Porochenko s'engage à maintenir l'unité de l'Ukraine

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Vladimir Poutine et Petro Porochenko le 6 juin 2014
Vladimir Poutine et Petro Porochenko le 6 juin 2014 (Crédits : DR)
Petro Porochenko, investi samedi président d'Ukraine, s'est engagé à maintenir l'unité du pays menacée par une insurrection séparatiste meurtrière dans l'Est, après avoir amorcé avec Vladimir Poutine un dialogue créant des espoirs de désescalade.

Elu dès le premier tour le 25 mai avec 54,7% des voix, le milliardaire pro-occidental de 48 ans, a prêté serment devant le Parlement sur la Constitution et l'Evangile et a été déclaré cinquième président de l'Ukraine indépendante.

S'adressant aux habitants de la région industrielle russophone du Donbass contrôlée en grande partie par les rebelles et où il compte se rendre rapidement, il leur a promis mener une décentralisation du pouvoir et de garantir l'usage libre de la langue russe.

Il a en revanche refusé tout "compromis" avec la Russie sur l'orientation européenne de son pays et sur l'appartenance de la Crimée à l'Ukraine. "La Crimée a été et restera ukrainienne", a-t-il déclaré, provoquant des applaudissements. "Je l'ai dit clairement au dirigeant russe en Normandie", a-t-il ajouté.

L'investiture de Petro Porochenko a immédiatement été saluée par l'Otan et l'UE, qui ont rappelé le soutien des deux institutions à l'Ukraine, son intégrité territoriale et sa stabilité.

"J'ai confiance dans le fait que le leadership du président Porochenko contribuera à la stabilisation du pays, en s'appuyant sur le dialogue politique sans exclusive lancé avant les élections", a écrit écrit le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, dans un communiqué.

Lors des cérémonies du 70ème anniversaire du Débarquement allié en Normandie, vendredi, M. Porochenko avait remporté une victoire diplomatique en obtenant une promesse de dialogue avec Vladimir Poutine.

Les deux chefs d'Etat ont convenu de lancer des négociations dès dimanche à Kiev, du jamais vu dans l'escalade de ces derniers mois, avec pour objectif de déboucher sur un cessez-le-feu, alors que l'insurrection séparatiste étend chaque jour son emprise sur l'Est industriel du pays.

Petro Porochenko, homme d'affaires qui s'est enrichi dans le chocolat, succède à Viktor Ianoukovitch, destitué fin février après un bain de sang sur le Maïdan de Kiev et en fuite depuis en Russie, à l'issue de trois mois de contestation pro-européenne dans un froid glacial.

Il a indiqué vouloir conserver au poste de Premier ministre Arseni Iatseniouk, membre du parti de l'ex-Premier ministre Ioulia Timochenko, arrivée deuxième de la présidentielle avec 12,8% et présente lors de la cérémonie d'investiture.

Il aura pour lourde tâche de concrétiser les aspirations européennes, de sortir le pays d'une récession quasi ininterrompue depuis deux ans et aggravée par la crise actuelle. Mais son défi le plus urgent sera de rassembler un pays en quasi état de guerre civile.

Depuis la chute de son prédécesseur, l'Ukraine a de facto perdu la Crimée, rattachée à la Russie en trois semaines après un référendum jugé illégal par la communauté internationale et se débat avec une insurrection armée orchestrée selon Kiev par Moscou et qui a fait plus de 200 morts en deux mois dans l'Est.

Vendredi, Kiev a déploré la perte d'un avion de transport militaire abattu par les rebelles, désormais maîtres d'une partie de la frontière et de Donetsk, capitale d'une région industrielle de six millions d'habitants représentant un cinquième de l'économie du pays.

Les images du président russe s'entretenant M. Porochenko, suivies par l'annonce d'une brève rencontre entre Vladimir Poutine et Barack Obama, ont donné un poids supplémentaire aux espoirs de désescalade, tant ces rencontres ont été jusqu'au bout incertaines.

