Bruxelles veut contraindre Budapest à modifier plusieurs lois récentes

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La Commission européenne a lancé des procédures à l'encontre de Budapest pour sanctionner une série de réformes concernant la banque centrale, l'appareil judiciaire et l'autorité chargée de la protection des données.

Bruxelles a ouvert ce mardi une triple procédure d'infraction contre la Hongrie pour ses récentes lois économiques et judiciaires. L'Union européenne (UE) craint notamment que l'indépendance de la banque centrale soit remise en cause, que des centaines de juges soient poussés vers une retraite anticipée et que l'agence de protection des données personnelles soit placée à la merci de pressions politiques.

Le président de la Commission fait valoir que "comme l'ensemble des Etats membres, la Hongrie est contrainte en vertu des traités européens de garantir l'indépendance de sa banque nationale centrale, de son Autorité de protection des données ainsi que la non discrimination des juges". José Manuel Barroso a ajouté : "la Commission est déterminée à entreprendre les mesures légales nécessaires pour s'assurer du maintien de la compatibilité avec la législation de l'Union européenne. "

La Hongrie a un mois pour répondre à ces inquiétudes et modifier ces lois. Son gouvernement s'est déclaré prêt à revoir les mesures controversées.

Par ailleurs, Budapest est sous pression du Fonds monétaire international (FMI). L'Etat hongrois tente d'obtenir un crédit de 15 à 20 miliards d'euros de l'UE et du FMI. Son octroi est soumis à la "pleine indépendance de la banque centrale", précise de son côté le commissaire en charge des questions économiques, Olli Rehn.

Par ailleurs, Viktor Orban va rencontrer le président de la Commission, le 24 janvier, à Bruxelles.

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Commentaires
a écrit le 18/01/2012 à 17:29 :
Peut-être que la langue hongroise ne les aide pas beaucoup à comprendre dans quel monde ils vivent.
a écrit le 18/01/2012 à 12:51 :
Adieu souveraineté nationale, vive l'ingérence tout azimut des technocrates européens
a écrit le 18/01/2012 à 9:27 :
Le Parlement hongrois a adopté, vendredi 30 décembre, une nouvelle série de lois controversées qui isole encore davantage le pays au sein de l'Europe. La première d'entre elles accroît l'influence du gouvernement conservateur de Viktor Orban sur la Banque centrale. La loi a été adoptée avec 293 voix pour, 4 contre et une abstention, grâce à la majorité des deux tiers dont dispose le parti Fidesz du premier ministre, Viktor Orban.

La réforme de la Banque centrale (MNB), qui est censée être indépendante du pouvoir politique, retire à son président la prérogative de choisir ses adjoints, qui passent de deux à trois, et seront dorénavant nommés par le chef du gouvernement. Ce troisième et nouvel adjoint a été qualifié de "commissaire politique" par le gouverneur de la MNB, Andras Simor, qui déplaît notoirement à Viktor Orban en raison de sa politique de taux d'intérêt élevés.

>> Lire : "Viktor Orban accélère le pas pour "renationaliser" l'économie hongroise"

Le conseil monétaire de cette institution, qui décide de la politique de taux d'intérêt, passera de sept à neuf personnes. Ses deux membres extérieurs supplémentaires sont, comme quatre autres, nommés par le Parlement, donc par le Fidesz. La réforme de la MNB s'apparente à une "prise de pouvoir totale" de l'institution par le gouvernement conservateur de Viktor Orban, selon Andras Simor.

LOI SUR LES RELIGIONS

Des députés du parti au pouvoir, le Fidesz, le 30 décembre.

Des députés du parti au pouvoir, le Fidesz, le 30 décembre.AFP/ATTILA KISBENEDEK

Le Parlement a également entériné une nouvelle loi sur les religions (lien abonnés), qui réduit à 14 ? contre à peu près 300 actuellement ? le nombre de communautés bénéficiant de subventions publiques, une loi réduisant à la portion congrue les débats au Parlement et une loi sur "les crimes communistes", visant rétroactivement les dirigeants du Parti socialiste (ex-communiste), lesquels dénoncent "la mise en place d'une dictature".

La nouvelle loi sur les religions a été adoptée avec 256 voix pour et 36 contre et sans abstention, grâce à la majorité des deux tiers dont dispose le parti de Viktor Orban, le Fidesz. Les députés socialistes (MSZP) et du LMP (Vert-gauche) n'ont pas participé à la session du Parlement, exprimant ainsi leur opposition aux lois adoptées.

"Le gouvernement des Etats-Unis est profondément inquiet à cause de la loi sur les Eglises. Selon des observateurs, la reconnaissance des différentes Eglises et religions est devenue difficile voire impossible, le fait que cela nécessite en plus une majorité des deux tiers du Parlement rend la question indûment politisée alors qu'il s'agit là d'un droit de l'homme fondamental", a prévenu Mme Clinton, dans une lettre écrite au premier ministre Viktor Orban, publiée vendredi par le premier quotidien du pays, le Nepszabadsag.

Les autres communautés religieuses voulant se faire reconnaître devront, selon la nouvelle loi, se tourner désormais vers le Parlement, qui devra décider de leur reconnaissance ou non, avec une décision à la majorité qualifiée, c'est-à-dire plus des deux tiers des députés.

"PERPÉTUATION DU POUVOIR D'UN SEUL PARTI"

Des députés du parti au pouvoir, le Fidesz, le 30 décembre.

