La déflation japonaise s'est apaisée en 2013, le chômage au plus bas depuis 5 ans

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Shinzo Abe veut mettre un terme à la déflation dans l'économie japonaise. (Reuters/Mahmad Asood)
Shinzo Abe veut mettre un terme à la déflation dans l'économie japonaise. (Reuters/Mahmad Asood) (Crédits : Reuters/Ahmad Masood)
Une série d'indicateurs publiés dans la nuit de jeudi à vendredi semblent témoigner d'une amélioration de l'économie japonaise. Déflation en baisse, chômage au plus bas... Les chiffres en détail.

Le volontarisme du Premier ministre japonais est-il en train de payer ? Arrivé au pouvoir il y a un peu plus d'un an, Shinzo Abe a fait adopter au début 2013 un plan public de relance équivalant à plus de 70 milliards d'euros, pour doper l'activité du pays.

Début octobre, le chef du gouvernement a promis un plan de soutien supplémentaire à l'économie de quelque 35 milliards d'euros, dont le versement s'étalera de janvier 2014 à mars 2015, pour atténuer les effets négatifs sur la croissance d'une hausse de la taxe sur la consommation en avril prochain.

En attendant, les indicateurs économiques rendus publics dans la nuit de jeudi à vendredi laissent envisager une amélioration du climat des affaires au Japon.

  • Progression des prix à la consommation

Le gouvernement a annoncé que les prix à la consommation, hors ceux des produits périssables, avaient progressé de 0,4%, une première depuis 2008. La crise financière internationale avait en effet fait rechuter l'économie japonaise dans la déflation, qui décourage l'investissement. En décembre, ces prix ont même progressé de 1,3% sur un an.

Selon l'AFP, la prudence s'impose toutefois face à cette augmentation statistique qui provient en bonne part d'une hausse des tarifs de l'énergie (électricité, gaz, essence). Les hydrocarbures dont a besoin le Japon, a fortiori depuis l'accident de Fukushima qui a entraîné l'arrêt du parc nucléaire, sont importés nettement plus chers à cause de la dépréciation du yen.

La monnaie japonaise s'est en effet dévalorisée d'environ un quart face au dollar et à l'euro l'an passé, en raison d'un assouplissement monétaire considérable de la politique de la Banque du Japon qui veut créer une inflation vertueuse de 2%.

  •  Le taux de chômage au plus bas depuis six ans

Le taux de chômage au Japon a diminué à 3,7% en décembre contre 4,0% en novembre, son plus bas niveau depuis six ans, a annoncé le gouvernement. En décembre, on recensait 2,25 millions de chômeurs au Japon, soit 13,1% de moins qu'un an plus tôt, pour une population au travail en augmentation de 1,5% à 63,19 millions d'individus.

Le marché du travail s'est encore détendu et on comptait 103 offres d'emplois pour 100 demandes dans l'archipel, contre 100 offres pour 100 demandes en novembre. L'ampleur du taux de chômage, particulièrement bas au Japon ces derniers mois, doit toutefois être nuancée par la méthode de comptabilisation officielle, qui considère que les personnes effectuant très peu d'heures de travail ne sont pas chômeuses.*

  • La consommation des ménages en hausse de 0,7% sur un an

 +0,7% en décembre sur un an : la consommation des ménages a été tirée par des achats nettement plus importants de voitures et de produits électroménagers avant la hausse d'une taxe sur la consommation.

Les achats des particuliers représentent un moteur important de l'activité. Cet indicateur est particulièrement suivi actuellement en raison d'une augmentation en avril de la taxe sur la consommation (équivalente à la TVA française), qui passera de 5% à 8%, ce qui risque d'influer sur le comportement des ménages avant et après.

Un surcroît d'achats est attendu avant la hausse de cet impôt indirect, car les consommateurs voudront profiter au maximum du taux relativement bas actuel, notamment pour des acquisitions de biens durables. En décembre, les ménages ont ainsi acheté beaucoup plus de biens électroménagers (+44% sur un an) et de voitures (+45%).

  • Production industrielle en hausse de 7,3% en 2013

 La production industrielle au Japon est repartie en hausse en décembre, de 1,1% sur un mois, après une très légère baisse le mois précédent. Sur un an, elle a grimpé de 7,3% et le Meti continue de juger qu'elle suit un mouvement d'augmentation.

En 2013, la production industrielle au Japon s'est affichée en hausse quasiment tous les mois, sur fond d'amélioration du moral des entrepreneurs, d'embellie extérieure et de dépréciation bienvenue du yen provoquée par l'assouplissement de la politique monétaire de la Banque du Japon.

Le ministère a expliqué que la production avait été tirée en décembre par une fabrication plus intense d'écrans à cristaux liquides (LCD), de robots et de transformateurs électriques.

Mais la chute du yen a aussi pour effet de renchérir indirectement les factures de gaz et électricité des ménages et le prix de l'essence à la pompe, ce qui amoindrit le pouvoir d'achat des salariés dont la consommation constitue un moteur important de l'activité.

En décembre, les foyers dont le chef est salarié ont du coup réduit de 2,3% leurs dépenses d'une année sur l'autre. Pris dans leur ensemble, les ménages japonais ont certes augmenté leurs achats, mais l'attitude des salariés est particulièrement scrutée, au moment où une hausse de la taxe sur la consommation va amputer encore leur pouvoir d'achat, si leurs revenus ne suivent pas la même évolution.

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Commentaires
a écrit le 31/01/2014 à 11:39 :
Ben oui, en utilisant la planche à billets comme les USA, ça ne peut que créer de la richesse artificielle, un gonflement de la demande et conséquemment des prix (inflation)... Cet apport artificiel de monnaie n'est en rien un remède et prépare des lendemains qui déchantent.
a écrit le 31/01/2014 à 10:52 :
Le volontarisme du Premier ministre japonais est-il en train de payer; non pas payé
a écrit le 31/01/2014 à 10:19 :
pour la première fois en 2013, la population du Japon a décrue !
a écrit le 31/01/2014 à 10:08 :
la japon fait le contraire de ce que fait l'europe et voit sa situation s'amélioré et nous avec l'austérité ça se dégrade...
Réponse de le 31/01/2014 à 13:23 :
Quelle austérité? On vit toujours à crédit : 178 milliards de prêts en 2013 pour la France dont 68 milliards de nouveaux… (chiffres à la louche on est plus à 1 milliard près)

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