-Romney : l'économie au coeur de la campagne 2.0

Jérémie Pham-Lê

Publié le 06 août 2012 à 03:38 - Mis à jour le 06 août 2012 à 03:40

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À quatre mois de la présidentielle américaine, les deux principaux candidats à la fonction suprême restent au coude à coude dans les intentions de vote. Crise oblige, cette campagne serrée, qui se joue d'abord sur le web, est axée majoritairement sur l'économie. Avec au menu, coups bas et autres invectives publiques. Le point à moins de cent jours de l'élection.

Pas de trêve estivale entre Barack Obama et Mitt Romney. Aucun de ces deux prétendants à la présidence des Etats-Unis, dont le scrutin aura lieu le 6 novembre, ne se détache dans les derniers sondages à échelle nationale. Longtemps désigné favori pour occuper un second mandat, le démocrate Barack Obama a vu cet été ses intentions de vote nettement chuter au profit de son rival républicain Mitt Romney. Ainsi, début juillet, un sondage Washington Post/ABC donnait à chacun une estimation de 47% des voix. Le 19 du même mois, une nouvelle enquête CBS/ New York Times affirmait cette fois ci que Mitt Romney remporterait la présidentielle avec une légère avance de 47% des voix contre 46% pour Barack Obama. Le même jour pourtant, un autre sondage NPR proclamait à l'inverse le démocrate vainqueur par 47% des voix contre 45% pour le républicain mormon !

Campagne 2.0

Face à cette déferlante d'enquêtes contradictoires, les réseaux sociaux, outils qui reflètent et influencent les opinions, se sont invités dans la campagne. Dernier épisode en date, le site de microblogging Twitter a lancé son «political index». Ce système analyse quotidiennement les tweets mentionnant les deux candidats et les décortiquent pour déterminer l'opinion politique de leurs auteurs. Si aux dernières évaluations, Obama distance Romney, l'historique montre néanmoins que les courbes des deux politiciens se sont croisées à maintes reprises durant l'été.

La plateforme de streaming Youtube a également été mise à contribution pour la campagne de dénigrement mutuel des deux candidats. Histoire d'engranger des opinions favorables, les comptes officiels d'Obama et de Romney publient régulièrement des spots publicitaires accusateurs adressés l'un à l'autre. L'économie y figure en thème de prédilection. Et pour cause, la grande majorité des électeurs considèrent les questions économiques comme déterminantes dans leur choix de vote. Succès garanti : les vidéos affichent jusqu'à des millions de vues et les débats font rage dans les commentaires.

Passes d'armes virulentes

Du côté démocrate, l'équipe d'Obama prend un malin plaisir à attaquer son concurrent républicain sur sa fortune personnelle, estimée à 250 millions d'euros, et sa gestion du fonds d'investissement Bain Capital. Fondée en 1984 par Mitt Romney, la firme avait massivement licencié des employés américains aux débuts des années 2000 au profit de délocalisations avantageuses. Côté programme, les démocrates raillent également la politique fiscale de Romney, accusée de favoriser les riches. Le républicain se refuse en effet à supprimer les niches fiscales et à rehausser la taxation des hauts revenus. «Vous travaillez dur, vous économisez chaque penny, mais il y a de fortes chances que vous ayez à supporter un taux d'imposition plus élevé que le sien», revendique le dernier clip de campagne d'Obama. Et de conclure : «Il paie moins, vous payez plus».

Chez les républicains, la réplique est tout aussi incisive. Mitt Romney accuse le président sortant d'avoir dégradé l'économie américaine depuis sa prise de fonction et critique son inexpérience du secteur privé. La réforme de la santé, surnommée «Obamacare», est largement contestée par le camp républicain en raison de son coût, estimé à 910 milliards sur dix ans. Chiffres à l'appui, le gouverneur du Massachusetts dénonce également le gaspillage des 831 milliards de dollars (670 milliards d'euros) destinés à relancer l'économie en 2009 après la crise des subprimes. Selon lui, l'administration Obama aurait distribué ces fonds de secours à ses amis, ses partisans et à des groupes d'intérêts particuliers.

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Conjoncture défavorable

Le ralentissement économique des Etats-Unis explique ces batailles acharnées de chiffres. Au deuxième trimestre 2012, le Produit intérieur brut (PIB) s'est accru de seulement 1,5% après une croissance de 2% au trimestre précédent. La Maison-Blanche a d'ailleurs revu à la baisse ses perspectives de croissance 2012, tablant sur une hausse du PIB de 2,3% contre 2,7% selon les précédentes estimations. Autre signe inquiétant : le chômage a progressé en juillet, atteignant un taux considérable de 8,3%, même si les créations d'emploi sont en hausse.

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Quant à la responsabilité de cette situation morose, les deux candidats n'ont pas la même interprétation. Pour le président-candidat, les Etats-Unis subissent le contrecoup de la faiblesse de la croissance européenne. "L'Europe est notre principal partenaire commercial. Une croissance ralentie en Europe signifie une croissance ralentie du marché du travail aux Etats-Unis", s'est dédouané Obama lors du sommet du G20 fin juin. En revanche, pour Mitt Romney, le ralentissement économique est la conséquence d'un mandat raté. Dénonçant les «séries extraordinaires d'échecs des politiques», le républicain accuse l'actuel locataire de la Maison-Blanche de n'avoir pas tenu ses promesses.

Bilan catastrophique pour l'un, candidat des riches pour l'autre... La présidentielle américaine a des allures de déjà vu.

Jérémie Pham-Lê

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