Les inégalités réduisent la croissance, affirme l'OCDE

Ivan Best

Ivan Best
C'est la fin d'une vérité bien établie : celle d'un « trade-off » entre inégalités et croissance. Traditionnellement, on estime que les sociétés peuvent faire un choix entre une croissance élevée, mais avec des inégalités importantes -Etats-Unis, par exemple- ou plus d'égalité, mais au prix d'une croissance plus faible (cas de la France). Dans une étude publiée ce mardi, l'OCDE décide de tordre le cou à cette idée tenace. Pour les experts, les inégalités ne peuvent être associées à une croissance supplémentaire, elles sont au contraire un facteur de moindre croissance.
Ce graphique montre l'impact de l'évolution des inégalités (1985-2005) sur la croissance cumulée ultérieure (1900-2010)
Cet arbitrage entre croissance et lutte contres égalités n'en est pas un, estiment désormais les experts. « Une nouvelle analyse de l'OCDE donne à penser que les inégalités de revenu ont une incidence négative, statistiquement significative, sur la croissance à moyen terme » écrivent-ils aujourd'hui. Selon leurs calculs, l'évolution moyenne des inégalités des 20 dernières années, au sein des pays de l'OCDE, ferait perdre 0.35 point de croissance par an sur 25 ans, soit une perte cumulée de PIB de 8.5 % à terme."
Ainsi, écrivent les économistes,
Comment expliquer cette nouvelle prise de position de l'OCDE ? Après tout, il paraît logique qu'une grande liberté d'entreprendre -qui provoque souvent de plus fortes inégalités- engendre une croissance forte, alors qu'un système de redistribution, destiné à corriger les inégalités, vienne entraver l'initiative et donc réduire le niveau de l'activité économique. Les experts ne croient plus en cet argument. Ils mettent en avant la perte de capital humain -qui mine évidemment la croissance- liée à une faible formation de toute une partie de la population, victime des inégalités :
Cette affirmation est fondée sur une étude statistique, soulignent les experts
Exemple avec les maths: les experts constatent qu'un
En somme, insiste l'OCDE,
À lire également
A rebours des préconisations libérales habituelles, les économistes affirment que « la redistribution par l'intermédiaire des impôts et des prestations est le moyen le plus direct de corriger les inégalités ». Et de poursuivre
Ivan Best