De son côté, l'homme fort du Kremlin, qui n'a pas officiellement reconnu la victoire de M. Porochenko, a jugé l'approche du dirigeant ukrainien "juste dans l'ensemble". "L'Ukraine doit faire montre de sa bonne volonté. L'opération répressive doit être arrêtée", a-t-il cependant ajouté.

La Russie critique avec virulence les autorités ukrainiennes en raison de l'opération menée par leur armée pour reprendre le contrôle des régions séparatistes pro-russes de Donetsk et de Lougansk, dans l'est du pays.

Selon une source proche du président français, qui de concert avec la chancelière allemande Angela Merkel a oeuvré à cette brève rencontre, "les modalités d'un cessez-le-feu (entre Kiev et les séparatistes pro-russes) seront discutées dans les jours qui viennent".

Vladimir Poutine, qui a également rencontré Angela Merkel, David Cameron et François Hollande, a aussi assuré que la Russie et l'Ukraine, dont le différend sur les livraisons de gaz menace les approvisionnements européens transitant par ce pays, étaient proches d'un accord.

Gazprom a donné jusqu'à mardi soir à l'Ukraine pour régler sa dette gazière de plusieurs milliards de dollars. Kiev, qui vient d'être sauvé de la faillite par un plan d'aide internationale, exige une baisse du prix, fixé à un tarif sans équivalent en Europe après la chute de M. Ianoukovitch.

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a écrit le 18/06/2014 à 5:47 :
le gag de l'année ?? ou alors ? Quand il ne restera Plus que des pros-maidan ? effectivement il maintiendra l'UNITE??..Plus serieusement mettons-nous à la place de la pauvre population de l'Est de l'UKRAINE ??Soyons un peu humain !ce peuple a assez souffert?? Un peu de bon sens la cohabitation est devenue IMPPOSSIBLE !laissons les TRANQUILLE EN ACCEPTONS leur choix democratique du 11 mai au lieu d'en être JALOUX???
a écrit le 09/06/2014 à 6:44 :
Et pendant ce temps là, on nous prépare le coup d'après avec la candidature de l'Albanie que la commission de Bruxelles vient d'entériner. Il a raison de sourire le Di Rupo. Au rythme où s'enfuit notre démocratie, il a de beaux jours devant lui.
a écrit le 09/06/2014 à 6:12 :
Et annexement continuer à bombarder les populations civiles... un grand bonhomme quoi!
a écrit le 08/06/2014 à 20:40 :
Il fait tout pour mettre l'EST contre l'OUSET en mettant l'armée contre la population du Donbass et C lui qui se permet de dire je veux maintenir l'unit2 !LE GAG DE L'ANNEE???
a écrit le 08/06/2014 à 10:47 :
Il arrive avec dans son programme la conquête de la crimée. C'est un fou dangereux, mais pour avoir une telle audace il faut qu'il ait reçu de solides assurances des USA;l'Europe paiera !
a écrit le 07/06/2014 à 23:30 :
Il peut dire, merci à la diplomatie française, l'ours poutine. SARKO le stoppe en Géorgie, et HOLLANDE le raméne à la raison en Ukraine. Espéront qu'il n'y aura pas de troisiéme épisode........
Réponse de le 08/06/2014 à 9:46 :
@Cantalou : que pensez vous du fait que le fils du Vice president Americain Joe Biden, un certain Hunter Biden vient d'etre nomme au directoire de la plus grosse entreprise de gaz et petrole ukrainienne, l'entreprise Burisma ? Coincidence ? Ou alors comme du temps de la guerre en Irak, Halliburton et Dick Cheney, pour les americains, business is business, surtout en temps de guerre qui offrent des opportunites pour les membres de la "famille".
a écrit le 07/06/2014 à 20:26 :
"L'insurrection est le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

