La banque centrale turque n'arrive pas à soutenir sa monnaie

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La livre turque continue sa dégringolade malgré les interventions temporaires de la banque centrale du pays, jugées insuffisantes par les marchés (Photo : Reuters)
La livre turque continue sa dégringolade malgré les interventions temporaires de la banque centrale du pays, jugées insuffisantes par les marchés (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
La livre turque a accéléré jeudi sa dégringolade face au dollar et à l'euro malgré la première intervention directe de la banque centrale en deux ans, signe de l'inquiétude croissante des marchés face à la persistance de la crise politique en Turquie.

La livre turque (LT) a encore accéléré sa chute jeudi en battant de nouveaux records de faiblesse face au dollar et à l'euro, incitant la Banque centrale de Turquie à intervenir directement sur les marchés pour la première fois depuis deux ans.

En début de séance, la devise turque a franchi la barre des 2,29 LT pour un dollar et 3,11 LT pour un euro, avant de se reprendre sitôt l'entrée en scène de la Banque centrale, puis de rechuter à nouveau pour s'échanger à 2,30 LT pour un dollar et 3,13 LT, nouveaux plus bas historiques.

Intervention directe sur les marchés

Jusqu'à présent, la Banque centrale avait privilégié les injections de liquidités par voie d'adjudication, à la hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars par jour, pour essayer d'enrayer la chute de la monnaie nationale, affectée par le scandale politico-financier qui éclabousse depuis plus d'un mois le régime islamo-conservateur turc.

"C'est la première fois depuis janvier 2012 que la Banque centrale intervient directement sur les marchés en demandant directement aux banques de vendre des devises", a expliqué à l'AFP Deniz Cicek, économiste à la Finansbank.

Mercredi, les autorités turques ont vendu pour l'équivalent de 2,5 milliards de dollars de bons du Trésor à dix ans.

Crise politique

Contre l'avis des marchés, la Banque centrale turque a décidé mardi de maintenir inchangés ses principaux taux d'intérêt, sous la pression du gouvernement turc qui souhaite éviter tout impact sur la croissance et de creuser les déficits publics, qui tournent actuellement autour de 7% du produit intérieur brut (PIB).

La livre a perdu plus de 10% depuis le début de cette crise. Déjà victime depuis l'été des craintes de resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), la monnaie turque a accéléré sa chute depuis la mi-décembre, en raison de la crise politique suscitée par le vaste scandale de corruption qui éclabousse le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002.

Malgré les assurances du gouvernement, de nombreux analystes et les milieux économiques tablent sur une poursuite de la chute de la monnaie turque et ont déjà révisé à la baisse l'objectif de croissance fixé à 4% pour 2014 par le gouvernement. Les analystes pronostiquent également que la monnaie turque pourrait continuer jusqu'au niveau de 2,35 LT pour un dollar d'ici un an.

 

 