Des députés du parti au pouvoir, le Fidesz, le 30 décembre.AFP/ATTILA KISBENEDEK

Ces nouvelles lois sont les dernières d'une longue série qui isole la Hongrie au sein de l'Europe et abîme un peu plus la démocratie hongroise. Il y avait déjà eu la réforme des médias, de la justice, de la loi électorale ainsi qu'une loi sur "la stabilité financière", imposant à l'avenir une majorité des deux tiers au Parlement pour modifier le taux unique (16 %) de l'impôt sur le revenu.

Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge et président des libéraux au Parlement européen, considère la nouvelle Constitution hongroise aux accents très nationalistes, qui entrera en vigueur au 1er janvier, comme le "cheval de Troie d'un système politique plus autoritaire fondé sur la perpétuation du pouvoir d'un seul parti".

Autre élément inquiétant, la promotion par le Fidesz de personnalités notoirement d'extrême droite, voire antisémites, dans le secteur culturel. C'est le cas par exemple de György Dörner, nommé à la tête du Nouveau Théâtre de Budapest, comme le souligne Les Inrocks, reprenant une information du quotidien Libération.

Dans les médias publics, la mise au pas s'est traduite par des licenciements massifs ou mise en préretraite de journalistes indociles, en dépit d'une grève de la faim de plusieurs d'entre eux, aussitôt licenciés. De plus Klubradio, seule radio d'opposition, a perdu sa fréquence.

POLITIQUE ÉCONOMIQUE NON ORTHODOXE

La politique économique "non orthodoxe" de Viktor Orban ? "taxe de crise" sur les banques, les groupes énergétiques et de télécommunication, nationalisation des caisses de retraite privées ? a fait plonger la devise hongroise, le forint, de plus de 20 % par rapport à l'euro au cours des trois derniers mois.

Vendredi, le Parlement a voté une nouvelle loi qui autorise le gouvernement à mettre en place des mesures fiscales ciblées supplémentaires pour payer d'éventuelles amendes de la Cour européenne de justice. Cette loi, votée à la majorité des deux tiers, sera inscrite dans la nouvelle Constitution. Les mesures fiscales "pourront évidemment être payées par n'importe qui", a précisé Janos Lazar, le chef du groupe parlementaire du Fidesz. Cette nouvelle "taxe de crise" restera en vigueur jusqu'à ce que la dette publique du pays passe en dessous de la barre des 50 % du produit intérieur brut.
Les lois Hongroises bravo
En dépit des critiques, dont la dernière émane de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui s'est inquiétée de "la situation de la démocratie" en Hongrie, Viktor Orban fait front, semblant faire fi des conséquences pour son pays et pour le peuple hongrois. Vendredi, il a affirmé sans ambages : "Personne ne peut intervenir dans le processus législatif hongrois."
Réponse de le 18/01/2012 à 10:33 :
mal aux yeux !
Réponse de le 18/01/2012 à 12:32 :
Achète des lunettes, les mutuelles remboursent à 100%, enfin j'espère pour toi, sinon tu as Malakoff-mederic du frère à Sarkozy
a écrit le 18/01/2012 à 8:44 :
que les programmes d'histoire en Hongrie, soient enfin adaptés au cours actuel de l'Europe et cessent de tant insister sur Tianon et Clémenceau! Que font les inspecteurs généraux de Budapest?
a écrit le 18/01/2012 à 5:37 :
Quel bazar !
a écrit le 17/01/2012 à 20:50 :
Rappelez-vous que si les allemands avaient les moyens de vous faire parler, l'Union européenne a les moyens de vous faire taire.
a écrit le 17/01/2012 à 20:28 :
quelle légitimité démocratique possède la commission européenne pour venir sanctionner des lois votées par des parlementaires démocratiquement élus ?
Aucune, bien sûr !
a écrit le 17/01/2012 à 19:00 :
L'Union a raison ! Elle protège nos libertés !! Elle doit garantir la démocratie car c'est des critères d'adhésion ! Vive l'Union !
Réponse de le 17/01/2012 à 20:52 :
Il est rare que j'ai une réaction viscérale mais là, pour le coup, vous m'avez donné un haut le c?ur qui a failli remettre à tout de suite mon dîner de ce soir. Je suis très heureux de ne pas vous connaître.
Réponse de le 18/01/2012 à 7:04 :
pas toujours d'accord avec vous Bastien mais là pour le coup... ;:);)
a écrit le 17/01/2012 à 16:43 :
Vous l'avez voulu alors passez sous les fourches et baissez les yeux ! Mais si vous avez des c...........s alors sortez de cette europe qui ne vous apportera rien sinon une participation au remboursement de la dette souveraine des majors !
Réponse de le 17/01/2012 à 18:39 :
votre reponse est un peu legere concernant la situation de la Hongrie et le gouvernement actuel. La Hongrie tout comme d'autres pays a joue avec le feu
en doppant la consommation avec du credit facile (en franc suisse et non en Forint) a des taux tres attractifs, pensant que le taux de change ne changerait jamais. Les banques Austrichiennes se retrouvent dans une situation tres delicate avec des risques de non remboursement de ces prets. Les gouvernements hongrois, mis a part peut etre celui de Gordon Baynai n'ont que tres peut entame les reformes fiscales et economiques necessaires et les seules reformes de ce gouvernement n'ont ete que de concentrer les pouvoirs et reduire les contre pouvoir, avec une nouvelle constitution qui efface le nom de republique (reforme qui n'ameliore en rien la situation des Hongrois mais qui renforce juste un peu plus le pouvoir du Fidesz). La Hongrie peut demain quitter la communaute europeenne, a savoir si il y a plus d'avantages que d'inconvenients?

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