Yuko Obuchi, première femme ministre de l'Économie au Japon

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Fille de l'ancien Premier ministre Keizo Obuchi, ténor du Parti Libéral-Démocrate décédé en 2000, Yuko Obuchi s'est diplômée en économie à l'université privée Seijo, à Tokyo.
Fille de l'ancien Premier ministre Keizo Obuchi, ténor du Parti Libéral-Démocrate décédé en 2000, Yuko Obuchi s'est diplômée en économie à l'université privée Seijo, à Tokyo. (Crédits : Reuters)
À 40 ans, cette députée et ancienne ministre de la Dénatalité a été choisie par Shinzo Abe pour diriger le célèbre Meti, lieu stratégique où se décident les orientations industrielles du Japon.

Dans un pays où le taux de participation féminine à la population active est de 63%, et où en 2011 les femmes ne représentaient que 4,5% des directeurs de départements d'entreprises (selon des chiffres rapportés en mars 2014 par The Economist), le choix de Shinzo Abe est particulièrement significatif. Dans son nouveau gouvernement nommé mercredi, le Premier ministre japonais a confié pour la première fois à une femme le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie.

La nouvelle chef du célèbre Meti, lieu stratégique où se décident les orientations industrielles du Japon, est Yuko Obuchi, 40 ans, jusqu'en septembre dernier vice-ministre des Finances du précédent gouvernement Abe.

Fille d'un Premier ministre

Fille de l'ancien Premier ministre Keizo Obuchi, ténor du Parti Libéral-Démocrate décédé en 2000, Yuko Obuchi a obtenu un diplôme en économie à l'université privée Seijo, à Tokyo. Après un début de carrière dans la chaîne de télévision TBS, elle a été élue cinq fois députée de la préfecture de Gunma (au nord de Tokyo), héritée de son père et de son grand-père (le député Mitsuhei Obuchi).

Elle a déjà occupé des fonctions ministérielles, notamment en tant que ministre de la Dénatalité, problème auquel elle a consacré un ouvrage.

L'objectif: 30% des postes de direction occupés par des femmes en 2020

Mère de deux jeunes enfants, Yuko Obuchi est par ailleurs engagée dans nombre de sujets économiques chers à son Premier ministre, tels la vitalité des régions, l'autosuffisance alimentaire, la défense de l'agriculture nippone ainsi que la place des femmes dans l'entreprise.

Ce dernier constitue d'ailleurs un défi explicitement assumé par Shinzo Abe. En avril 2013, celui-ci avait affirmé que permettre aux femmes de "briller" dans l'économie nippone était la partie la plus importante de sa stratégie de croissance dite des "Abenomics". Contre celui qui au Japon est appelé le "plafond de bambou" (notre plafond de verre, en moins transparent voire plus épais), le Premier ministre s'était même fixé un objectif: faire en sorte qu'avant 2020 les femmes occupent au moins 30% des postes de direction, y compris en politique.

8 millions de travailleurs potentiels de plus

En sachant qu'aujourd'hui la gent féminine ne représente que 8% des sièges de la chambre basse du Parlement, et qu'en 2011, selon une étude de McKinsey, elle constituait 1% des managers seniors membres de comités de direction, l'objectif semble ambitieux. Il pourrait néanmoins constituer un levier de taille pour l'économie japonaise puisque, selon Goldman Sachs, un taux de participation féminine à la population active égal à celui des hommes signifierait 8 millions de travailleurs de plus et une croissance potentielle du PIB de 15%.

Yuko Obuchi est censée donner non seulement l'exemple, mais aussi le "la".

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