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a écrit le 24/01/2014 à 9:50 :
Le fait que la Turquie ait eu et a encore une croissance importante, le fait qu'elle exporte et le fait que tout s'améliore depuis la venue d'Erdogan n'empeche en rien mon commentaire précédent sur le fait que la Turquie est le siège d'une énorme bulle immobilière analogue aux subprimes doublée d'investissements hasardeux sur des projets pharaoniques et la corruption du pouvoir, d'ailleurs démasquée actuellement par la justice. Les investisseurs internationaux partent et les nationaux commencent a exfiltrer leur argent(comme les grecs.) .L'arrogance et l'esprit dominateur de M Erdogan étaient tolérés tant que l'économie s'améliorait, qu'en sera t'il demain? Les Turcs qui ont le sentiment d'avoir beaucoup travaillé pour la croissance soutiendront ils le Erdogan de l'expansion économique, ou le Erdogan de la crise? Le tournant actuel est décisif.
D'ailleurs tous les pays emergents sont à un tournant, car si la croissance est profitable , pour un pays comme pour une société commerciale, c'est dans les croissances les plus fortes que surviennent les crises les plus violentes.
a écrit le 24/01/2014 à 9:01 :
En moins de 10 ans (depuis la venue d’Erdogan), la Turquie est devenue le 2eme contractor de travaux de genie civil apres la Chine. C’est eux qui ont Chassé Bouygues et vinci d’Afrique, du Moyen orient et d’asie. Les contractors Turque sont premiers en Russie, En Europe de l’est, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie mineur… en gros là ou il y a de la croissance.
Réponse de le 27/01/2014 à 12:57 :
Là elle est partie pour se radicaliser, comme beaucoup de pays dirigés par des pseudo religieux doctrinaires. Si ça continue comme en 2013 ça finira mal, malgré les réussites du début de mandat (ou Erdogan se disait relativement libéral). Sans compter l'idée de génie d'implanter des centrales nucléaires en zone sismique.
a écrit le 23/01/2014 à 22:16 :
Celui qui juge le premier ministre turc d arrogant et dominateur je voudrais lui rappeler que ce ministre a fait evoluer le pouvoir de la Turquie dans tout le monde entiers et Il a egalement fait des projets dont lesquelles malheureusement pour vous aucun pays europeens a pu faire ou meme imaginer donc avant de juger apprener a accepter le pouvoir de la Turquie qui evolue et le manque que votre Pays...pauvre France!!!
a écrit le 23/01/2014 à 22:16 :
Celui qui juge le premier ministre turc d arrogant et dominateur je voudrais lui rappeler que ce ministre a fait evoluer le pouvoir de la Turquie dans tout le monde entiers et Il a egalement fait des projets dont lesquelles malheureusement pour vous aucun pays europeens a pu faire ou meme imaginer donc avant de juger apprener a accepter le pouvoir de la Turquie qui evolue et le manque que votre Pays...pauvre France!!!
a écrit le 23/01/2014 à 21:12 :
Les pauvres turcs appauvris par le systeme dollar euro.Si leur monnaie s'affaiblit trop, ils risquent de quitter le systeme FMI et rejoindre la Russie...Pourquoi les appauvrir et garder l'euro et le dollar si forts ?
Réponse de le 24/01/2014 à 8:49 :
Grace a Erdogan, la Turquie a payé toutes ses dettes aupres du FMI, Au contraire maintenant c'est la Turquie qui prête au FMI. Tapez just FMI turquie sur Google ...
a écrit le 23/01/2014 à 20:18 :
La croissance de la Turquie est basée sur la construction appuyée sur une bulle immobilière financée par des prets familiaux sur 4 ou 5 salaires pendant 30 ans et sous condition d'adhesion à l'AKP. Cette gigantesque affaire de subprime a permis a des proches d'Erdogan de s'enrichir et d'investir sur des projets megalomaniaques ( canal du bosphore, plus grand aeroport du monde etc....) une fuite en avant qui s'arretera quand on ne vendra plus de logements et que les travailleurs seront de ce fait au chomage. Les Banques internationales ont gagné sur la croissance et ont maintenant tout vendu, le pays peut s'ecrouler sur ses illusions de domination du monde musulman. Et la Turquie se retrouve seule, les pays arabes ne soutiendront pas ce premier ministre arrogant et dominateur et n'etant pas membre de l'europe, pas de soutien financier à attendre. Cà devrait faire réflechir les anti-euro, dans la difficulté, la speculation contre la livre turque va serieusement aggraver les choses, et une banque centrale nationale n'y peut rien!
Réponse de le 23/01/2014 à 20:58 :
analyse de bistro
Réponse de le 23/01/2014 à 21:10 :
@ pauvre France....
Quand la grenouille cherche à se faire aussi grosse que le boeuf....pchit .
Réponse de le 23/01/2014 à 21:38 :
@pauvrefrance Non ce n'est en rien une analyse de Bistro, si vous connaissez la Turquie (ce qui ne semble pas être le cas à en jugez par le creux du commentaire) vous saurez que c'est exactement ce que traverse le pays.
Réponse de le 24/01/2014 à 0:25 :
"pauvre turquie" a raison, la croissance turque s'apparente de plus en plus à la bulle immobilière qu'a connu l'Espagne. Vu comment ça s'est terminé outre Pyrénées, l'avenir des Turcs n'est pas très réjouissant!
a écrit le 23/01/2014 à 20:06 :
Vous aussi, tout comme-moi, vous avez sûrement envie de payer des impôts aussi pour la Turquie ? Vite ! Faisons la entrer dans l'Europe, et qu'ainsi le rêve américain de tuer définitivement l'euro se réalise enfin, afin de restaurer la gloire de feu le roi dollar (aujourd'hui monnaie de singe).
a écrit le 23/01/2014 à 19:42 :
La Livre turque baisse alors que la Turquie a une croissance de "seulement" 4%. Et l'Euro monte alors que même les champions européens comme l'Allemagne auront une croissance "triomphale" de 1%. Quelle logique!
Réponse de le 23/01/2014 à 21:21 :
En comparant les économies nationales à des voitures, l'Europe roule à 200 km/h alors que la Turquie atteint péniblement les 90...

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