Medvedev parle grand projets mais à une petite audience
Emmanuel Grynszpan, à Moscou
Emmanuel Grynszpan, à Moscou
Descendu du trône de président ? qu?il avait gardé au chaud pour Vladimir Poutine ? sur le siège éjectable de premier ministre en mai dernier, Dmitri Medvedev s?efforce de convaincre qu?il a encore un avenir politique. Jeudi, il a défini les dix objectifs de son gouvernement sous l??il scrutateur de Vladimir Poutine, dans l?espoir que la bénédiction du chef fera taire les experts prédisant son départ imminent. Parmi les principaux objectifs figurent le souci d?améliorer le climat d?investissement et d?atteindre une croissance annuelle de 5% en moyenne jusqu?en 2018, date des prochaines élections présidentielles, auxquelles il n?a d?ailleurs pas exclu d?être candidat. Pour l?instant, la croissance est plutôt en train de ralentir. Les derniers chiffres officiels donnent 3,4%, en dessous des prévisions d?un consensus d?économistes (3,6%).
Le président-twitter n'a pas bonne image
Dans l?ensemble, les objectifs affichés par Dmitri Medvedev ne se distinguent guère de ce qu?il a promis par le passé. Il s?agit d?approfondir la coopération avec les pays de l?Union Européenne, les principaux partenaires asiatiques, les voisins immédiats de l?Union Douanière Eurasiatique (le Belarus et le Kazakhstan), ainsi que plus largement avec les pays faisant partie de l?OMC, dont la Russie fait partie depuis août dernier. Féru de nouvelles technologies et de l?Internet (à la différence du très conservateur Poutine), le premier ministre a souligné une fois de plus son rôle de modernisateur du pays, favorisant l?émergence de nouvelles technologies russes. Ce penchant lui a valu le sobriquet de « président-twitter », « virtuel », déconnecté d?un pays où on ne sait pas éteindre les incendies (été 2010), qui détient le record mondial des catastrophes aériennes et où l?infrastructure dans son ensemble continue rapidement de se détériorer.
"Une liste de bonnes intentions"
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Dmitri Medvedev a énuméré ses priorités dont celles de la construction de logements sociaux, la réforme de la santé publique et de l?éduction. Il a indiqué que son gouvernement aidera les agriculteurs, construira de nouvelles routes, étendra le réseau électrique et favorisera la demande domestique. Sans oublier bien sûr les infrastructures de télécommunication (téléphone et Internet). Pour Evgueni Gontmakher, économiste autrefois proche de Medvedev, « il s?agit d?une liste de bonnes intentions. Les buts fixés sont louables, mais rien n?est dit sur les mécanismes et les instruments mis en place pour atteindre les objectifs
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