Quand on songe aux récentes insurrections de l'est ukrainien, on se rend bien compte que les beaux énoncés de ce texte sont devenus tous vides de sens, absolument, et ils n'ont rien d'universel. Actuellement c'est de la sauce blabla pour les discours politiques et rien d'autre.
Réponse de le 07/06/2014 à 20:35 :
Vous retardez. Ce paragraphe a été supprimé depuis belle lurette.
a écrit le 07/06/2014 à 18:57 :
je ne les vois plus, dis donc !.....
Réponse de le 08/06/2014 à 0:36 :
C'est qu'il n'y avait pas de trolls mais des gens réalistes. Par contre les trolls pro-Poutine semblent toujours là comme en Ukraine de l'Est !
a écrit le 07/06/2014 à 18:12 :
Nos élites devraient prendre en considération l'adage africain qui dit que " C'est en voyant un moustique se poser sur son phalus qu'on se rend compte qu'on ne peux pas tout régler par la violence " lol
a écrit le 07/06/2014 à 17:47 :
Comme on le voit Poutine parle avec tout le monde même s'il s'agit d'une élection comme c'est la mode en ce moment qui s'apparente surtout à une dictature. L'Ukraine devra payer ses factures de pétrole et vendre ses produits ailleurs qu'en Russie. Obama fatigué montre qu'il agit comme un triste personnage. Son élection aura été une erreur, souhaitons qu'il parte le plus rapidement possible.
Réponse de le 07/06/2014 à 18:58 :
Et qu'un(e) autre va-t-en guerre vite le remplace n'est-ce pas ?...
Réponse de le 08/06/2014 à 0:39 :
Obama a très bien agi en Ukraine, Poutine a envahi la Crimée et manipule à l'Est, rien n'est fini, attendez la fin de l'histoire, Poutine sera à juger sur le moyen terme et pas sur quelques déclarations temporaires.
a écrit le 07/06/2014 à 15:27 :
La Guerre froide finie, l'OTAN aurait dû été dissoute simultanément avec le Pacte de Varsovie. C'est une vieille relique de Guerre froide et totalement sans rapport avec le monde d'aujourd'hui. Débarrasson-nous-en ! c'est un anachronisme qui ne fait que créer bien plus de problèmes que de solutions.

Dans les règles du Droit international la Russie a le droit d'exercer son influence avec son propre voisinage, ainsi comme les USA, par ex., ont le droit de faire de même avec son propre voisinage – et ils le font. Cette manifestation d'influence ne va forcément pas avec l'intention de bafouer les voisins; elle porte juste l'intention d'avoir des relations amicales et de négocier avec eux. Ce n'est pas l'affaire des USA de venir coller son nez dans les voisinages de la Russie ou de la Chine pour remuer des ennuis après; la Russie et la Chine pourraient aussi en faire de même avec voisinage des Etats-Unis, pourquoi pas ?

Les USA pourront regagner leur dignité en tant que nation comme toutes les autres si ils s'arrêtent de bafouer et de s'ingérer à des affaires typiquement régionaux. Qu'ils apprennent à se comporter correctement envers le reste du monde, ils n'auront qu'à gagner.
Réponse de le 08/06/2014 à 0:42 :
L'Otan est absolument nécessaire aux 28. Voyez comment s'est comporté Poutine en Géorgie, Ukraine et le dossier n'est pas clos. L'Otan a gagné contre le pacte de Varsovie, tant mieux car elle n'est pas durablement invasive comme l'était l'Urss ou comme l'est Poutine.
Réponse de le 09/06/2014 à 6:36 :
j'espère que ça paye bien de troller à ce niveau... on en reparlera d'ici quelques années quand l'OTAN interviendra contre les "récalcitrants" au sein des nations européennes elles-mêmes
a écrit le 07/06/2014 à 14:30 :
Porochenko a déclaré lors de la cérémonie de son investiture que il ne peut "pas avoir de paix en Ukraine sans relations normales avec la Russie." Ici on est assez loin des déclarations d'une Timochenko qui avait promis, dès qu'éventuellement élue, de faire la guerre avec la Russie. Une ânerie totale car il n'agirait pas d'un rapport de forces militaires (ce serait David contre Goliath) mais du fait que la Russie, de loin plus rusée diplomatiquement, ne ferait la guerre qu'à Kiev et pas l'Ukraine ! ce qui signifierait de l'isolement du gouvernement Timochenko du reste du pays, et par conséquent, sa perte.

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