L'économie turque ralentit, les consommateurs trinquent

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Le gouvernement turc a annoncé une augmentation du prix du gaz, après celle de l'électricité, et des taxes sur l'essence, déjà la plus chère au monde, l'alcool et le tabac. Ankara tente de rééquilibrer le budget malgré le ralentissement de la croissance.

Les mauvaises nouvelles s?accumulent pour les consommateurs turcs. Jeudi soir lors d?un débat télévisé le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a confirmé la hausse de 10 à 15% du prix du gaz, dès le mois d?octobre. Même chose pour l?électricité dont le prix pourrait augmenter de 9% à la même période, c?est à dire avant le début de l?hiver. Ces annonces s?ajoutent à l?augmentation, la semaine dernière, de la taxe spéciale à la consommation (ÖTV) qui concerne les produits de luxe, les voitures, l?alcool, le tabac et les produits pétroliers. L?essence conserve ainsi son titre d?essence la plus cher au monde. Quant à la TVA (KDV en turc), elle pourrait elle aussi passer de 18 à 19%, même si pour l?instant cette mesure n?a pas été confirmée.

Vive réaction de l'opposition

 

Du côté de l?opposition, les critiques fusent. ?Le gouvernement punit le peuple pour son incapacité à équilibrer ses revenus et ses recettes? critique Faik Öztrak, du principal parti d?opposition, le CHP. ?Ces hausses vont gréver le budget de familles et affecter encore davantage les secteurs de l?automobile et des transports qui souffrent déjà du ralentissement économique?.

Justifications gouvernementales

 

Le ministre de l?énergie Taner Yildiz justifie en revanche ces mesures en estimant que les consommateurs doivent payer ?en fonction de ce qu?ils consomment?. ?Qu?est-ce qui est le plus juste ? Augmenter les prix pour ceux qui boivent de l?alcool ou pour l?ensemble des 75 millions (de turcs) ??demande-t-il. D?une manière générale, le gouvernement qualifie ces hausses de prix d?ajustement? destinées à contrecarrer la hausse du déficit budgétaire qui devrait atteindre les 34,6 milliards de lires turques à la fin de l?année. Par ces hausses de taxes, le gouvernement compte encaisser14 milliards de lires supplémentaires. Pour le ministre de l?économie Ali Babacan, la baisse des recettes de l?état est dûe au ralentissement de l?économie turque, elle-même désormais davantage tirée par les exportations que par la demande intérieure.

Mauvais chiffres de croissance

 

Les derniers chiffres macroéconomiques (2,9% de croissance sur un an au 2ème trimestre) ont par ailleurs poussé le gouvernement à réviser ses prévisions pour l?année. Désormais Ankara table au mieux sur 3% de croissance de son PIB en 2012 contre 8,5% en 2011. Ali Babacan relativise toutefois cette période ?difficile?. ?Ce sont les taux de croissance les plus élevés d?Europe? rappelle-t-il. Il pointe aussi les bons niveaux de production industrielle, le rétrécissement du déficit des comptes courants, et une baisse du chômage. Quant aux exportations, elles continuent de progresser et se sont orientés vers le Moyen Orient et l?Afrique du Nord, contrebalançant, en partie, la baisse des exportations vers l?Europe, le principal partenaire commercial de la Turquie. Dans ce contexte, en plus des critiques de l?opposition, des voix dissonnantes se font entendre au sein du gouvernement. Si Ali Babacan prone une politique de prudence avec des baisses de dépenses publiques, d?autres, insistent pour ne pas freiner trop fort. Cette thèse a été appuyée jeudi soir par le premier ministre Erdogan.

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Commentaires
a écrit le 01/10/2012 à 13:19 :
Allez, encore un pays dans la mouise en 2013 !
Réponse de le 03/10/2012 à 8:54 :
kesta ?

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