Stanley Fischer, icône de la croissance israélienne

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La démission du président de la banque centrale israélienne a surpris et désolé les Israéliens.

Les Israéliens se sentent un peu orphelins. Stanley Fischer, le gouverneur de la Banque d'Israël a annoncé qu'il quitterait ses fonctions "pour des raisons personnelles" à la fin juin, deux ans avant la fin de son deuxième mandat. Cette nouvelle a eu l'effet d'une bombe. Rarement le gouverneur d'une Banque centrale a joui d'une popularité aussi élevée depuis sa nomination il y a huit ans. Pour la population, cet économiste de 69 ans, discret et courtois aux allures d'homme d'affaires rangé est celui qui a épargné à Israël les affres des crises des subprimes et de la zone Euro. Mieux encore: l'économie israélienne a connu une croissance (3,2% en 2012) que l'immense majorité des pays développés pourrait lui envier. Les réserves en devise étrangères, trésor de guerre national, atteignent le niveau record de 75 milliards de dollars. Bref, de la bonne gestion de père de famille.

Regrets


En avançant son départ, Stanley Fischer ne laisse que des regrets. Une sorte d'exploit.En 2005 lorsque Benjamin Netanyahu est venu le chercher alors qu'il avait pantouflé à la tête de la City Bank après avoir été numéro deux du Fonds Monétaire International, ce choix avant fait scandale Pour la première fois un étranger, en l'occurence un Américain, qui ne parlait pas un mot d'hébreu, était appelé à la tête d'une des institutions les plus prestigieuse du pays. Déployant le maximum d'efforts pour s'intégrer, il est devenu citoyen israélien tout en étant autorisé à titre excepionnel à conserver sa nationalité américaine. Stanley Fischer a ensuite surpris par la rapidité avec laquelle il a maîtrisé la langue du pays.

Indépendance de la banque centrale assurée


Son bilan est tout aussi flatteur. Sous son règne, l'inflation est restée entièrement sous contrôle (1,6% en 2012), le taux de chômage a réculé à moins de 7%. Stanley Fischer a également été le Premier gouverneur d'une banque centrale d'un pays membre de l'OCDE à baisser son taux de base en septembre 2009. Le shekel, la monnaie israélienne a fait mieux résister aux devises étrangères. Stanley Fischer est également parvenu à faire voter une loi garantissant l'indépendance de la Banque d'Israël. "Nous n'avons commis aucune faute sérieuse", s'est-il félicité. Un satisfecit repris par la grande majorité des commentateurs qui l'ont qualifié de "gouverneur irrenplassable". Le patronat, l'opposition centriste et de gauche, les syndicaliste lui aussi tressé des lauriers. Ce respect est tel que Benjamin Netanyahu lui a offert la portefeuille des Finances dans le prochain gouvernement. Stanley Fischer a rejeté la proposition, mais pourrait selon certains commentateurs, accepter dans les prochains mois le poste de ministre des Affaires étrangères.

Ombres


Son passé de banquier lui a permis de constituer un carnet d'adresses hors pair dans le monde. Un exemple: cette semaine l'Etat hébreu a émis deux milliards d'obligations assorties de taux d'intérêts proches de ceux qu'obtient le Trésor américain. Fort de ce bilan M. Fischer avait posé sa candidature pour prendre la tête du FMI en 2011, à la place Dominique Strauss-Kahn, mais il avait été écarté à cause de son âge (68 ans à l'époque). Quelques ombres au tableau sont toutefois apparues en fin de parcours. Stanley Fischer n'a pas trouvé la parade pour enrayer l'envolée des prix de l'immobilier. Il quitte également ses fonctions à un moment où sa présence paraissait indispensable. Le prochain gouvernement issu des élections législatives du 22 janvier va devoir procéder à des coupes budgétaires d'au moins 3 milliards d'euros à la suite d'un dérapage du déficit, deux fois plus important que prévu. Autrement dit son successeur e bénéfiera d'aucune période grâce.....

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Commentaires
a écrit le 31/01/2013 à 11:50 :
je ne connais pas le détail des mesures qu'il a prises, mais on le dit keynésien et mentor de Ben l'hélicoptère... Si c'est le cas, il est probable qu'un sortie avant que ne soient visibles les effets néfastes de sa politique ne soit un grand classique. Ainsi, je serai curieux de savoir s'il a ou non débouclé les positions massives prises par exemple sur Apple, aujourd'hui 100$ plus bas que lorsqu'il a lancé le programme d'achat...
a écrit le 31/01/2013 à 11:01 :
"irrenplassable", merci de corriger l'article en bon français

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