Japon : les prix montent, Abe sourit, mais les défis restent importants

 |   |  376  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les prix à la consommation ont légèrement augmenté au Japon en juin et semblé apporter de l'eau au moulin du gouvernement Abe, mais l'inflation des tarifs énergétiques pourrait nuire au pouvoir d'achat des ménages. La prochaine étape doit donc être la hausse des salaires.

Seraient-ce les prémices d'une réussite de la lutte contre la déflation entamée par la banque centrale du Japon (BoJ) sous la houlette du Premier ministre Shinzo Abe il y a quelques mois ? Il est peut-être encore un peu tôt pour le dire. Mais une chose est sûre, les prix à la consommation ont augmenté de 0,4% en juin sur un an. Certes, c'est peu, mais il s'agit de la plus forte hausse en cinq ans, et la première depuis plus d'un an.

Inflation importée en attendant les hausses de salaires

Le gouvernement s'est félicité pour ce bon point en expliquant qu'il était le résultat de sa politique. Mais il s'agit essentiellement d'inflation importée pour le moment. C'est à dire que la hausse des prix est surtout le résultat du renchérissement des tarifs énergétiques, et des biens importés dans l'ensemble, suite à la baisse de la valeur du yen. La prochaine étape devant être une hausse des salaires si Shinzo Abe ne veut de la sorte anihiler sa demande intérieure qu'il cherche à relancer. La lutte pour une hausse des salaires est d'ailleurs l'un des objectifs prioritaires de la "troisième flèche" du Premier ministre conservateur pour lutter contre la déflation.

Objectif d'inflation à 2% d'ici deux ans

La déflation constitue en effet une entrave à la croissance de la troisième puissance économique mondiale, car elle dissuade les entreprises d'investir et pousse les consommateurs à reporter leurs achats pour bénéficier de meilleurs tarifs. La BoJ vise une inflation de 2% d'ici à deux ans et a pour y parvenir considérablement assoupli sa politique monétaire en avril. Pour cela, elle a nettement élevé ses achats d'actifs financiers (dont majoritairement des obligations d'Etat) pour doubler en deux ans la base monétaire (l'argent liquide et les réserves obligatoires des banques). Elle espère ainsi inciter entreprises et particuliers à emprunter, investir et consommer, le tout pour enclencher un cycle vertueux de hausse modérée des prix à même de doper la croissance.

LIRE AUSSI Le Japon prépare une révolution culturelle de son modèle économique

LIRE AUSSI Fort de sa victoire électorale, le faucon Shinzo Abe va pouvoir montrer son vrai visage

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/07/2013 à 14:46 :
Abe sous prétexe de consommation intérieure tente de faire face à la charge des retraites que le pays ne peut plus payer tout en réduisant provisoirement (pour 2 ans) sa dette avant que le processus en retour ne prenne une accélération nouvelle. Il finira par le seul contrôle des taux longs comme moyen de gouvernement avec l'émission continue de monnaie pour faire survivre le pays au jour le jour. Car la clé actuelle serait la réorganisation forte des entreprises, cela bouge si peu qu'elles paraissent stagner au regard du tableau menaçant qui s'avance. En réalité elles ne font rien si ce n'est que conduire à l'acharnement les anciennes stratégies de production avant qu'elles ne s'écroulent petit bout par petit bout, produit par produit. Et la liste est longue. Les entreprises japonaises produisent en effet chacune tout type de matériel dans des domaines disparâtes. Issues des anciennes mafias locales elles pillent un territoire dédié et n'entendent pas adopter une stratégie commune. Le nationalisme japonais consistant uniquement à refuser que l'on vienne mettre le nez dans leurs affaires, un peu comme des dealers dans leur quartier. A cettte aune rien ne bouge ou presque et l'agitation gouvernementale n'y peut rien. Il faudrait nationaliser. J'ai évoqué également le boycott des produits japonais comme chantage dans l'intérêt même du pays. Car l'Europe doit-elle accepter la dérive du Japon qui la pénalise ? Je ne le crois pas.
a écrit le 27/07/2013 à 9:24 :
tiens tiens ? , on dirait l'europe des années 70 , dévaluation monétaire , inflation importée sur l'énergie et grognes syndicales pour augmenter les salaires .. cercle infernal , je ne suis pas sur qu'a terme cela soit si génial que cela , pour les entreprises cela signifie que leurs marges vont se contracter car d'un coté l'énergie et de l'autre la masse salariale , étouffant , je doute donc qu'a moyen terme le japon puisse vraiment se gausser d'un succès économique ..
a écrit le 26/07/2013 à 17:16 :
ils vont passer de la deflation a la stagnation, puis a la stagflation... pour augmenter les salaires ft se poser les bonnes questions sur ce qu'on vend, et comment circule les flux... le reste c'est de l'illusion monetaire, et on en paye vite le prix

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :