Ukraine : Européens et Américains sanctionnent la Russie

 |   |  783  mots
Vladimir Poutine maintient sa ligne en Ukraine malgré les sanctions occidentales
Vladimir Poutine maintient sa ligne en Ukraine malgré les sanctions occidentales (Crédits : reuters.com)
L’UE et les Etats-Unis ont annoncé un durcissement des sanctions visant la Russie mercredi soir du fait du soutien de Moscou aux séparatistes de l’est de l’Ukraine. La diplomatie russe s’indigne alors que le président ukrainien salue un geste de solidarité.

L'Europe sort les griffes. Lors d'un sommet à Bruxelles mercredi, les Européens ont décidé de geler des programmes menés en Russie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). L'UE travaille également à définir une liste d'entités menaçant « matériellement ou financièrement » la souveraineté ukrainienne contre lesquelles des sanctions ciblées pourraient être prises. 

Des initiatives qui montrent l'impatience grandissante des Européens face à une situation d'instabilité qui commence à s'enliser et qui remet en cause le principe de souveraineté des Etats. A Berlin, la chancelière Angela Merkel estime en effet que la Russie n'a « pas suffisamment satisfait » les attentes pour faire baisser les tensions en Ukraine. Face à cela, les Européens ont la volonté de « faire preuve de fermeté tout en maintenant le dialogue » avec les autorités russes, comme l'a assuré le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avant l'annonce des sanctions.

Fermeté américaine

Même son de cloche du côté de Washington qui a adopté des sanctions de plus grande ampleur encore : le géant pétrolier russe Rosneft a été mis sur liste noire, ses avoirs aux Etats-Unis ont étés gelés et les entreprises américaines ont interdiction de mener des transactions avec lui. La Gazprombank, banque du groupe gazier Gazprom, est également sanctionnée, de même que deux hauts responsables russes ainsi que les autorités séparatistes de Donetsk et de Lougansk en Ukraine, soupçonnées d'être soutenues par les Russes.

« Ce que nous attendons, c'est que les dirigeants russes se rendent compte une fois de plus que leurs agissements en Ukraine ont des conséquences, notamment l'affaiblissement de l'économie russe et un isolement diplomatique croissant »

a déclaré le président américain Barack Obama lors d'une allocution à la Maison Blanche. Comme pour corroborer ces paroles, les indices de la bourse de Moscou Micex (libellé en Roubles) et RTS (libellé en Dollars) perdaient respectivement 2,03% et 3,26% jeudi matin du fait de l'annonce des sanctions, alors que le Rouble se dépréciait face aux monnaies occidentales.

 

Moscou indigné, Kiev reconnaissant

Ce sont notamment les sanctions américaines qui ont provoqué de vives réactions de la part des Russes. « Nous ne tolérerons pas le chantage et nous nous réservons le droit de prendre des mesures en représailles » a affirmé le ministère des affaires étrangères russe dans un communiqué. Ces sanctions sont « une tentative primaire de se venger du fait que les événements en Ukraine ne se déroulent pas selon le scénario élaboré par Washington. » On retrouve là l'irritation des Russes qui considèrent toute ingérence étrangère dans leur zone d'influence comme un affront, voire une humiliation.

Si ce sont les Etats-Unis qui ont concentré le gros des critiques russes, c'est aux Européens que le président ukrainien Petro Porochenko a exprimé sa reconnaissance. Il a notamment salué les nouvelles sanctions prises par le Conseil européen comme « un pas important dans le soutien à la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance de l'Ukraine. » Au-delà de ça, « l'Europe a manifesté sa solidarité avec l'Ukraine » a-t-il écrit sur sa page Facebook. Le ministère des affaires étrangères ukrainien avait déjà fait appel aux Occidentaux pour sanctionner les Russes en soulignant que « des combattants et des armes » continuaient à être acheminés dans l'Est de l'Ukraine depuis la Russie.

 

Les tensions perdurent dans l'est de l'Ukraine

Même si la journée de mercredi a été relativement calme au niveau des affrontements, des centaines d'habitants de Donetsk ont fui vers la Russie dans des bus mis à disposition par les séparatistes. « J'espère revenir un jour à la maison, mais pour l'instant ce n'est plus possible de vivre là, ils nous bombardent », a témoigné Viktor Gontcharov, 67 ans, de Krasnogorivka, localité à l'ouest de Donetsk. Cela montre bien que l'on ne s'attend pas à une issue rapide du conflit dans ces zones de l'est de l'Ukraine.

Kiev a affirmé qu'un missile tiré depuis la Russie avait abattu son avion de transport militaire An-24 lundi alors que les Russes accusent l'armée ukrainienne d'être à l'origine d'un tir d'obus qui aurait fait un mort dans une ville frontalière russe dimanche. Les provocations continuent de part et d'autre et les tensions ne semblent pour l'instant pas prêtes de s'apaiser. La première victime en est l'économie de l'Ukraine, dont la banque centrale a récemment dû relever son taux directeur de 9,5% à 12,5% pour faire face à une inflation croissante. Selon les estimations du FMI, la croissance ukrainienne devrait être négative en 2014 et atteindre -5%.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/07/2014 à 15:02 :
Obama et ses alliés européïstes commencent par de grands moulinets puis finissent pas des coups d'épée dans l'eau. Destinées à impressionner l'opinion occidentale pour la manipuler les fausses "sanctions" n'ont que peu d"effet, contrairement à ce qui est dit les avoirs russes ne sont pas gelés. Poutine s'en moque bien mais doit prendre date face aux crimes occidentaux et de la France. On veut l'impliquer dans les problèmes de ses voisins qui ne le concernent pas. Il attend une accumulation pour prendre à son tour des mesures. Dans le monde le boycott contre les produits américains a commencé. toute référence au drapeau est bannie, les sociétés se retrouvent sans interlocuteurs et doivent partir. Pour la Russie on utilise un référentiel économique occidental laissant croire que cet immense pays serait dépendant du pétrole, il n'en est rien. Les prix des produits y sont plus bas car il font moins l'objet de spéculation financière. Un pain est moins cher mais il nourrit comme un autre, identique, occidental, dont le prix serait triple! Les entreprises se développent et la Russie fait du commerce avec le monde entiercomme vient de le prouver l'accord du Brésil la semaine dernière. Bien entendu son pétrole qui est pour le moment vendu sous la tarification mondiale va être facturé plus cher à nos européïstes hystérisés. Ils pourront changer de fournisseur si cela leur chante. Voir en la Russie un ennemi est une véritable folie que ne partagent pas l'essentiel des populations et surtout pas celle de la France.
a écrit le 18/07/2014 à 12:23 :
Ce n'est pas la Russie qu'il faut sanctionner... C'est Poutine, et lui seul! Dangereux mégalomane à l'ego surdimensionné, et nostalgique de l'URSS, il n'a rien compris au monde qui l'entoure. Il est malin et fin stratège, certes, mais finalement stupide de s'enferrer dans ses vieilles lunes... Et il n'a rien à foutre du peiple russe, qui un jour ou l'autre le lui rendra bien...
a écrit le 18/07/2014 à 11:56 :
nous avons des pompiers piromanes . LA CRISEA BIEN ETE DECLANCHEE par des promesses exagerees de l'europe contre la russie POUR plaire à oboma qui n'a plus tony blair à son pied
a écrit le 18/07/2014 à 10:02 :
L'Europe n'a aucun intérêt à jouer le jeu américain qui consiste à acculer la Russie, qui va donc représenter une menace de plus en plus importante en Europe. Europe qui se met de fait sous la protection (à la botte) des US. Nous avons un euro fort, mais c'est d'une armée européenne forte dont nous aurions besoin.
Réponse de le 18/07/2014 à 11:27 :
Franchement, envahir l'Ukraine ou la Géorgie n'a rien à voir avec envahir l'Europe, je doute que ça effleure qui que ce soit ...

Il faut rester réaliste quand même !

Non tout ce que veux Poutine c'est affaiblir l'Ukraine, chose qu'il réussi très bien pour le moment, à quel prix, l'avenir nous le dira.
Réponse de le 18/07/2014 à 12:14 :
@ LuFo : vous n'avez pas compris ce que veut dire JB38 : En jouant le Jeu des US l'Europe se met à dos l'URSS qui ne se privera pas de mettre en place ses propres sanctions contre l'Europe (les US ne seront pas concerné). De ce fait l'Europe sera pénalisé aux profits des USA (par exemple : prix du gaz URSS en hausse bon pour les USA pour nous fournir leur gaz de schiste) en plus les USA essaient de créer de nouveau une tension entre Européen et URSS pour pouvoir contrôler les européens via l'OTAN qui n'est qu'un bras armé des USA.
a écrit le 18/07/2014 à 9:52 :
il est plus prudent d attendre de savoir LA VERITE sur ce qui s est reelement passe,? LA DIPLOMATIE PEUT REGLE CE PROBLEME???
a écrit le 18/07/2014 à 1:59 :
Il n'y a pas d'autre choix que de sanctionner fortement la Russie puisque Poutine ne cesse d'aller de l'avant après l'invasion de la Crimée. Toutes ses positions sont on ne peut plus agressives partout. Il se prennent pour Staline au gouvernement russe actuel et il est temps de dire stop avant que ce soit pire.
Réponse de le 18/07/2014 à 7:29 :
Bien dit. Il faut toujours être ferme face aux dictateurs car la suite on la connait c'est toujours pareil.
Réponse de le 18/07/2014 à 9:16 :
En parlant de dictateur, on ferait mieux de s'occuper des nôtres en premier lieu...comment appel t-on un système dans lequel vous passer outre le vote de la population par referendum ? Vous savez le referendum sur la constitution européenne de 2005 ou nous avions dit NON .
Réponse de le 18/07/2014 à 9:54 :
QUI A FAIT PASSE LE NON DES FRANCAIS EN OUI? SAKO???
a écrit le 17/07/2014 à 21:53 :
L'ONU découvre des roquettes dans une école de Gaza... que disent nos fantoches des droits de l'homme ?
a écrit le 17/07/2014 à 19:35 :
décidément, les états unis aidés de sa colonie de pantins (l'union européenne...) sont prêt a tout pour en découdre avec Moscou.

Bah oui, ya plus d'argent dans les caisses de la maison blanche, alors ils font ce qu'ils peuvent pour garder la main mise sur le monde. A notre détriment bien entendu.

Et quand la guerre éclatera, qui sera en première ligne ? et qui sera bien au chaud loin derrière l’océan ?

Les USA (le gouvernement, pas sa population) sont devenus les ennemis des peuples de cette planète.
a écrit le 17/07/2014 à 18:46 :
L'OTAN,le doigt sur la couture du pantalon attend les ordres!
Réponse de le 18/07/2014 à 7:27 :
Le FSB russe à court d'arguments devant la bêtise de ses milices ne sachant pas identifier un avion. Pitoyable.
a écrit le 17/07/2014 à 18:27 :
US GO HOME !

Ça commence a bien faire, l'Europe n'a aucun intérêt de se mettre la Russie a dos. Au contraire !

Mais Bruxelles est piloté par Washington... voilà le problème.
Réponse de le 17/07/2014 à 18:43 :
+1
Réponse de le 17/07/2014 à 21:45 :
@antoine: pas d'accord, les manoeuvres de Poutine rappelle celles d'Adolf en son temps :-)
Réponse de le 17/07/2014 à 21:50 :
+2
Réponse de le 18/07/2014 à 1:51 :
Certains ici on peur de Poutine comme en leur temps ceux qui craignaient Staline et Hitler. Les dictateurs on s'en préoccupe avant qu'il ne soit trop tard donc les américains et européens ont raison de pendre des mesures et c'est bien Poutine l'envahisseur de la Crimée et agresseur de l'Ukraine.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :