G7 Finances : yen faible et relance de la croissance en Europe au menu

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M. Kuroda, gouverneur de la BoJ, est soupçonné par les américains de mener une dévaluation compétitive - Copyright Reuters
M. Kuroda, gouverneur de la BoJ, est soupçonné par les américains de mener une dévaluation compétitive - Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les Etats-Unis et l'Allemagne ont averti le Japon vendredi à l'occasion du G7 Finances qu'ils guetteraient tout indice prouvant que Tokyo manipule le yen. Ce que le ministre japonais des Finances présent à la réunion des sept grands au Royaume-Uni a démenti. Les membres du G7 Finances s'interrogent aussi sur la manière de relancer la croissance.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du Groupe des Sept sont réunies pour deux jours de discussions à une soixantaine de kilomètres de Londres alors que le yen a atteint son plus bas niveau depuis quatre ans et demi face au dollar, une baisse qui alimente les spéculations sur les risques de "guerre des monnaies". Depuis l'annonce faite par la Bank of Japan (BoJ) le mois dernier d'une refonte de sa politique monétaire destéinée à sortir le pays de la déflation, le Japon est dans le collimateur des pays du G7. Notamment des Etats-Unis et de l'Allemagne.

Soupçon de dévaluation compétitive du Japon

Alors que le yen atteignait jeudi son plus bas depuis quatre face au dollar, Jack Lew, le secrétaire américain au Trésor, a reconnu que le Japon devait régler ses "problèmes de croissance" mais en s'en tenant aux accords internationaux en vigueur qui proscrivent les dévaluations compétitives. "Je me contenterai de renvoyer aux règles élémentaires et au fait que nous avons clairement dit que nous garderions un oeil sur la situation", a déclaré Jack Lew à la chaîne CNBC, avant la réunion du G7. Dans le même sens, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, réputé pour être un partisan de la stabilité des prix en zone euro, a fait savoir de son côté qu'il était important de rappeler que les pays du G20 s'étaient engagés à ne pas améliorer leur compétitivité en manipulant les taux de change.

Après la première séance de discussions, le ministre nippon des Finances, Taro Aso, a assuré que ses interlocuteurs n'avaient exprimé aucune réserve sur la politique de Tokyo. "Nous avons expliqué au G7 que le Japon avait pris des mesures monétaires et budgétaires audacieuses pour mettre fin à une déflation prolongée, et que le gouvernement et la Banque du Japon collaboraient étroitement", a-t-il dit. "Le G7 n'a évoqué aucun problème particulier (...) Je crois que la position du Japon est de mieux en mieux comprise", a-t-il ajouté. Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la BoJ, avait réaffirmé avant le début des discussions que la banque centrale japonaise n'avait pas d'objectifs en matière de taux de change.

Tout le monde ne critique pas le Japon

Cela étant, les autres grandes puissances économiques sont dans une position délicate pour critiquer la nouvelle politique monétaire du Japon, après avoir insisté pendant des années pour que Tokyo prenne des mesures de relance de son économie. 

 "Il est important que, conformément aux décisions prises précédemment par le G20 et le FMI, on ne parle pas de guerre des monnaies", a souligné de son côté Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, ajoutant que la réunion se concentrerait sur l'harmonisation des politiques économiques. Ce alors que la politique ultra-volontariste de la BoJ a pour effet, en raison d'un intérêt croissant des investisseurs japonais qui anticipent l'afflux de liquidités, pour les dettes européennes. La France, par exemple, emprunte grâce à ce mouvement des investisseurs à des taux les plus bas de son histoire.

Interrogations sur la relance européenne

Le ministre des Finances britannique George Osborne est pour sa part soucieux de mobiliser les banques centrales en faveur de la croissance, alors que les gouvernements sont occupés eux par des politiques de forte rigueur budgétaire. Cette réunion est "l'occasion d'examiner comment une politique monétaire plus volontariste peut soutenir la reprise, tout en s'assurant que les anticipations d'inflation restent ancrées à moyen terme", a-t-il déclaré, ajoutant que les débats du week-end aborderaient également les thèmes de l'évasion fiscale et de la régulation du secteur bancaire.

