L'heure est au vote à Athènes. Les Grecs devaient élire 300 députés à la proportionnelle renforcée : 238 le seront dans la cinquantaine de circonscriptions du pays, et 12, généralement des personnalités, le seront à partir de "listes d'Etat", ce qui les dispense de faire campagne. Le parti arrivé premier dispose d'un bonus de 50 sièges supplémentaires, à choisir parmi les suivants de liste. Par ailleurs, seuls les partis ayant réuni 3% des voix peuvent avoir des députés. L'enjeu est donc pour le parti arrivé premier d'obtenir 151 députés, soit la majoprité absolue.
Les ultimes sondages annoncent une victoire du parti anti-austérité Syriza avec 2,9 à 6,7 points d'avance sur Nouvelle Démocratie (ND), le parti du Premier ministre conservateur Antonis Samaras. Son gouvernement de coalition (avec les socialistes du Pasok) a accepté depuis 2012 presque toutes les réformes ordonnées par la troïka des créanciers (UE-BCE-FMI) en échange de 240 milliards d'euros prêtés à la Grèce depuis 2010 pour assurer sa survie.
Reste que cette élection législative fait suite à la dissolution du Parlement, provoquée en décembre par le refus de plus de deux cinquièmes des députés d'élire à la place de Carolos Papoulias (dont le mandat expire en mars) le candidat proposé par l'actuel gouvernement d'Antonis Samaras (ND), l'ex-commissaire européen Stavros Dimas. Or la Constitution grecque prévoit que dans ce cas, la nouvelle chambre des députés, qu'un gouvernement ait été formé ou non, "procède aussitôt après sa constitution à l'élection du président de la République". Le premier tour de scrutin pourrait avoir lieu dès le 7 février, suivi de deux autres, le cas échéant, à cinq jours d'intervalle.