Si l'Ecosse prenait son indépendance…

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(Crédits : reuters.com)
Londres et Edimbourg se disputent l'éventuel partage des biens, en cas de victoire du oui au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse ce 18 septembre.

La livre, la dette de la Couronne voire l'ampleur de la manne pétrolière: Édimbourg et Londres se disputent avec acrimonie le partage des biens dans l'hypothèse où le référendum d'indépendance écossaise prévu ce 18 septembre déboucherait sur un divorce.

Le Premier ministre écossais et champion du camp de la sécession, Alex Salmond, affirme qu'une Écosse indépendante pourrait conduire sa propre politique économique et financière, fondements de la prospérité.

Des concessions à l'Ecosse si elle reste dans le Royaume Uni

En face, les dirigeants des Partis conservateur, travailliste et libéral-démocrate britanniques promettent d'accorder davantage de leviers à Édimbourg si elle reste au sein du Royaume-Uni, mais voue aux pires difficultés une économie écossaise qui aurait coupé le cordon avec Londres.

Le produit intérieur brut d'une Écosse indépendante situerait le nouveau pays à peu près au niveau de la Finlande, de la Grèce ou de l'Irlande, une taille largement suffisante pour voler de ses propres ailes. Les liens sont toutefois forts avec le reste du Royaume-Uni et les distendre secouerait sans doute les passagers au décollage.

"Il pourrait y avoir une longue période de négociation entre les gouvernements de Westminter et Holyrood (le parlement écossais) sur des sujets importants, comme le partage de la dette publique, la régulation des banques écossaises et la question monétaire", résume Jack Allen, de l'institut de recherche Capital Economics.

D'autant qu'en cas de victoire du oui le 18 septembre, l'Ecosse n'accéderait effectivement à l'indépendance que le 24 mars 2016.

Les Ecossais pro-indépendance proposent une union monétaire, dont Londres ne veut pas

La bataille de la monnaie n'a pas attendu le scrutin pour s'engager. M. Salmond et son Parti national écossais (SNP) proposent une union monétaire entre l'Écosse et ce qui resterait du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord), sous la supervision de la Banque d'Angleterre (BoE) - modèle comparable à ce que la Banque centrale européenne fait à l'échelle de la zone euro.

Mais cette perspective est catégoriquement écartée par les trois partis de Westminter comme par le chef de la campagne "Better Together" favorable au maintien de l'Écosse dans le Royaume-Uni, Alistair Darling, ancien chancelier de l'Échiquier travailliste.

Cette question technique a même constitué l'apogée du premier débat télévisé entre M. Salmond et M. Darling, qui a pointé l'absence de "plan B" monétaire dans le camp indépendantiste.

Au-delà se joue la répartition de la dette de l'État britannique: le Trésor à Londres s'est engagé à garantir l'ensemble des emprunts de la Couronne... et à obtenir de l'Écosse indépendante le remboursement de sa quote-part à un horizon à définir. Mais en l'absence d'union monétaire, les nationalistes écossais menacent de ne pas payer, d'autant que la vache à lait pétrolière pourrait se montrer moins généreuse.

La richesse pétrolière

"Environ 85% du pétrole et du gaz de la Mer du Nord est en territoire écossais. La production d'hydrocarbure représenterait environ 15% de l'économie de l'Écosse indépendante" et son principal secteur d'activité avec la finance, estime Nick Bate, économiste de Bank of America Merrill Lynch.

Un atout significatif donc, mais dont la taille et les revenus font l'objet de controverses.

Édimbourg a élaboré plusieurs scénarios de recettes fiscales pétrolières, dont le plus optimiste table sur 38,7 milliards de livres (48 milliards d'euros) pour les cinq prochaines années budgétaires. L'agence chargée des prévisions officielles britanniques vient pour sa part d'abaisser ses propres prévisions quinquennales... à 17,6 milliards de livres (22 milliards d'euros).

Des salariés écossais en danger, selon le Trésor britannique

Les études fleurissent en effet en cette période pré-électorale: le Trésor britannique a ainsi affirmé mercredi qu'un emploi sur dix en Écosse est directement lié aux échanges avec le reste du Royaume-Uni.

Ces salariés seraient "en danger" en cas d'indépendance, a alerté le leader des libéraux-démocrates en Écosse.

Les Ecossais craignent la sortie du Royaume Uni  de l'Union européenne

Mais pour le gouvernement régional basé à Edimbourg, "la principale menace pour l'économie écossaise repose dans le référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne (UE)... qui pourrait faire sortir l'Écosse d'un marché unique de plus d'un demi-milliard de personnes."

Le Premier ministre David Cameron poussé par les eurosceptiques a promis un tel référendum en 2017, s'il est reconduit aux législatives en mai prochain.

