Egalité ? Vous avez dit égalité, en France ?

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(Crédits : La Poste)
Le Gender Gap Report 2013 classe la France à la 45ème place en terme d'égalité femmes/hommes. C'est beaucoup mieux qu'en 2012, mais on est très loin du compte. Les prochaines élections locales sont une formidable occasion de redorer le blason égalitaire du pays des droits de l'homme... et de la femme.

Le World Economic Forum vient de publier The Gender Global Gap Report 2013. Chaque année, ce baromètre, réalisé par Harvard et Berkeley, radioscopie depuis 2006, à l'échelle planétaire, l'avancée ou le recul de l'égalité entre les femmes et les hommes, par pays et par domaine (économique, politique, éducation, santé…).

Résultat ? Tout d'abord quand on est une femme, pour vivre bien, dans une société égalitaire, mieux vaut aimer les températures fraiches et les grands paysages balayés par la pluie, le vent et la neige. Le nord de l'Europe caracole en tête. Indétrônable, l'Islande conserve sa première place. Elle est suivie de près, en ordre décroissant, par la Finlande, la Norvège et la Suède. Les Philippines, l'Irlande, la Nouvelle Zélande, le Danemark, la Suisse et le Nicaragua s'arrogent les places suivantes dans le top 10. La Belgique est 11ème, l'Allemagne 14ème, le Royaume-Uni 18ème, les Etats-Unis 23è, l'Espagne 30ème.

Et nous ? Et bien, nous sommes à la 45ème place. Les statistiques se lisent de mille et une manières. Soit, on se satisfait : youpi ! Nous avons fait une remontée spectaculaire. Car, en 2012 nous étions en bas du tableau à la 57ème place (le gouvernement paritaire, l'entrée à l'Assemblée Nationale des députées socialistes ont joué en notre faveur). Et nous obtenons de très bons résultats en matière d'éducation et d'accès à la santé. Soit on se lamente : en listant tous les pays, peu réputés pour leur politique progressiste qui nous devancent. C'est à dire, la Namibie, le Panama, la Mongolie, le Kazakhstan, l'Equateur, la Bolivie, le Cap Vert, etc. De même, si on remonte un peu plus dans le temps, en 2008, nous étions à la 15ème place. Rien de très glorieux donc.

Le pays des droits de l'homme n'est pas encore celui des droits de la femme, ou tout du moins celui des droits de l'homme et de la femme à parts égales. Il est vrai que si dans notre constitution, l'Etat français favorise l'égalité, contrairement à la Déclaration universelle des droits de l'homme dans son article III, signée à Paris le 10 décembre 1948, elle ne la garantit pas. Faudra-t-il en passer par là ?

Les efforts et la politique mis en œuvre par Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes, sont à saluer. Dans un contexte de crise et de restrictions budgétaires, elle fait bouger les lignes, multiplie les actions, en particulier avec le projet de loi en cours de discussion au Parlement et les injonctions faites aux entreprises. Elle attire et fait converger en son ministère les initiatives. Mais cela sera-t-il suffisant pour redorer notre blason égalitaire et hisser notre pays vers le haut du palmarès, au premier plan européen, là, où il devrait être ? Chacun doit faire sa part.

Les prochaines élections municipales, le 23 et 24 mars prochains, constituent en ce sens une opportunité formidable. Les communes de plus de 1000 habitants (contre 3500 aujourd'hui) ont désormais obligation de présenter des listes paritaires. L'enjeu est considérable. Rappelons qu'actuellement, seulement 13,8 % des maires français sont des femmes. Contre 35 % des conseillères municipales, 13,9 % des conseillères générales. Et 48 % des conseillères régionales. Bonne nouvelle également, on compte 44,4 % de députées françaises au Parlement Européen. L'argument selon lequel les femmes ne veulent pas s'engager de peur de ne pouvoir combiner vie professionnelle et vie personnelle, ne tient pas. Pourquoi seraient-elles prêtes à se rendre chaque semaine à Strasbourg (ou Bruxelles), à parcourir, pour certaines, près d'une centaine de kilomètres en voiture pour débattre dans les conseils régionaux mais pas à prendre des responsabilités de premier plan, près de chez elles, dans les mairies ?

La récente étude de McKinsey, présentée la semaine dernière au Women's Forum 2013, l'a montré : les femmes sont conscientes des efforts à mener pour réussir ; elles veulent  s'engager pleinement. Reste à leur céder du terrain. Et pas seulement des places de second ordre. Les tenants du cumul des mandats et les conservateurs qui s'accrochent à leur siège en seront pour leurs frais. Partout dans le monde, la revendication égalitaire progresse, ce n'est pas un thème à la mode, mais un vrai phénomène de société et un changement d'époque. La légitime demande des jeunes générations et des femmes de la classe moyenne, éduquées, à la justice sociale. Marie Curie, Simone de Beauvoir, Eleanor Roosevelt, Christine Lagarde, Angela Merkel, et tant d'autres, demeurent-elles d'incurables potiches en jupon ? Au nom de quel principe aurions nous dû ou devrions nous nous priver de leur intelligence ? C'est absurde. Soyons en convaincus, nous avons tout à gagner de profiter de la totalité de l'intelligence humaine.

 

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Commentaires
a écrit le 28/10/2013 à 17:38 :
Vos droits de l'homme en "bannières "ne sont pas ceux de la femme . Vous dites que ce n'est pas une question de sexe et pourtant vous faites la différence en comparant les femmes à un groupe social qu'elles ne sont pas parce qu'elles sont simplement l'autre moitié de l'humanité et c'est bien cela la parité. Le système de quotas impose un objectif chiffré en vue d?une représentation équilibrée des femmes et des hommes. Ce système est une action positive, temporaire, en vue d?atteindre une égalité de fait. Pour assurer l?effectivité des droits.Il faut assurer des mesures décisives en matière d?égalité professionnelle, de garantie contre les impayés de pension alimentaire, de protection des femmes victimes de violences et pour la généralisation de la parité. Les objectifs sont de: mieux partager les responsabilités parentales pour permettre aux femmes comme aux hommes d?articuler vie personnelle et vie professionnelle ; lutter contre la précarité des femmes, notamment celle des mères isolées, dont un tiers vit aujourd?hui sous le seuil de pauvreté ; lutter contre toutes les formes de violence faiteaux femmes et leur garantir une
égale dignité dans la société; concrétiser l?objectif constitutionnel de parité dans les mandats électoraux et fonctions électives, ainsi que pour l?accès aux responsabilités professionnelles et sociales
a écrit le 27/10/2013 à 13:14 :
Je rejoins Realityshow.

Égalité oui, parité non.
a écrit le 26/10/2013 à 11:37 :
La notion d'égalité est détournée de son sens premier. L'égalité des droits de l'homme revendique les mêmes droits juridiques pour tous les individus, qu'ils soient hommes, femmes, ou les deux, ou blanc, jaunes, noir, marron, rouge, grands, petits.... Rien à voir avec le sexe, qui est une forme de réduction des droits de l'Homme. Pour le reste, chacun est libre de se faire une place dans la société en fonction de ses qualités. Et revendiquer une répartition égalitaire est étrange dans un monde ou les qualités individuelles sont censées être le critère d'une juste sélection, indépendante du sexe et des origines. Dans la même logique qu'une répartition égalitaire homme-femme, pourquoi ne pas non plus demander une meilleure répartition selon les autres critères discriminants ?

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