Indépendance de l'Ecosse : le scénario du référendum français de 2005 se dessine

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Les Ecossais les plus pauvres sont plus favorables à l'indépendance que les fortunés
Les Ecossais les plus pauvres sont plus favorables à l'indépendance que les fortunés (Crédits : reuters.com)
Le "oui" à l'indépendance de l'Ecosse n'a plus que quatre points de retard sur le "non" à 5 mois du scrutin. Un vote de défiance des classes populaires envers les élites.

Voici encore quelques semaines, l'hypothèse de l'indépendance de l'Ecosse pouvait encore paraître fantaisiste. Ce n'est décidément plus le cas aujourd'hui. Dans un sondage paru ce week-end dans le quotidien The Scotsman, le « oui » à un Etat écossais n'a plus que quatre points de retard sur le « non » (46 % contre 42 %). le dernier sondage, voici un mois, ne donnait que 39 % d'intention de vote en faveur du « oui » lors du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse prévu le 18 septembre prochain.

Un vote « oui » plus solide

L'étude de ce sondage, réalisé par ICM, montre que les intentions de vote en faveur de l'indépendance sont plus solides que celles en faveur du « non » : 10 % des personnes votant « oui » affirment pouvoir changer d'avis, contre 18 % de celles qui votent « non. » A l'inverse, le « non » peut compter sur l'appui d'une grande partie des électeurs nés en Angleterre (ils sont en tout 460.000, soit un peu moins d'un quart des deux millions d'électeurs écossais) qui, selon ICM, voteraient logiquement non à 58 %, alors que le « oui » est majoritaire chez les électeurs nés en Ecosse (42 % contre 40 %).

Le « oui » a séduit les indécis

A cinq mois du scrutin, la tendance est donc clairement favorable aux indépendantistes. Certes, le « oui » n'a jamais encore été en tête dans un sondage, mais sa victoire ne peut plus être à exclure. Il ne semble plus n'avoir qu'un pas à faire pour l'emporter. Cette tendance était perceptible depuis plusieurs mois, mais il semble désormais qu'une grande partie des indécis aient basculé en faveur du « oui », malgré une intense campagne des défenseurs de l'union pour tenter de discréditer économiquement et politiquement l'option d'une Ecosse indépendante.

Manque de dynamique du « non »

La dynamique manque donc clairement au « non » qui, il est vrai, n'a pas manqué d'arrogance dans son approche du maintien de la livre sterling dans une Ecosse indépendante ou sur la question de la place du futur Etat dans l'Union européenne. Les soutiens du gouverneur de la Banque d'Angleterre et du président de la Commission européenne José Manuel Barroso n'ont guère été utile. Car cette volonté « d'effrayer » en cas de « mauvais choix » a sans doute été mal ressenti dans plusieurs parties de la population écossaise, notamment les plus fragiles. Le sondage ICM montre ainsi que les plus pauvres soutiennent largement déjà l'indépendance (à 53 %), tandis que les classes moyenne sont plus sceptiques (42 % de « oui »).

Un souvenir de 2005

En fait, cette progression du « oui » ressemble étrangement à ce qui s'est produit en 2005 lors du référendum français sur la constitution européenne. L'ensemble de la classe politique écossaise, à l'exception des nationalistes du SNP (qui pèse moins de 40 % des voix) et des Verts, sont défavorables à l'indépendance. La plupart des sommités britanniques tentent de prouver que le « oui » est absurde et dangereux. Et le « oui » progresse pourtant inexorablement, comme un défi aux élites et aux experts.

Une secousse au sein de l'Europe

Comme en 2005, ce vote pourrait bien être un vrai séisme au sein de l'UE. Ce serait en effet une première pour l'UE : devoir gérer la scission d'un de ses Etats membres. Quel sera le comportement de Bruxelles (où, du reste, on sera, en septembre, en pleine constitution de la nouvelle Commission) ? Accepter le vote et y voir l'adhésion d'un 29ème membre serait logique et respectueux du vote des Ecossais. Mais cela inquièterait plusieurs pays tiraillés par un risque sécessionniste ou par nature très unitaristes : Belgique, Espagne, Italie ou même France. Car nul doute qu'en Catalogne ou en Flandre, une victoire du « oui » donnerait des idées. Or, les Cortès de Madrid viennent de refuser à la Catalogne le droit de tenir un référendum en novembre prochain. Il est vrai que l'Espagne, encore convalescente de la crise, ne peut se permettre de doutes sur son unité nationale, autrement dit, sur l'unité de sa dette…

