L'économie mondiale a besoin du pétrole irakien

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Vue de l'exploitation du gisement de Qurna Ouest, situé à 420 kilomètres au sud-est de Bagdad. Ce site devrait produire 500.000 barils par jour. Copyright Reuters
Vue de l'exploitation du gisement de Qurna Ouest, situé à 420 kilomètres au sud-est de Bagdad. Ce site devrait produire 500.000 barils par jour. Copyright Reuters
D'ici à 2035, l'Irak pourrait contribuer pour 45% de l'offre supplémentaire mondiale de pétrole, avec une production passant de 3 millions de barils par jour à 8 millions de barils par jour. Mais cela nécessite d'investir 530 milliards de dollars sur la période et de stabiliser un pays miné par la violence créée par les divisions politiques et communautaires.

Vers 2030,l'Irak, membre de l'Opep, devrait supplanter la Russie comme deuxième exportateur mondial derrière l'Arabie Saoudite, grâce au doublement de ses extractions qui devraient atteindre quelque 6 millions de barils par jour (mbj), d'ici 2020, avant de passer à 8 mbj en 2030. Selon le ministère irakien du Pétrole, le pays produit aujourd'hui 3,3 mbj, dont il exporte 2,6 mbj.

Ce scénario a été établi par l'Agence internationale de l'Energie (AIE), qui consacre un rapport - une première - à un pays producteur du Moyen-Orient. L'agence souligne qu'il s'agit là non seulement d'un enjeu national mais aussi mondial. L'Irak contribuera en effet à hauteur de 45% de l'offre pétrolière supplémentaire mondiale d'ici 2035,  pour fournir ses principaux clients situés en Asie, en particulier la Chine.

Pays exsangue

L'Irak a été ravagé par trois guerres et un embargo de 10 ans qui ont laissé le pays exsangue. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB par habitant était tombé de 3.400 dollars en 1980 à 800 dollars en 2004, après le renversement du régime de Saddam Hussein.

Pour reconstruire le pays et relancer l'économie, le secteur des hydrocarbures - l'Irak possède les deuxièmes réserves mondiale de brut conventionnel (143 milliards de barils) - est vital pour fournir des devises. Selon l'AIE, les recettes cumulées d'ici 2035 par les exportations de brut et de gaz naturel devraient générer 5.000 milliards de dollars, soit un moyenne annuelle de 200 milliards de dollars.

Mais pour cela, il faudra investir sur cette période 530 milliards de dollars (extraction mais aussi infrastructures), en particulier dans la décennie actuelle, où 25 milliards par an seront nécessaires.

Pour attirer les investisseurs, le pays, encore miné par la violence des rivalités politiques et communautaires, doit faire preuve de stabilité politique et accroître la transparence de l'appareil administratif pour réduire le niveau de corruption. En outre, il y a des contraintes techniques et économiques à respecter.

Acheminer 8 millions de barils d'eau par jour

Par exemple, 8 mbj d'eau devront être acheminés depuis le Golfe persique vers les gisements du sud pour éviter d'assécher les ressources locales limitées en eau douce. Pour récupérer la précieuse huile, de l'eau est injectée sous pression dans le sous-sol.

Par ailleurs, la multiplication par cinq du PIB actuel et un quadruplement des besoins énergétiques vont conduire à augmenter de 70% les capacités de fournitures d'électricité via un réseau aujourd'hui saturé.

Pour cela, l'AIE recommande de récupérer le gaz associé à la production pétrolière, actuellement brûlée par torchère, qui pourrait avantageusement remplacer le pétrole. Sans ce changement, le pays se priverait de 520 milliards de dollars de recettes liées à la vente de brut d'autant qu'avec l'amélioration du niveau économique 1 mbj supplémentaire d'ici 2035 sera nécessaire pour répondre à la demande locale.

Développer l'exploitation du gaz naturel

Mais cela ne sera pas suffisant pour couvrir des besoins qui devraient dépasser les 70 milliards de m3 de gaz d'ici 2035, et implique un recours à l'exploitation du gaz naturel du pays (il occupe le 13e rang mondial en terme de réserves),  avec l'objectif d'en exporter quelque 20 milliards de m3 à l'horizon 2035.

 

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a écrit le 13/10/2012 à 11:32 :
et si tous le monde investissais un peut dans les énergies renouvelable en métemp des panneaux solaire sur lors maisons et faire du covoiturage.on n'a tous a qui gagner avec le temps penser a vous enfants qui margerons a pied
a écrit le 12/10/2012 à 22:03 :
Ben ce serait quand même dommage qu'on ait massacré tant de personnes innocentes sans pouvoir voler les ressources naturelles du pays :-)
a écrit le 12/10/2012 à 19:14 :
il y a aussi le venezuela !!! qui a des réserves gigantesques !! pour plus d'un siècle d'après chavez !!
a écrit le 12/10/2012 à 19:13 :
Comme quoi l'économie mondiale avait besoin de la guerre en Irak ; vu qu'aucun pays n'a voulu engager de politique écologique réelle.

En France, on veut du pétrole par cher, et on s'indigne contre la guerre en Irak. On bénéficie d'un pétrole à prix raisonnable grâce à la guerre en Irak, et on n'engage pas de politique écologique sérieuse. Pire, Hollande subventionne l'essence (-car baisser les taxes du pétrole en temps de crise de la dette, c'est subventionner l'usage du pétrole) !
Autrement dit en France on veut le beurre, l'argent du beurre, et on fait la morale à la fermière parce qu'elle trait la vache !

Il faudra bien penser un jour à se mettre aux énergies renouvelables, car le tarissement des ressources pétrolières fera subir à l'économie mondiale un choc pétrolier chronique.
Réponse de le 12/10/2012 à 20:15 :
C'est une bonne idee de passr aux energies renouvelables, mais le pb est que ca ne marche pas.
C'est un peu comme ci on nous disait que la roue , c'est pas bien, alors comment faire sans... bah il n'y a pas de solution.
Réponse de le 12/10/2012 à 23:12 :
Les énergies renouvelables sont au pétrole ce que le carré est à la roue. Ca tourne quand même mais plus difficilement et avec quelques à-coups.
Réponse de le 13/10/2012 à 0:21 :
Les énergies renouvelables fonctionnent très bien puisque la quasi totalité des pays au monde en font et, pour rappel à destination des ignorants, elles sont bien plus performantes que le pétrole ! Les calculs ont démontré que le rendement de ce dernier, en tenant compte de l'ensemble de la chaîne de production et de la formation qui a pris des millions d'années est plus de 1000 fois inférieur au solaire ou à l'éolien !
Réponse de le 13/10/2012 à 1:58 :
@polytech: t'as sans doute raison, mais les gens raisonnent différemment. Un peu comme quand ils te disent que c'est moins cher en Chine, ils n'incluent que le coût de la main-d'oeuvre :-)
Réponse de le 13/10/2012 à 4:11 :
En effet, les énergies renouvelables sont l'avenir de l'humanité et il n'y a que les sots qui ne changent jamais d'avis. Le but de toutes ces man?uvres langagières est d'accréditer l'idée qu'en dehors des énergies fossiles point de salut,ce qui leur permet ainsi d'en assurer le monopole pour encore des années. Mais tant que dure la manne ils feront tout pour la présenter comme la seule alternative.D'ici quelques décennies lorsque le pétrole commencera à sérieusement décroitre, soyons sûrs qu'ils essaieront alors de s'approprier ces autres énergies afin de imposer d'y nouveau leur leader ship. Le pourvoir pour le pouvoir, c'est vieux comme le monde.

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