A l'instar de la réunion du FMI d'avril, il est possible par ailleurs que les partenaires de l'Allemagne la pressent d'apporter un soutien plus net au projet d'union bancaire en zone euro. La première étape- une supervision unique sous l'égide de la BCE- devrait être accomplie à la mi-2014. La deuxième- un mécanisme de liquidation des banques faillies- est déjà plus floue. Quant à la troisième- un mécanisme unique de garantie des dépôts- son avenir est encore moins assuré.

L'occasion de se parler franchement

Les réunions du G7, qui comprend les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni, l'Italie, la France et le Canada, sont depuis 2009 supplantées par celles du G20, devenu le rendez-vous obligé des débats internationaux sur la situation économique mondiale.

Aucun communiqué ne sera en principe publié à l'issue du week-end, et aucune décision officielle n'est attendue de ce rendez-vous, censé préparer le sommet du G20 qui aura lieu en Russie en septembre. Certains participants jugent que cette formule peut favoriser des échanges plus francs. "Il n'y a aucun sujet tabou, puisque nous sommes dans un cadre informel", a expliqué Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

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Commentaires
a écrit le 12/05/2013 à 18:51 :
J'adore l'hypocrisie de cette phrase :
Jack Lew, le secrétaire américain au Trésor, a reconnu que le Japon devait régler ses "problèmes de croissance" mais en s'en tenant aux accords internationaux en vigueur qui proscrivent les dévaluations compétitives. "

Evidemment que c'est une devaluation compétitive et c'est pour cette raison que la Chine commence de plus en plus à avoir des réactions hostiles au Japon comme la revendication des îles Senkaku... c'est une fa9on de mettre la pression sur le gouvernement Japonais mais ça bizarrement les journalistes ne l'expliquent pas...
a écrit le 12/05/2013 à 0:37 :
G7 : le Japon montre-t-il le chemin?

