Cuba: Raul Castro rappelle son ancien ministre de l'économie
Jonathan Baudoin
Jonathan Baudoin
Un remaniement ministériel s'est déroulé à Cuba. Le président de l'île caribéenne, Raúl Castro, a nommé jeudi 25 septembre Marino Murillo ministre de l'Économie et de la Planification, d'après un communiqué officiel. Un ministère que cet économiste de formation connait bien puisqu'il occupait déjà ce poste entre 2009 et 2011. Il était, depuis, vice-président du Conseil des ministres et membre du Conseil d'État.
Marino Murillo est un enfant de Cuba version Castro. Né le 19 février 1961, il n'a connu jusqu'à présent que la présence de la fratrie Castro à La Havane, avec Fidel puis Raúl Castro. Sur les quelques éléments biographiques officiels, il s'engagea très jeune en politique, devenant un des membres les plus importants de l'Union des jeunes communistes (UJC). Il se spécialisa en économie durant son parcours universitaire, avec une licence à l'Université d'Orient de Santiago de Cuba, au collège national de la défense, et une formation dans l'ex-Union soviétique. Une fois diplômé, il officia en tant que professeur d'économie à l'Université Centrale de Las Villas puis à l'École nationale des cadres de l'UJC. Par ailleurs, il fut également un cadre militaire, avec le grade de colonel.
La carrière politique de Marino Murillo commença véritablement en février 2006, au moment où il fut nommé ministre du Commerce intérieur. Il occupa ce poste jusqu'en mars 2009, quand Raúl Castro, succédant à son frère Fidel au sommet de l'État cubain, le promut au ministère de l'Économie et de la Planification. Un poste occupé jusqu'en 2011, où il s'efforça de privatiser l'économie cubaine, réduisant ainsi le nombre de fonctionnaires. Mais en 2011, il quitta son poste pour entrer dans le bureau politique du Parti communiste cubain.
Ce retour de Marino Murillo répond au besoin du gouvernement d'accélérer les réformes économiques. Il s'agit "d'harmoniser et d'intégrer, à un niveau supérieur, le processus d'actualisation du modèle économique", d'après des propos d'un porte-parole du gouvernement cubain rapportés par le journal conservateur espagnol ABC. En fait, l'île communiste souhaite passer du modèle de l'État stratège, omniprésent dans la sphère économique, à un modèle où le secteur privé aurait une place élargie. Or, d'après le ministre, si l'économie cubaine veut suivre un rythme de 5 à 7% de croissance, il "faudrait atteindre des taux d'accumulation (du capital) de 20 à 25%, au moyen des crédits et de l'investissement étranger direct."
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Cette nomination est surtout liée à un contexte économique dégradé à La Havane, où la croissance économique était de 0,6% au premier semestre 2014, obligeant l'exécutif cubain à revoir à la baisse ses objectifs de croissance, passant de 2,2% à 1,4%.
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