La pire contraction du PIB américain depuis cinq ans

Romain Renier

Romain Renier
L'économie américaine n'avait pas subi un tel trou d'air depuis cinq ans. C'est à dire depuis 2009, point d'orgue de la crise financière provoquée par l'explosion de la bulle des subprimes et la chute de Lehman Brothers. Au premier trimestre, les États-Unis ont vu leur produit intérieur brut (PIB), se contracter finalement de 2,9% en rythme annuel.
Soit une révision à la baisse de pas moins de trois points par rapport à la première estimation publiée en avril. Le département du Commerce, responsable de la publication de ces statistiques, tablait alors encore sur une croissance de 0,1% au cours des trois premiers mois de l'année 2014.
C'est aussi la révision la plus importante du PIB américain entre la première et la dernière estimation depuis 1976. Cela étant, une forte révision de cet indicateur n'a rien d'exceptionnel car le gouvernement ne dispose pas de toutes les données lorsqu'il publie ses première et deuxième estimations.
>> Lire aussi Les grands enjeux de 2014 (3/4) : sortie de crise ou début d'une autre pour les Etats-Unis ?
Stocks, commerce extérieur et demande intérieure... tout a été décevant en ce début d'année 2014. Le commerce extérieur a en effet plus pesé sur la croissance que le département du Commerce ne l'attendait.
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Les dépenses de santé, qui devaient progresser fortement grâce à la mise en place de l'assurance maladie obligatoire, voulue par le président américain, ont elles aussi déçu. La demande dans les services n'a pas non plus été au rendez-vous.
Enfin, l'économie américaine a souffert du déstockage par les entreprises. Des stocks très importants, reflétant un excès d'optimisme de la part des entreprises vis à vis de la reprise de la demande avaient en effet artificiellement dopé la croissance américaine.
Les statistiques d'emploi, manufacturières et d'activité dans les services laissent présager une forte accélération de la croissance dès le début du deuxième trimestre. Pas de récession en vue, donc.
Mais il y a fort à parier que l'économie américaine n'atteindra pas les anticipations des analystes qui culminent à 3,6% pour l'ensemble de 2014. La banque Natixis, elle, a abaissé sa prévision de 2,2% à 1,7% pour 2014.
Ce coup de frein record depuis des années était en partie attribué à une très forte vague de froid qui a touché le pays au début de l'année. Mais certains analystes étaient sceptiques face à cette explication donnée notamment par la Fed.
Le gouvernement n'a officiellement pas chiffré le coût du mauvais temps pour l'économie américaine, même si certains l'estiment à 1,5 point. Quoiqu'il en soit, le coup de froid ne semble plus être la seule cause de ce toussotement de la croissance du pays.
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