"Les trois quarts des capitaux chinois partent vers Hong-Kong, les Caïmans et les Îles Vierges"

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Selon Bei Xu, économiste chez Natixis, l'intérêt des Chinois pour certains secteurs de l'économie française ne se traduit pas automatiquement par un investissement en France.
Selon Bei Xu, économiste chez Natixis, l'intérêt des Chinois pour certains secteurs de l'économie française ne se traduit pas automatiquement par un investissement en France. (Crédits : Reuters)
Selon Bei Xu, économiste chez Natixis spécialiste de la Chine, la France ne fait pas partie des destinations privilégiées pour les investisseurs chinois. Les trois quarts des investissements chinois partent vers des places financières et les paradis fiscaux. En Europe, c'est le Royaume-Uni qui est le plus attrayant.

La Tribune : Est-il possible d'estimer le montant des investissements chinois en France?

Bei Xu : Non. Les données que l'on a ne veulent pas dire grand chose. En fait, les trois quarts des investissements directs à l'étranger de la Chine sont dirigés vers Hong-Kong, les Îles Vierges et les Île Caïmans. Le reste du monde se partage le quart restant. Ce qui n'a évidemment aucun sens. Ces capitaux font un détour par ces lieux avant d'être redirigés. Il est donc très difficile de mesurer la relation financière entre la France et la Chine.

Selon les chiffres officiels, la France représenterait moins de 1% des investissements chinois à l'étranger...

C'est évidemment faible car la France n'est pas une priorité pour les entreprises chinoises. La visite du président chinois Xi Jinping est donc peut-être l'occasion d'essayer de faire quelque chose. Pour attirer les Chinois, il faut qu'il y ait un intérêt commun. En général, les secteurs intéressants pour eux sont ceux où ils n'ont pas encore de savoir faire, soit pour servir des marchés tiers, soit pour servir leur propre marché.

Comment la France pourrait-elle mieux tirer profit de la Chine ?

Le problème, c'est que ce type d'intérêt ne se traduit pas automatiquement par un investissement chinois en France. Les cas de Huawei ou de ZTE restent des cas à part car ce sont eux qui ont l'avantage technologique. BioMérieux et Seb sont en revanche de meilleurs exemples. Souvent, les entreprises françaises investissent là-bas et produisent là-bas. L'un des secteurs qui peut toutefois tirer profit de la Chine est celui de l'agroalimentaire en raison des scandales sur la nourriture qui secouent le pays. Les Chinois font plus confiance aux produits étrangers dans ce secteur.

Comment la France se place-t-elle par rapport à ses partenaires européens ?

Les investissements directs étrangers vers l'Europe ne sont pas très élevés, même si elle est la deuxième destination derrière l'Asie en termes de flux. Il y a eu un pic en France en 2011 à 3 milliards de dollars, mais en règle générale on tourne autour de quelques dizaines de millions d'euros. En 2012, par exemple, on était à 154 millions d'euros d'investissements directs chinois en France. En Allemagne on était à 800 millions d'euros. C'est le Royaume-Uni qui occupait la tête avec 3 milliards de dollars d'IDE, suivi du Luxembourg.

Pourquoi de tels écarts ?

Pour le Luxembourg, les raisons sont entièrement fiscales et les investissements purement financiers. La fiscalité est un paramètre important. C'est la raison pour laquelle la plupart des capitaux chinois transitent par Hong-Kong, les Îles Caïmans ou les Îles Vierges. Pour le Royaume-Uni, il y a sans doute d'autres raisons. Il y a essentiellement des investissements financiers et un peu manufacturiers.

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a écrit le 06/04/2014 à 19:09 :
Soit on vit en autarcie et on met des tas d'impôts, on favorise les vieilles industries et on augmente le nombre de fonctionnaires
Soit on décide de vivre dans le monde et de valoriser La France et ses pôles d'excellence, et on la transforme en une fiancée attractive
L'option 1 nous conduira à une richesse de type Corée du Nord
L'option 2 donnera du travail à tous les français et rendra nos villes rieuses et les Riches heureux de vivre sur le sol français
a écrit le 28/03/2014 à 10:00 :
Ils ont plus de liberté que nous en France , je suis bloqué sur mon livret A avec 8000 euros à 1,5 % gouvernemental sans pouvoir faire la même chose , sans compter le prélèvement à la source de 24% fiscal . C'est beau ces gouvernements Socialistes et UMP qui nous font de grosses dettes depuis bientôt 50 ans .
a écrit le 27/03/2014 à 10:39 :
Notre journaliste qui s'interroge sur la raison de la destination UK ignore donc que la City de Londres est le plus grand paradis fiscal et blanchisseur d'argent sale de la planète... devant les Iles Caïman et les Iles Vierges (pour Hong Kong, je ne sais pas) !
Réponse de le 04/04/2014 à 2:12 :
Pourquoi sale ? l'évasion fiscale est elle sale?
a écrit le 27/03/2014 à 8:43 :
au moins c est clair...Royaume uni et luxembourg deux paradis fiscaux....
a écrit le 27/03/2014 à 8:06 :
Nous investissons à l'extérieur. Cela est appelé à se lire davantage dans un horizon proche.
Nos stratégies ne changent pas.
a écrit le 26/03/2014 à 18:56 :
ça doit être à cause de l'isf. mdr
a écrit le 26/03/2014 à 18:49 :
Hong-Kong, les Îles Vierges et les Île Caïmans ? c'est bizarre.
a écrit le 26/03/2014 à 18:36 :
Alors les chinois n investissent pas à l extérieur et préfèrent laver plus blanc que blanc leurs profits.... franchement, à quoi sert la lutte contre le blanchiment ? Qu'elle est la raison inavouable d investir sur ces places à part l'aspect fiscal ?
Réponse de le 26/03/2014 à 21:08 :
Le sang des chinois exploités dans l'usine du monde est indélébile du yuan.
a écrit le 26/03/2014 à 18:32 :
aux iles vierges il ya 25 000 habitants...
a écrit le 26/03/2014 à 18:18 :
je croyais qu'il n'y avait plus de paradis fiscaux
Réponse de le 26/03/2014 à 18:31 :
Pour cela il faudrait s'occuper en priorité des enfers fiscaux...
a écrit le 26/03/2014 à 18:16 :
bienvenue aux capitaux chinois !!

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