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ÉconomieInternational

Cuba négocie sa dette avec le Club de Paris

Photo de Giulietta Gamberini

latribune.fr

Publié le 23 avril 2014 à 06:37 - Mis à jour le 23 avril 2014 à 10:02

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Le groupe informel de pays créanciers serait entré en contact avec des banquiers cubains afin de reprendre les négociations sur la dette du pays, révèle Reuters. Les tentatives précédentes avaient été abandonnées en 2000.

Le gouvernement de Raul Castro laisse entrevoir un nouveau signe d'ouverture. Cuba serait en train de travailler avec le Club de Paris à une reprise des négociations sur la dette du pays, de plusieurs milliards de dollars.

Une délégation du groupe informel de pays créanciers aurait notamment rencontré, à la fin de l'année dernière à La Havane, des responsables de banques cubains, s'étant montrés désireux de conclure un accord, selon les informations recueillies par Reuters auprès de diplomates occidentaux, sous couvert d'anonymat. Les négociations précédentes s'étaient interrompues en 2000.

Pendant ces rencontres, Cuba aurait demandé l'abandon d'une partie de la dette, le paiement d'une autre partie sur 10 ans et l'échange du reste avec une participation au capital des entreprises d'Etat cubaines. Des propositions envisageables selon un diplomate, qui a commenté :

"Depuis l'adoption cette année de nouvelles mesures incitatives aux investissements extérieurs, une sorte d'échange de dette semble possible".

Une plus grande ouverture aux marchés

Une loi encourageant les investissements étrangers est en effet entrée récemment en vigueur à Cuba. Elle fait partie des réformes engagées par Raul Castro afin d'ouvrir l'économie du pays, dont une visant à mettre fin à l'actuel système de double monnaie. La Havane a également accepté le lancement de négociations pour la conclusion d'accords bilatéraux avec l'Union européenne.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2008, Raul Castro a aussi drastiquement réduit les dépenses publiques. Mettant en œuvre le plan quinquennal adopté en 2011 par le Parti communiste cubain, au cours des trois dernières années, le pays a restructuré sa dette avec la Chine, le Mexique, la Russie ainsi qu'avec ses créanciers privés au Japon. A chaque fois, La Havane a réussi à obtenir des réductions substantielles de son solde débiteur, en échange des plans de paiement engagés.

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Un diplomate à expliqué à Reuters :

"L'élément positif, c'est que pendant les trois dernières années Cuba a plus ou moins restructuré sa dette et tenu ses obligations. Celui négatif, c'est que le gouvernement pense que cela suffit, sans comprendre que nous devons connaître sa capacité financière de respecter l'accord que nous pourrions conclure".

De comptes tenus secrets

Des obstacles à la réussite des négociations persistent toutefois. Alors qu'il s'agit d'une condition nécessaire à la conclusion de tout accord, Cuba a jusqu'à présent refusé de montrer ses comptes aux créanciers. Le pays considère en effet que le niveau de ses devises étrangères constitue un secret d'Etat et publie peu de données sur son déficit courant et sa dette extérieure.

Selon les dernières révélations du gouvernement cubain, datant de 2010, la dette extérieure "active" de Cuba,  cumulé depuis sa déclaration de manquement à payer de la fin des années 80, s'élève à 13,6 milliards de dollars. La dette "passive", qui n'est plus rendue publique depuis plus de trente ans, atteindrait, selon les analystes, les 8 milliards de dollars.

Selon les calculs du Club de Paris, Cuba devait à ses membres 35,5 milliards de dollars à la fin 2012, sans compter les intérêts de retard et les frais de traitement (ni, évidemment, la dette vis-à-vis de créanciers privés ou d'autres pays tels la Chine, le Brésil et le Vénézuela). Plus de 20 milliards de dollars de cette dette étaient toutefois en anciens roubles soviétiques convertibles et ont été abandonnés à 90% par la Russie en 2013.

Puisque Cuba considère ces estimations comme "gonflées", l'un des points essentiel des négociations sera justement de déterminer le volume de son dû.

L'avenir de l'île en jeu

Il est néanmoins évident qu'un accord avec le Club de Paris aurait un impact très important sur l'économie du pays, puisqu'il réduirait significativement la dette de Cuba, améliorerait sa réputation sur les marchés financiers et permettrait d'émettre de nouvelles obligations.

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Malgré les obstacles, une issue positive semble d'ailleurs possible. Composé de 19 pays créanciers (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Irlande, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie, Suède, Suisse), le Club de Paris travaille avec Cuba via un groupe spécial, dont ne font pas partie les Etas-Unis. Selon un diplomate, il pourrait se montrer créatif dans la recherche de solutions et accepter de renoncer aux conditions préalables normalement requises pour un accord par le FMI, dont Cuba n'est pas membre.

latribune.fr

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