La Chine enregistre une baisse inattendue d'un indice manufacturier

Romain Renier

Romain Renier
Les signaux positifs venant de Chine ont rassuré ces derniers mois. D'autant plus que le président Xi Jinping a promis, à l'issue d'un plenum du Parti communiste chinois (PCC) qualifié d'historique par les observateurs, des réformes visant à renforcer la qualité de la croissance chinoise.
Mais cet optimisme de mise est remis en cause ce lundi par la publication d'un indice des directeurs d'achats dans l'industrie manufacturière bien en dessous des attentes. A 50,5 en décembre, l'indice des achats par les managers de HSBC est en effet bien en dessous des 50,9 attendus. Le mois dernier il s'établissait à 50,8.
Bien qu'il ne soit encore que provisoire, ce chiffre décevant est de nature à relancer les débats sur la capacité du président Xi Jinping, de réformer la deuxième économie mondiale sans provoquer un ralentissement de l'économie qui pourrait être fatale au PCC, et désastreuse pour l'économie mondiale.
"La lecture de cet indice confirme notre sentiment que la croissance chinoise décélère déjà", explique à Bloomberg Dariusz Kowalczyk, économiste sénior et stratégique chez Crédit Agricole CIB Hong Kong. Selon lui, celle-ci ne dépassera pas les 7,2% en 2014, après 7,7% attendus en 2013.
7,2%, c'est précisément la croissance nécessaire pour créer suffisamment d'emplois et garantir la paix sociale dans le pays, avait souligné le Premier ministre Li Kepiang le 5 novembre dernier dans un entretien au quotidien du peuple. Si la tendance pressentie par l'économiste de Crédit Agricole CIB venait à se confirmer, la deuxième économie mondiale ne disposerait plus d'aucune marge de manoeuvre.
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Or des marges de manoeuvre, c'est ce dont a besoin le président Xi Jinping pour assainir une économie qui tourne en déséquilibre à grande dose de crédit depuis que Pékin a tenté de soutenir son activité face au ralentissement mondiale de 2009.
Son objectif est notamment d'assainir le système financier en réduisant l'afflux de liquidités vers les gouvernements locaux et les entreprises d'État pour assurer une meilleure allocation des ressources vers les entreprises privées, tout en réduisant les surcapacités dans des secteurs moteurs de la croissance du pays. Mais cela ne pourra se faire sans créations d'emplois suffisantes.
Mais tous les analystes ne sont pas pessimistes. Wang Tao, économiste chez UBS AG à Hong Kong, maintient par exemple pour sa part une prévision de croissance à 7,6% pour l'an prochain. Une lecture complète de l'indice de HSBC sera dévoilée début janvier. Ce qui permettra de mieux apprécier la solidité du rebond chinois perçu ces derniers mois.
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