 

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Commentaires
a écrit le 28/04/2014 à 13:41 :
Si le "non" l'emporte au référendum cela serait assez bizarre. L'Ecosse à toujours lutté contre l'Angleterre pour garder sa liberté, alors cette chance d'être indépendant est à saisir!!!!Le magnifique Flowers of Scotland est un appel à l'indépendance et à la liberté. Tant de personne se sont battu et sont mort pour que l'Ecosse ne soit plus sous la coupe anglaise. Je ne demande ce qu'ils penseraient en constatant que leur beau pays depend toujours de leur ennemi juré....
Réponse de le 05/05/2014 à 15:48 :
Et combien d’Écossais se sont battus pour bâtir l'Empire britannique? Pour la liberté de cette île britannique?
a écrit le 25/04/2014 à 11:59 :
Bientôt la Bretagne... Enfin !
Réponse de le 25/04/2014 à 12:33 :
oui et bientot mon village ma rue et ma maison je suis independant à moi tout seul c'est navrant ce micro nationalisme alors que nous sommes sur une si petite planéte
Réponse de le 26/04/2014 à 0:37 :
indépendantiste du 14ème arrondissement...
https://www.youtube.com/watch?v=zbpydzn1zEI
Réponse de le 22/08/2014 à 16:50 :
Je pense aucun risque, même la catalogne et basque FR. Aucun n'a subit la même chose que ce qu'on subis les écossais...
a écrit le 24/04/2014 à 6:40 :
Pourquoi les écossais auraient- ils le droit voter pour leur indépendance et pas la Crimée dont les résultats sans appels du référendum n'ont pas été reconnus par l'UE?
Réponse de le 24/04/2014 à 11:20 :
Vous oubliez le référendum de Catalogne, qui lui est prohibé par Madrid, comme celui de Crimée fut par Kiev. Dans les deux cas, Catalogne et Crimée ont leurs propre parlement, la démocratie dérange ? Pourquoi le monde doit être selon les élites pas selon les peuples, ça c'est la question. Depuis peu, le peuple a l'outil pour s'exprimer "raisonnablement" avec Internet, on va plus pouvoir cacher éternellement ce conflit entre peuple et élites.
Réponse de le 25/04/2014 à 6:55 :
@Albert, La democratie est loin d'etre parfaite.C'est bien la democratie qui a amene un certain adolf au pouvoir. Regardez combien de gens vote extreme droite et extreme gauche en France?
Réponse de le 25/04/2014 à 12:36 :
la Crimée n'a pas voté pour son indépendance mais pour son rattachement à la Russie, si vous ne voyait pas la différence alors oui on a un problème d'éducation de la population.....
Réponse de le 25/04/2014 à 21:53 :
Absolument, tout le monde a vu la différence, sauf les pays qui ne veulent reconnaitre ce référendum !! Le vote en Crimée, c'était soit plus d’indépendance, soit la réunification avec la Russie (cf. 1954). La question exact posée le 16 mars était (source Wiki) :
- Êtes-vous favorable à la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie ?
- Êtes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et pour le statut de la Crimée dans le cadre de l'Ukraine ?
Et la manipulation est effectivement là : une Crimée juste indépendante était un non-sens pour plein de raison (c'est pas les unionistes européistes qui vont argumenter contre l'unionisme !)
Réponse de le 26/04/2014 à 13:41 :
Absolument, tout le monde a vu la différence, sauf les pays qui ne veulent reconnaitre ce référendum !! Le vote en Crimée, c'était soit plus d’indépendance, soit la réunification avec la Russie (cf. 1954). La question exact posée le 16 mars était (source Wiki) :
- Êtes-vous favorable à la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie ?
- Êtes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et pour le statut de la Crimée dans le cadre de l'Ukraine ?
Et la manipulation est effectivement là : une Crimée juste indépendante était un non-sens pour plein de raison (c'est pas les unionistes européistes qui vont argumenter contre l'unionisme !)
a écrit le 23/04/2014 à 20:32 :
Merci de nous avoir rappelé que nous autres Français on s'est bien fait entourlouper avec le fameux referendum de 2005. Titre prémonitoire pour les Écossais ?
Réponse de le 25/04/2014 à 12:44 :
