La Chine enregistre une baisse inattendue d'un indice manufacturier

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Les marges de manoeuvre risquent d'être limitée pour le président chinois Xi Xinping, qui veut réformer en profondeur l'économie de son pays. (Photo : Reuters)
Les marges de manoeuvre risquent d'être limitée pour le président chinois Xi Xinping, qui veut réformer en profondeur l'économie de son pays. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
L'indice HSBC des directeurs d'achats est tombé à 50,5 en décembre, contre 50,9 attendus, et après 50,8 en novembre. Une décélération de l'économie chinoise pourrait compliquer la mise en place des réformes promise par Pékin pour stabiliser l'avenir du pays.

Les signaux positifs venant de Chine ont rassuré ces derniers mois. D'autant plus que le président Xi Jinping a promis, à l'issue d'un plenum du Parti communiste chinois (PCC) qualifié d'historique par les observateurs, des réformes visant à renforcer la qualité de la croissance chinoise.

Mais cet optimisme de mise est remis en cause ce lundi par la publication d'un indice des directeurs d'achats dans l'industrie manufacturière bien en dessous des attentes. A 50,5 en décembre, l'indice des achats par les managers de HSBC est en effet bien en dessous des 50,9 attendus. Le mois dernier il s'établissait à 50,8.

Crainte d'un ralentissement chinois

Bien qu'il ne soit encore que provisoire, ce chiffre décevant est de nature à relancer les débats sur la capacité du président Xi Jinping, de réformer la deuxième économie mondiale sans provoquer un ralentissement de l'économie qui pourrait être fatale au PCC, et désastreuse pour l'économie mondiale.

"La lecture de cet indice confirme notre sentiment que la croissance chinoise décélère déjà", explique à Bloomberg Dariusz Kowalczyk, économiste sénior et stratégique chez Crédit Agricole CIB Hong Kong. Selon lui, celle-ci ne dépassera pas les 7,2% en 2014, après 7,7% attendus en 2013.

La stabilité chinoise requiert au mois 7,2% de croissance

7,2%, c'est précisément la croissance nécessaire pour créer suffisamment d'emplois et garantir la paix sociale dans le pays, avait souligné le Premier ministre Li Kepiang le 5 novembre dernier dans un entretien au quotidien du peuple. Si la tendance pressentie par l'économiste de Crédit Agricole CIB venait à se confirmer, la deuxième économie mondiale ne disposerait plus d'aucune marge de manoeuvre.

Or des marges de manoeuvre, c'est ce dont a besoin le président Xi Jinping pour assainir une économie qui tourne en déséquilibre à grande dose de crédit depuis que Pékin a tenté de soutenir son activité face au ralentissement mondiale de 2009.

La stabilisation de l'économie chinoise ne peut se faire qu'au prix d'un ralentissement

Son objectif est notamment d'assainir le système financier en réduisant l'afflux de liquidités vers les gouvernements locaux et les entreprises d'État pour assurer une meilleure allocation des ressources vers les entreprises privées, tout en réduisant les surcapacités dans des secteurs moteurs de la croissance du pays. Mais cela ne pourra se faire sans créations d'emplois suffisantes.

Mais tous les analystes ne sont pas pessimistes. Wang Tao, économiste chez UBS AG à Hong Kong, maintient par exemple pour sa part une prévision de croissance à 7,6% pour l'an prochain. Une lecture complète de l'indice de HSBC sera dévoilée début janvier. Ce qui permettra de mieux apprécier la solidité du rebond chinois perçu ces derniers mois.

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Commentaires
a écrit le 16/12/2013 à 10:56 :
Eventuellement ce n'est pas le moment pour investir en Chine? L'automobile français a l'honneur d'être au moins anticyclique! Quel courage!
Mais lorsque il s'agit de déceptions, pourquoi exclure l'économie française? Je cite la presse française (hors LT): "Les seuls grands rendez-vous du jour sont constitués des statistiques d’activité PMI de décembre un peu partout dans le monde. Ils ont rassuré dans l’industrie en Allemagne mais également pour la zone euro dans son ensemble. Ils ont au contraire déçu en Chine et en France. Dans l’UEM, l’indice PMI flash composite s’est ainsi établi à 52,1 en décembre, contre 51,7 points en novembre et un consensus de 51,9 points. La composante manufacturière est notamment au plus haut depuis mai 2011. En Allemagne, le composite ressort à 55,2 points, contre 55,4 en novembre. Il ressort surtout au-delà des attentes dans l’industrie, à 54,2 points contre 53 anticipé par les économistes.
Déception au contraire en Chine. L’indice, tel que calculé par HSBC pour le secteur manufacturier, s’est ainsi tassé de 0,3 point, à 50,5, s’affichant à un plus bas de trois mois. Il était anticipé par le consensus en légère augmentation, à 50,9 points. La croissance des nouvelles commandes et celle de l’export ont accéléré mais l’emploi et les stocks ont ralenti.
L’écart se creuse entre la France et l’Allemagne
En France, les chiffres sont également inférieurs aux attentes. Selon les premières estimations publiées par Markit, l'indice PMI composite, qui combine l'industrie et les services, s'est inscrit à 47 points contre 48 en novembre. La contraction s'est notamment accentuée dans le secteur manufacturier, la composante correspondante reculant à un plus bas de sept mois à 47,1, là où les économistes anticipaient un niveau de 49,1. Ces données « dressent un tableau inquiétant de l'économie française en cette fin d'année 2013, commente Andrew Harker, économiste de Markit, une moins grande frilosité des clients s'avère essentielle pour éviter un nouveau recul prolongé de l'activité des entreprises du secteur privé français en 2014. » "
Réponse de le 17/12/2013 à 11:28 :
Contrediriez-vous ''moi je'' qui nous assure que tout va de mieux en mieux et que la politique de déconstruction engagée depuis 1 an 1/2 commence à porter ses fruits ?

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