M. Salmond souhaite pour sa part ardemment que l'Ecosse adhère à l'UE en cas d'indépendance, mais cette demande entraînerait le déclenchement d'un lourd processus d'approbation à Bruxelles à l'issue, là encore, incertaine.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2014 à 5:40 :
Cette histoire d'"indépendance" est un leurre.
a écrit le 17/09/2014 à 5:39 :
Quelle indépendance? En restant dans l'U.E? Tu parles d'une indépendance...
a écrit le 19/08/2014 à 1:43 :
Amusant de constater que personne ici n'a écrit Bretagne... Cela fait-il si peur ? ;-)
Réponse de le 22/08/2014 à 16:32 :
non pas du tout, L'écosse aurais des atouts valorisé son indépendance. La Bretagne non.

De plus, La Bretagne ( pour avoir de la famille la bas) ne revendique pas du tout son indépendance, sauf une poignée de personne qui sont comme par hasard ce qui touche des aides ou une paye d'Etat.

Bref pas peur des bretons non
a écrit le 18/08/2014 à 11:58 :
C'est quelque chose de souhaitable car de toutes facons l'Angleterre va sortir de l'UE en 2017 car ils n'étaient là que pour donner les clés du marché commun aux ricains et ca sera chose faite d'ici peu grâce à FATCA . Se débarrasser du boulet anglais est bien le seul moyen de permettre à l'union d'avancer même si au regard de ce qu'est devenue cette belle utopie il serait préférable de faire table rase pour repartir sur de nouvelles bases afin de ne plus avoir une Europe à "l'anglaise". Il serait temps que es écossais existent aux yeux du monde, la question est donc identitaire et pas du tout économique comme tentent de le faire croire les angliches.Comparer la France et le Royaume-Uni n'a pas de sens car ils se définissent comme écossais, gallois, anglais alors que nous nous définissons comme francais !
Réponse de le 18/08/2014 à 16:34 :
Vous confondez le TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), traité de libre échange en cours de négociations secrètes, et le FATCA (Foreign Account Tax Compliance Agreement), traité en vigueur qui oblige la Suisse à fournir au fisc US des informations sur les comptes en Suisse des citoyens américains.
Réponse de le 19/08/2014 à 1:30 :
FATCA ne concerne pas que la Suisse... renseignez-vous!
a écrit le 18/08/2014 à 11:37 :
L'indépendance de l'Écosse, je n'y crois pas parce que les ressources naturelles y sont trop importantes que les les Anglais puissent se permettre de les laisser partir :-)
Réponse de le 18/09/2014 à 8:10 :
Sauf que les Anglais ne votent pas!
a écrit le 18/08/2014 à 8:35 :
Les régions de France, ce qui arrange passablement Paris, ont toujours préféré par commodité, voire par paresse, s'engager dans quelconque désir d'indépendance. À part l'Alsace (de mentalité moitié française, moitié allemande) l'unique région économiquement autonome, les autres régions de France ont toujours voulu être dépendantes de Paris. Même les velléités d'indépendance des savoisiennes ne sont que des velléités, la réalité sur le tas d'une région dépendante et justement à côté de la Suisse leur font réfléchir deux fois avant d'agir.
Réponse de le 18/08/2014 à 12:10 :
ERRATA: "... ont toujours préféré par commodité, voire par paresse, ne pas s'engager dans quelconque mouvement d'indépendance."
Réponse de le 22/08/2014 à 16:44 :
L’Alsace a une bonne économie, car elle bénéficie d'une place de choix et de la politique Française ( parlement européen, conseil de l’Europe et autres ... ) L'avantage de la France c'est que le pays était formé plus tôt et c'est solidifier, l’identité nationale c'est crée alors que le pays était déjà en parti formé. cela n'a rien a voir avec la paresse...
a écrit le 17/08/2014 à 22:56 :
Si l'Ecosse obtient son independance, ça va donner des idées à beaucoup d'autres regions en Europe .Je me rappelle un article ou le patronnat de Flandres disant que l'independance de la Flandre ne leur causerait aucun probleme économique et qu'il suffirait d'un vote du parlement de Flandres.Je ne parle meme pas de la Catalogne qui a deja affirmé sa volonté d'un tel referendum ,le pays basque espagnol ,ce qui ne laissera pas insensible le pays basque français ,la Ligue du Nord en Italie peu active mais qui peut se reveiller à tout moment sans compter tous les pays d'europe de l'est qui ont des problemes d'ethnies coupées en deux .Ce referendum écossais peu etre une allumette et l'Europe la boite d'allumette et là c'est une tout autre musique qui va se jouer,l'Europe rattrapée par son histoire .......
Réponse de le 18/08/2014 à 7:22 :
Ok pour les Flandres, la Catalogne et le pays basque espagnol...mais le pays basque et la Catalogne français ne sont pas fous. A quoi bon une indépendance qui n'amènerait que de la pauvreté. Aucune ressource majeure existante, aucune ville d'un poids économique suffisant...quitter la France pour "dépendre" de leurs cousines ex-espagnoles...je vois pas bien l'intérêt.
a écrit le 17/08/2014 à 19:21 :
Si l'Union Européenne décide que l'Ecosse, même devenue indépendante, doit rester dans l'Union Européenne, il y en a qui vont se faire bombarder : n'est-ce pas cette politique que l'Union Européenne soutient en Ukraine, en fin de compte ?
a écrit le 17/08/2014 à 18:23 :
abus de langage...l'écosse ne devient pas indépendante elle met fin à une union des couronnes qui était normalement entre égaux ( même si dans les faits il n'en est rien). Le parlement britannique a adhéré au nom de tous les peuples du royaume unis. A mon sens l'écosse devrait réclamer de droit la même place que le royaume unis au motif que c'est institution représantative de l'époque c'etait conformer a toutes les exigences liées a l'adhésion. Il est désolant que l'UE soit complice de la propagande et de la politique de peur que pratique londres pour tenter de dissuader les écossais d'assumer eux même leur destin.

