Tim Cook (Apple) mène campagne contre les discriminations envers les homosexuels

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Tim Cook, le PDG d'Apple, a demandé aux élus du Congrès américain de voter une loi favorisant la protection des salariés homosexuels contre les discriminations / Reuters.
Tim Cook, le PDG d'Apple, a demandé aux élus du Congrès américain de voter une loi favorisant la protection des salariés homosexuels contre les discriminations / Reuters.
Tim Cook, le PDG d'Apple, a publié une tribune, dimanche, dans le Wall Street Journal appelant les élus du Congrès américain à voter pour le Employement Nondiscrimination Act, présenté au Sénat cette semaine. Si cette loi est validée, elle rendra illégales les discriminations liées à l'orientation sexuelle des salariés.

Il a pris la plume pour défendre le droit des salariés homosexuels. Le PDG d'Apple, Tim Cook a publié, dimanche, une tribune dans le Wall Street Journal appelant les sénateurs et représentants américains à valider le Employement Nondiscrimination Act (ENDA), présenté cette semaine au Sénat. Si elle est votée, cette loi interdira toutes discriminations liées à l'orientation sexuelle des employés dans les entreprises de plus de 15 salariés.

"La politique anti-discriminatoire d'Apple va au-delà des protections dont bénéficient les travailleurs grâce à la loi fédérale, parce que nous interdisons les discriminations contre nos employés gays, bisexuels ou transgenres", a souligné le successeur de Steve Jobs dans cette tribune dans laquelle il ne mentionne pas sa propre homosexualité.

Tim Cook, homosexuel le plus influent des États-Unis

"Depuis trop longtemps, trop de gens ont eu à cacher une partie de leur identité au travail. Ceux qui ont souffert de discriminations ont payé le prix de ce manque de protection juridique (…) Le Congrès devrait saisir l'opportunité de combattre cette intolérance en approuvant le ENDA", a insisté Tim Cook, 53 ans, désigné, en 2012, personnalité homosexuelle la plus influente des États-Unis par le magazine américain Out (l'équivalent de Têtu).

Aujourd'hui, outre-Atlantique, des personnes peuvent encore être renvoyées à cause de leur orientation sexuelle sans pouvoir poursuivre leur employeur. Même si certains États ont légiféré en leur faveur sur la question, la loi fédérale ne punie toujours pas les entreprises qui refuseraient d'embaucher un candidat gay, bisexuel ou transgenre.

Barack Obama, premier défendeur du ENDA

Le président démocrate Barack Obama a également publié une tribune, dimanche, dans la version américaine du Huffington Post. Il avait déjà marqué les esprits en déclarant lors de sa seconde investiture : "Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos frères et sœurs homosexuels ne seront pas traités comme tout le monde par la loi"

Barack Obama réclamant l'égalité pour les homosexuels :
 

 

"Aujourd'hui encore, en 2013, dans de nombreux États, une personne peut être renvoyée simplement parce qu'elles est lesbienne, gay, bisexuelle ou transgenre. Par conséquent, des millions d'Américains LGBT vont travailler, chaque jour, avec la peur de perdre leur travail, non pas parce qu'ils ont fait quelque chose de mal, mais simplement pour qui ils sont", a insisté le chef de l'État. "C'est offensant, c'est mal. Et il faut que ça s'arrête", a-t-il martelé.

Les Républicains réservés

Si le ENDA devrait être approuvé par le Sénat, à majorité démocrate, il devra encore vaincre les réticences de nombreux élus républicains de la Chambre des représentants (à majorité républicaine). Le président de la Chambre, John Boehner a déjà déclaré qu'il était contre : "Le Speaker pense que cette législation augmentera les procès frivoles et coûtera des emplois, spécialement dans les petites entreprises", a déclaré son porte-parole, Michael Steel au site Politico.

L'homosexualité reste encore un sujet tabou aux États-Unis. En 2011, le Sénat a abrogé la loi "Don't tell, don't ask", instaurée par le démocrate Bill Clinton en 1993. Grâce à cette loi, l'armée s'engageait à ne pas questionner ses salariés sur leur orientation sexuelle, mais leur imputait par contre de ne pas révéler leur préférence sexuelle à leurs collègues.

A l'époque, le président américain avait choisi cette solution pour permettre aux homosexuels de s'engager dans l'armée. Chose qui leur était jusqu'alors interdite. Désormais, ils ont le droit d'y travailler sans avoir à cacher leur vie privée.

Des discriminations interdites en France

En France, les discriminations liées à l'orientation sexuelle des salariés sont interdites par la loi L. 1132-1 du Code du travail. Ce qui n'empêche pas les homosexuels d'être encore victimes de discriminations salariales. Selon une enquête réalisée par le centre d'étude des politiques économiques de l'université d'Évry, publiée en 2010 dans Libération, les homosexuels hommes gagneraient 6,5% de moins que leurs collègues hétéros dans le secteur privé et 5,5% de moins dans le public. A l'inverse, les femmes lesbiennes empocheraient 2% de plus que leurs collègues hétéros. 

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Commentaires
a écrit le 06/11/2013 à 11:55 :
Le Tim Cook, il est tellement discriminé qu'il est patron de la première capi mondiale avec un salaire de plusieurs dizaines de millions par an.
Allez mon Tim continue à nous prendre pour des quiches...
a écrit le 06/11/2013 à 9:37 :
Le communautarisme en action! On ne se mélange pas! On recherche la discrimination positive, la subvention et la publicité!
Réponse de le 06/11/2013 à 16:15 :
Où voyez-vous de la discrimination positive ?
On parle de lutte contre les discriminations ici.
Vous avez quelque chose contre ça ?
Réponse de le 06/11/2013 à 16:51 :
@LaMingue

Un "grand" patron homo fait du lobbying pour la mise en place d'une loi sur mesure pour sa propre communauté. C'est aussi contestable que les lois clientélistes contre la négation de la shoah ou du génocide arménien. Pourquoi pas une loi contre la discrimination à l'embauche des personnes avec un lourd casier judiciaire?
Réponse de le 06/11/2013 à 17:42 :
Entièrement d'accord, ce communautarisme est éminemment nuisible.
Le plus comique c'est quand un multimilliardaire vient nous la jouer discriminé...

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