Liu He, le discret conseiller économique qui préside aux destinées de la Chine

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Liu He, est l'un des économistes les plus puissants de Chine
Liu He, est l'un des économistes les plus puissants de Chine (Crédits : via http://www.lse.ac.uk/)
Cet économiste chinois formé notamment à Harvard a l'oreille du président Xi Jinping. Lors de la prochaine session du XVIIIe congrès du parti communiste, ses propositions pourraient imposer un tournant majeur à l'économie du pays.

Cet homme est peut-être l'un des plus influents de la planète. Liu He, 61 ans, sera l'une des voix les plus importantes de la prochaine session du XVIIIe congrès du parti qui devrait se tenir en novembre.

Une session cruciale car, selon plusieurs observateurs internationaux, elle pourrait être le moment que choisira le nouveau pouvoir pour dévoiler une nouvelle politique économique au poids historique comparable aux réformes de Deng Xiaoping en 1978. 

"Voici Liu He. Il est très important pour moi"

Liu He a été chargé de rédiger un document préparatoire à cette fin, comme l'indique notamment le Sydney Morning HeraldSurtout, directeur depuis mars de la Commission nationale chargé du Développement et de la Réforme (ancien commissariat au plan chinois), il est l'un des conseillers les plus éminents du président Xi Jinping.

Le Wall Street Journal souligne d'ailleurs que les deux hommes étaient camarades de lycée dans les années 1960. Et lorsqu'il le présente à des dignitaires étrangers, le chef de l'Etat chinois annonce simplement : "voici Liu He. Il est très important pour moi", raconte le quotidien financier américain.

Son titre au sein du comité central du PCC a beau lui conférer un rôle équivalent à celui d'un ministre, le principal intéressé rejette pourtant la paternité de la politique économique chinoise. 

"Le directeur Liu He pense qu'il y a beaucoup d'incompréhension sur son rôle dans l'élaboration de la politique économique chinoise. En réalité, les politiques économiques chinoises sont réalisées via un système de décisions collectives, et le rôle joué par chaque individu est plutôt limité", a ainsi répondu son bureau au Wall Street Journal. 

L'artisan de la transition

Une posture modeste en totale contradiction avec ce qu'en disent nombre d'observateurs étrangers. 

"Liu He est la personne clef pour déterminer le type de programme de politique économique qui finira sur le bureau de Xi Jinping", commentait ainsi Barry Naughton, professeur d'économie chinoise à l'université de Californie pour l'agence Bloomberg.

Même constat pour l'ancien président de Morgan Stanley en Chine, Stephen Roach, cité dans le même article: "Liu He est au premier plan pour articuler les impératifs de réformes de la Chine, surtout la transformation structurelle de la croissance vers une un modèle davantage tiré par la consommation intérieure". 

Un penseur "pragmatique" favorable au marche"

C'est justement la transition qui pourrait être présentée en novembre. Dans le détail, ses propositions incluent un processus de libéralisation du secteur bancaire, l'autorisation pour les compagnies privées d'investir dans certains secteurs contrôlés par des entreprises publiques, ou encore l'ouverture progressive du marché des ressources naturelles et de l'énergie, d'après le New York Times, qui cite des sources proches du dossier. 

Un projet en ligne avec les positions défendues depuis plusieurs années par ce diplômé de Harvard et de l'université catholique de Seton Hall dans le New Jersey.  "La Chine doit changer son mode de développement plus vite", écrivait par exemple Liu He en 2011 dans l'un des 200 articles qu'il a écrit, dont trois ont reçu la plus haute distinction scientifique du pays.

L'économiste est décrit comme "pragmatique" par plusieurs spécialistes de la politique chinoise, dont Cheng Li, membre de la Washington Brookings Institution qui décrivait en 2009 pour Bloomberg un "penseur très sophistiqué, très analytique".

 A noter toutefois, cette transition économique ne présume en rien d'une révolution politique ou d'avancées démocratiques. Dans l'un de ses quatre livres, Liu He écrit ainsi que la Chine a trouvé une "zone grise" vers économie de marché sans copier "aveuglément" les modèles occidentaux, souligne l'agence Bloomberg. 

Des réunions informelles

Sa méthode? Organiser des rencontres entre économistes, banquiers, membres du gouvernement pour plancher sur tous les dossiers économiques (retraites, valeur du yuan etc.) selon un économiste chinois ayant participé à ces rencontres cité par Bloomberg. Les discussions y seraient "libres et dépourvues de contenu idéologique". 

Liu He pratique le même type d'activités de façon moins officieuse au sein d'un think tank, le "forum 50 des économistes chinois" fondé en 1998 a pour but de traduire les recherches économiques en solutions politiques. 

Reste a savoir si, au sein du Politbureau, ses solutions pour une transition vers un modèle privilégiant la consommation intérieure seront finalement, écoutées. 

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Pour aller plus loin: 

>> 

Le Parti communiste chinois impose une ligne rouge à la libéralisation de l'économie

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Commentaires
a écrit le 08/10/2013 à 2:10 :
Monsieur He,

Ne pas vendre les bons du Trésor américain, s'il vous plaît.

Vous en remerciant à l?avance, je vous prie d?agréer, Monsieur He, mes salutations distinguées.

Ben Bernanke

P.-S. Veuillez cesser d'acheter l'or.
a écrit le 07/10/2013 à 23:41 :
article interressant , voilà un homme qui comprend que l'export ne fait pas tout et les degats sociaux d'une protection trop minimaliste , il faut donc élever le niveau de vie des chinois , enfin pourrait'on dire mais cela se fera pas sans heurts vu que la chine ne veut pas copier les modèles occidentaux , une sorte de deuxième voie ? , la tache sera rude car il ne suffira pas de convaincre qu'un homme , vu que le régime est sur la défensive depuis le début de la crise des supprimes , pas sur qu'il soit ecouté a 100% , mais si il peut faire diminuer certaines choses au profit de tous ( chinois et occidentaux ) ce sera quand meme positif .esperons qu'il ne sera pas limogé au nom de convoitises de certains ..
a écrit le 07/10/2013 à 22:13 :
Pour connaître quelques asiatiques, je sais que ce qui nous est servi, par cet article, est du commercial à peu près équivalent à ce que peuvent faire les ricains. Rien de plus. Lequel d'entre eux gagnera la bataille idéologique ... ? Aucun. La preuve : la situation actuelle, soit, les faits.
a écrit le 07/10/2013 à 19:44 :
la chine a 3 gros problemes la valeur de sa monaie ,? et comme il le dissent eux meme la redistribution de la richesse crees part tout pour tous ; est devrons eux aussi donnez une couverture sociale pour leur peuples ; qu en il aurons reussie cela il seront rentre dans la cours des grand pays humanitaire du 21 siecles
a écrit le 07/10/2013 à 16:55 :
61 ans ? Il en fait 40 à tout casser...
Réponse de le 08/10/2013 à 5:27 :
Né le 25 janvier 1952.

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