En cas de victoire du oui j’espère que, en souvenir de la vieille alliance, la France soutiendra l'écosse dans sa difficile envolée.
Réponse de le 17/08/2014 à 20:38 :
Dans un monde globalisé où la concurrence est de plus en plus féroce, il n'y a plus de place pour les petits pays à moins qu'ils soient contrôlés économiquement et financièrement par une entité plus grande (exemple de la Grèce ou du Portugal par l'Union Européenne) ...
Il vaut mieux une Ecosse pérenne au sein d'un Royaume-Uni fort plutôt qu'une Ecosse soit disant indépendante mais qui serait encore plus soumise aux technocrates de Bruxelles !
Souhaiteriez-vous voir la Corse ou le Grand Pays Basque (au delà des Pyrénées) en dehors de la République Française mais au sein de l'UE ?
Alex Salmond et ses compères ont trop visionné 'Braveheart' et oublient que l'Ecosse d'aujourd'hui est le résultat de plus de 300 ans d'union bénéfique avec le reste du Royaume ...
Réponse de le 19/08/2014 à 9:59 :
tu n'as posé la question ni aux Corses ni aux Basques. Quelle fatuité...
Réponse de le 22/08/2014 à 16:38 :
L'Union n'en a rien d'une et c'est bien pour cela que les écossais sont si mauvais avec les anglais car il se sentent floué qu'un roi écossais est tout donné aux anglais. La comparaison avec les basque et les corses est mauvaise car c'est deux entité non pas été pendant des siècles un pays indépendant ( un royaume qui plus est). Quoi qu'on en dise, la France n'a pas de mouvement indépendantiste affirmé comparable, même en corse.
Toutefois tu as raison et les écossais l'on bien compris, pourquoi croit tu qu'ils veulent entrer dans l'UE directement et une union monétaire avec l'anglais... mondialisation.
a écrit le 17/08/2014 à 18:03 :
Un exemple à suivre.
a écrit le 17/08/2014 à 16:58 :
L'Ecosse indépendante peut très bien demander son adhésion à la zone Euro car il y a fort à parier que la livre sterling s'éroderait par la suite des choses d'où une perte sèche sur les exportations d'hydrocarbures.
a écrit le 17/08/2014 à 16:26 :
Je pense que l'Ecosse ne votera pas en faveur de l'indépendance mais le risque de voir le R-U quitter l'EU est grand depuis que l'économie du Royaume croît à nouveau par rapport au reste de l'EU. Quand on voit la profondeur de la récession en EZ on peut se demander si le choix anglais en l'absence de véritable union politique n'est pas le meilleur.
Réponse de le 17/08/2014 à 18:04 :
N'importe quoi !!!
Réponse de le 17/08/2014 à 23:58 :
Juste un petit rappel : le RU n'a pas encore retrouvé son PIB de 2009. La France oui...
Réponse de le 18/08/2014 à 9:17 :
le PIB du RU est désormais 0,2% plus élevé que son dernier pic de fin 2007 - début 2008, ayant atteint ce niveau vers le mois de mai. Avec une croissance prévue de +3,2% en 2014 et +3% en 2015...
Réponse de le 22/08/2014 à 16:48 :
Le RU ne voulais pas quitter l'UE, il voulait se servir de l'euroscepticisme pour renégocié à son avantage avec l'europe. Le problème c'est que l’Europe à dit "out or in' du coup il se retrouve pris à son propre jeux.

En tout cas moi je serais très heureux que ce pseudo pays européen sorte de l'europe.

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