Les Français ne se sont pas fait entourlouper avec le référendum sur la constitution, l'Europe n'a pas de constitution, ils ont privé l'Europe, ma patrie, d'une constitution. Mais oui, les traités qui étaient déjà avant en route ou en vigueur et qui avaient été liés maladroitement au texte sont en place aujourd'hui, pa la constitution qui était bonne et qui manque aujourd'hui cruellement à l'Europe. Merci les Veaux euh pardon merci les Français....
Réponse de le 25/04/2014 à 21:57 :
Oui, votre avis valait 45% des votes en 2005, mais le néolibéralisme gravé dans le marbre de la constitution (et / ou des traités) a été rejeté par 55 % des Français
Réponse de le 25/04/2014 à 23:29 :
L’Europe n'est pas une patrie !
a écrit le 23/04/2014 à 12:47 :
Merci pour votre titre "Le scénario du référendum française de 2005 se dessine en Écosse"
Effectivement, le non l'a emporté en 2005 en France et le Parlement a ratifié la constitution européenne en 2007 ...
Il est à craindre pour le peuple écossais que la victoire du oui à l'indépendance ne se transforme en une nouvelle et simple loi du dévolution "octroyée" par le parlement de Londres et accordant un peu plus d'autonomie à l’Écosse ...
Réponse de le 25/04/2014 à 12:49 :
NON et NON la constitution est passée aux oubliettes, Elle aurait apporté une armature démocratique à une construction européenne trop technocratique Mais oui les tratés qui étatent associés à la constitution, eux, ont été ratifiés en 2007. Ils l'auraient été avec ou sans un vote sur la constitution d'ailleurs. Au final le vote bourin et stupide de mes conpatriotes a privé l'Europe d'une belle constitution et bloqué depuis 10 ans toutes avancées dans la construction europeenne. Merci!!
a écrit le 23/04/2014 à 11:38 :
Vous indiquez que "10 % des personnes votant « oui » affirment pouvoir changer d'avis, contre 18 % de celles qui votent « non. »", mais c'est l'inverse : 18 % des personnes interrogées qui prévoient de voter "oui" pourraient encore changer d'avis.
Par ailleurs, il n'est pas juste de voir dans le sondage un vote de défiance des classes populaires envers les élites. D'abord, les élites ne sont pas incluses dans le classement NRS utilisé par le sondage, donc on ne sait pas ce qu'elles pensent (et de toute manière, elles ne représenteraient qu'une trentaine de personnes dans l'échantillon, ce qui laisserait une grosse marge d'erreur). Ensuite, la différence entre les catégories ABC1 et C2DE, 42 % contre 53 %, n'est pas assez large pour qu'on puisse évoquer un vote "de classe".
a écrit le 23/04/2014 à 8:56 :
C'est toute la différence de ceux qui gèrent depuis "un bureau" et ceux qui sont sur "le terrain", ils n'ont pas la même vision du problème!
a écrit le 23/04/2014 à 5:51 :
Vive l'Ecosse libre.
a écrit le 22/04/2014 à 22:50 :
J'espère que l'Écosse va voter son indépendance AU SEIN de l'Europe... ca donnera une leçon de démocratie à Poutine à propos du pseudo référendum de Crimée !!!
Réponse de le 23/04/2014 à 11:24 :
J'ai pas saisie ? Quand on lit le titre "le scénario du référendum français de 2005 se dessine", ne faut il pas comprendre que sous dictature c'est ferme ta gueule, en démocratie c'est cause toujours ? L’Écosse indépendante au sein de l'Europe, c'est vraiment cause toujours...
a écrit le 22/04/2014 à 19:40 :
Ce sont des problèmes nationaux (et régionalo-nationalistes). Ces questions sont plus anciennes que l'UE.
Bruxelles n'a pas a se mêler de ces débats de politique interne, et le ferait a son détriment.
a écrit le 22/04/2014 à 19:28 :
Mordrakken je suis d'accord et ferai comme vous ! j'ai honte que le roi de France ait laissé tomber l'Ecosse alors qu'il devait envoyer 20 000 hommes sur place pour contrer les envahisseurs anglais. Pourtant les Ecossais nous ont aidé à boutre dehors les anglais, ils étaient avec jean d'Arc à Orléans, etc ... Cette nation aurait dû rester indépendante. Dire que les franco-normands ont créé l'Angleterre (l'essentiel de la langue anglaise étant toujours du vieux français) ! quelle tragédie. Les dirigeants français devraient soutenir l'indépendance de l'Ecosse, leur dire qu'on les accueillera avec joie dans l'UE ! Et faire sortir la GB de l'UE car on ne pourra jamais construire une vraie puissance européenne avec eux. Il faut reprendre le projet de De Gaulle. On voit bien ce que font les USA en Ukraine et les Anglais dans l'UE : s'emparer du pouvoir économique et empêcher les populations de décider de leur sort (comme toujours).Nous sommes au courant et bien prévenus.
