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ÉconomieInternational

L'économie mondiale a besoin du pétrole irakien

Robert Jules

Publié le 12 octobre 2012 à 15:38 - Mis à jour le 12 octobre 2012 à 15:39

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D'ici à 2035, l'Irak pourrait contribuer pour 45% de l'offre supplémentaire mondiale de pétrole, avec une production passant de 3 millions de barils par jour à 8 millions de barils par jour. Mais cela nécessite d'investir 530 milliards de dollars sur la période et de stabiliser un pays miné par la violence créée par les divisions politiques et communautaires.

Vers 2030,l'Irak, membre de l'Opep, devrait supplanter la Russie comme deuxième exportateur mondial derrière l'Arabie Saoudite, grâce au doublement de ses extractions qui devraient atteindre quelque 6 millions de barils par jour (mbj), d'ici 2020, avant de passer à 8 mbj en 2030. Selon le ministère irakien du Pétrole, le pays produit aujourd'hui 3,3 mbj, dont il exporte 2,6 mbj.

Ce scénario a été établi par l'Agence internationale de l'Energie (AIE), qui consacre un rapport - une première - à un pays producteur du Moyen-Orient. L'agence souligne qu'il s'agit là non seulement d'un enjeu national mais aussi mondial. L'Irak contribuera en effet à hauteur de 45% de l'offre pétrolière supplémentaire mondiale d'ici 2035,  pour fournir ses principaux clients situés en Asie, en particulier la Chine.

Pays exsangue

L'Irak a été ravagé par trois guerres et un embargo de 10 ans qui ont laissé le pays exsangue. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB par habitant était tombé de 3.400 dollars en 1980 à 800 dollars en 2004, après le renversement du régime de Saddam Hussein.

Pour reconstruire le pays et relancer l'économie, le secteur des hydrocarbures - l'Irak possède les deuxièmes réserves mondiale de brut conventionnel (143 milliards de barils) - est vital pour fournir des devises. Selon l'AIE, les recettes cumulées d'ici 2035 par les exportations de brut et de gaz naturel devraient générer 5.000 milliards de dollars, soit un moyenne annuelle de 200 milliards de dollars.

Mais pour cela, il faudra investir sur cette période 530 milliards de dollars (extraction mais aussi infrastructures), en particulier dans la décennie actuelle, où 25 milliards par an seront nécessaires.

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Pour attirer les investisseurs, le pays, encore miné par la violence des rivalités politiques et communautaires, doit faire preuve de stabilité politique et accroître la transparence de l'appareil administratif pour réduire le niveau de corruption. En outre, il y a des contraintes techniques et économiques à respecter.

Acheminer 8 millions de barils d'eau par jour

Par exemple, 8 mbj d'eau devront être acheminés depuis le Golfe persique vers les gisements du sud pour éviter d'assécher les ressources locales limitées en eau douce. Pour récupérer la précieuse huile, de l'eau est injectée sous pression dans le sous-sol.

Par ailleurs, la multiplication par cinq du PIB actuel et un quadruplement des besoins énergétiques vont conduire à augmenter de 70% les capacités de fournitures d'électricité via un réseau aujourd'hui saturé.

Pour cela, l'AIE recommande de récupérer le gaz associé à la production pétrolière, actuellement brûlée par torchère, qui pourrait avantageusement remplacer le pétrole. Sans ce changement, le pays se priverait de 520 milliards de dollars de recettes liées à la vente de brut d'autant qu'avec l'amélioration du niveau économique 1 mbj supplémentaire d'ici 2035 sera nécessaire pour répondre à la demande locale.

Développer l'exploitation du gaz naturel

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Mais cela ne sera pas suffisant pour couvrir des besoins qui devraient dépasser les 70 milliards de m3 de gaz d'ici 2035, et implique un recours à l'exploitation du gaz naturel du pays (il occupe le 13e rang mondial en terme de réserves),  avec l'objectif d'en exporter quelque 20 milliards de m3 à l'horizon 2035.

Robert Jules

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