Il est bénéfique que le retard de la reprise mondiale ait secoué le 10 mai les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G7 au sommet d'Aylesbury. L'ampleur des plans d'assainissement budgétaire en Europe nuit à la croissance mondiale. Son estimation pour 2013 vient d?ailleurs d?être ramenée de 3,5 % qu?il était en janvier à 3,3 %.
Le Japon pourrait très bien montrer actuellement le chemin avec sa politique monétaire agressive. Celle-ci diminue non seulement ses problèmes de croissance, mais aussi l?écart artificiel entre sa devise et celle de la Chine. Ce qui s?est passé au cours des dernières décennies a montré que les accords internationaux sont plus nuisibles qu?utiles quand seulement certains pays les suivent. Il y a tellement de manières de déguiser les dévaluations compétitives que les tricheurs gagnent toujours. Tous les pays pourraient donc suivre l?exemple de la Banque du Japon et annoncer une refonte importante de leur politique monétaire. Non seulement cela pourrait ramener un équilibre des marchés financiers, mais en stimulant l'appétit général pour le risque, il pourrait décroître pour tous. Comme les politiques de croissance mise de l?avant par les États-Unis et la France celle du Japon semble avoir le potentiel de corriger les déséquilibres globaux et stimuler une reprise. De plus, tant que la Chine maintiendra la valeur de sa monnaie artificiellement basse, il n?y a pas grand-chose à craindre de l?émergence d'une bulle financière. Les prochaines rencontres à Lough Erne en Irlande du Nord le 17 juin et à Bruxelles le 27 juin, permettront de voir si les banques centrales à travers le monde avaient raison de dévaluer monnaie et si cela trace le chemin de la croissance mondiale.
a écrit le 11/05/2013 à 17:10 :
les cause de l' ecologie environnementale au japon, le traffic de mercedes en allemagne nous explique l' infléance de pnb brut sur les cacluls du g7 est à la source d' enhères d' autre pays sur es monnaies ce qui faussent les données du pib
a écrit le 11/05/2013 à 15:04 :
Grosse plaisanterie, les japonais font ce qu ils veulent, ce n est pas la grosse berta ni Obama qui vint faire changer les choses. Si en Europe nous faisions la même chose et non encore la grosse berta qui ne comprend rien a économie, la preuve la bonne santé de Allemagne elle n y est pour rien, c est un social démocrate le responsable.
a écrit le 11/05/2013 à 14:21 :
Les USA et l'Allemagne "guettent tout indices que Tokyo manipule le yen"? Pas besoins d'indices, c'est la nouvelle politique officielle du Japon pour tenter une Nième relance. La relance japonaise si elle se fait, se fera sur le dos de ses partenaires commerciaux. -30% sur le yen en 2 mois, il faut un indice de plus? Vu les dettes gigantesques, on va tous jouer à imprimer des billets de Monopoly. C'est pas idiot si ça sert à rembourser la dette pour revenir à un ratio plus raisonnable. Mais en fait c'est une cavalerie financière sans fin avec des déficits et une accumulation de dettes toujours plus importante. Au final c'est l'Allemagne qui à très probablement raison car les états ne sont visiblement pas capables de gérer leurs finances dès qu'il on un peut de marge budgétaire dû à la planche à billets.
Réponse de le 11/05/2013 à 17:09 :
Je ne vois pas pourquoi vous parlez de cavalerie. Si je crée plus de papier pour la même contrepartie de richesse, ma monnaie se dévalue par rapport aux autres devises. C'est une dévaluation qui ne dit pas son mot. Les dévaluations compétitives ont toujours existé pour rétablir la balance commerciale.Avant l'arrivée de l'Euro, les pays Européens le faisaient bien. Cela a l'avantage de baisser le pouvoir d'achat sans le dire. Les Etats unis ne font pas autre chose.
a écrit le 11/05/2013 à 14:02 :
"Il n'y a aucun sujet tabou !". Bien tiens, puisqu'il n'y en a aucun, elle devrait lire la déclaration pleine de bon sens de Oskar Lafontaine, ancien dirigeant du SPD et ancien ministre des finances en Allemagne qui a viré sa cuti sur l'Euro (La Tribune aurait à y gagner à le publier).
a écrit le 11/05/2013 à 12:31 :
L'or est échangeable contre des produits ou des services, et il s'échange aisément contre n'importe quelle monnaie papier au monde. Les 8 % de prélèvement libératoire avant 12 ans, ou les 34,5 % d?impôt sur les plus valus réalisés, ne se cumulent pas, c'est soit l'un ou l'autre, et aucun des deux au delà de 12 ans, avec un dégressif dés la troisième année. Il n'est nul besoin de stocker tout son or chez soi, il existe bien d'autres moyens comme buillonvault ou goldbroker, qui permet d'acheter et de vendre son or en temps réel, en cas de besoin. De plus stocke de l'or chez soi est très aisé, l'or ne prend pas de place, il faut juste bien le ranger, et rester discret. Il n'y a aucun taxe pour le vente et l'achat de l'or entre tous les pays européen, et il n'existe Vous n'avez pas besoin d'aller le chercher en dehors de l'Europe, des professionnels s'en occupent parfaitement bien.L'importation ne concerne pas l'acheteur lambda, L'or a 6000 ans d'histoire en tant que monnaie à travers le monde. Donc j'attends toujours que vous nous expliquiez pourquoi les banques centrales achètent et stockent en masse de l'or physique dans leurs coffres, si l'or n'est qu'un placement comme les autres, du type assurance vie, obligations ou autres
Réponse de le 11/05/2013 à 13:19 :
Tous ces arguments sont vrais. Mais en cas de crise grave, l'État peut interdire la détention d'or par les particuliers et rendre obligatoire l'échange dans les Trésorerie du métal contre des bons du Trésor. Impossible ? L'État français l'a déjà fait pendant la révolution et Roosevelt l'a fait aux USA en 1933. Alors l'or ne me parait pas être le placement refuge ultime.
a écrit le 11/05/2013 à 12:22 :
tient ! il y en a un qui est sorti du G 8 ! car avant on l'appelait bien comme ça ! non ? pourquoi G 7 ?
Réponse de le 11/05/2013 à 12:43 :
C'est depuis le départ de Sarko.

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