Réponse de le 23/04/2014 à 12:40 :
+1000 pas pu dire mieux
Réponse de le 11/05/2014 à 21:05 :
Ce sont les Normands qui ont créé le Royaume Anglo Normand , pas les Français..... Vive la Normandie , la grande Normandie !!!
a écrit le 22/04/2014 à 18:38 :
Il est interdit de quitter une dictature, vous connaissez tous déjà la réponse, une belle leçon de démocratie avec si besoin un petit coup de pouce dans les urnes, mon dieu qu'elle naïveté .!!!!
Réponse de le 23/04/2014 à 11:31 :
Mais non ! On est en démocratie, c'est donc cause toujours ! L’Écosse indépendante n'aura aucunement plus de souveraineté si elle reste en Europe, puisque toute la souveraineté est aspiré par Bruxelles. Il est à parier que si l’Écosse devient indépendante, il perdrons cette indépendance dans l'heure en rejoignant l'Europe, à moins que l'Europe ne veuille faire un exemple, et lui fait boire auparavant la tasse pour bien calmer les hardeurs nationalistes en Europe (mauvais calcul).
a écrit le 22/04/2014 à 17:32 :
Je ne vois pas en quoi la création d'un nouvel Etat concerne l'Europe. Car ses règles sont claires et connues par avance : tout nouvel Etat voulant faire partie de l'UE doit y postuler, puis obtenir l'unanimité de tous les Etats membres. En connaissance de cause, le peuple est bien entendu libre de choisir souverainement son destin. Et les pays qui l'entourent sont eux aussi libres de réagir à ce choix comme ils l'entendent.
Réponse de le 22/04/2014 à 18:43 :
Mais de ce fait, le Rayaume Uni en devient un nouvel état de part sa constitution.
Faudra-t-il que le "New (des)United Kingdom" refasse une demande d'adhésion ?
Peut-être une chance pour les Européen et de Cameron de sortir de l'EU ... enfin !!
Réponse de le 23/04/2014 à 11:45 :
Si le Royaume-Uni se désunit, qui a la garde des enfants ? De deux choses l'une : soit l'Ecosse et le Royaume-Uni héritent tous deux du statut européen, soit les deux devraient négocier une nouvelle adhésion. En fait, on peut soupçonner une vilaine arrière-pensée derrière les postures européennes : dissuader les volontés d'indépendance régionales.
On peut imaginer que l'Ecosse serait admise sans peine au sein de l'Union européenne. Oui, mais si elle devait négocier une nouvelle adhésion, elle n'aurait pas droit aux exemptions négociées du temps de Mme Thatcher. Et elle serait condamnée à l'euro !
Réponse de le 23/04/2014 à 17:55 :
Bien vu pour l'Euro.
Aux naïfs, depuis l’avènement de l'arme atomique, la guerre est devenu économique, puis maintenant financière, donc monétaire. Bonjour l’indépendance, la souveraineté, de l’Écosse avec l'Euro !
Réponse de le 24/04/2014 à 14:22 :
En 1920, l'Irlande a quitté le Royaume Uni. Il y a donc un précédent.
a écrit le 22/04/2014 à 17:15 :
Friend-France,
never forget the Auld Alliance !
Regards.
Réponse de le 22/04/2014 à 17:39 :
Indépendance pour nos fréres Ecossais un beau pays fier et noble et un ami fidéle de la France !!! Le jour où ca arrivera j irai à Edeimbourg partager biéres et joies avec vous et m égosiller sur le sublime Flowers of Scotland
Réponse de le 22/04/2014 à 19:02 :
eprgnez nous les clichés
les ecossais ont du petrole et du gaz , ca les rend veilleitaire,sinon ils resteraient a mendier l aide britannique
Réponse de le 23/04/2014 à 0:56 :
@mordrakkeen: en Ecosse, on boit de préférence du whisky et on mange de la panse de brebis :-) la bière, c'est plutôt les Irlandais :-)
Réponse de le 23/04/2014 à 12:37 :
hheeu vous avez pas du aller beaucoup en Ecosse patrick... je connais bien ce pays du haggis j en ai pas vu souvent servit

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