Indépendance de la banque centrale : la mission UE-FMI en Hongrie est écourtée

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La Commission européenne et le FMI ont décidé d'interrompre vendredi une mission en Hongrie pour discuter d'une aide financière au pays, en raison de leur "préoccupation" concernant l'avenir de l'indépendance de la banque centrale nationale, a annoncé ce vendredi un porte-parole de l'UE.

La Commission européenne "a décidé, en coordination étroite avec le FMI, d'interrompre la mission préparatoire", a indiqué à l'AFP Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn, confirmant des informations parues dans la presse hongroise. "La Commission européenne est préoccupée par l'intention des autorités hongroises de pousser à l'adoption de lois qui peuvent potentiellement saper l'indépendance de la banque centrale" du pays, a expliqué Amadeu Altafaj. De plus, poursuit-il, "nous regrettons que les dernières versions en date de ces projets de loi n'aient pas donné lieu à des consultations avec la Banque centrale européenne" à Francfort.

Le porte-parole a rappelé que la Commission européenne et le FMI ont manifesté leur intention de discuter de l'indépendance de la banque centrale au cours des négociations formelles prévues au début de l'année prochaine sur une possible aide financière de précaution à la Hongrie, car "l'indépendence des banques centrales est l'une des pierres angulaires du Traité de Maastricht".

Or, "de manière surprenante, les autorités ont soumis le projet de loi au parlement et demandé une procédure d'urgence juste au moment où les deux institutions arrivaient en Hongrie pour des discussions préparatoires", a-t-il souligné. Le FMI, l'UE et la BCE avaient déjà exprimé jeudi leur préoccupation concernant le projet de réforme de la banque centrale nationale (MNB).

La Commission européenne et le FMI ont finalement décidé vendredi de quitter Budapest, "étant donné que le gouvernement n'a signalé à la mission UE/FMI aucune intention de changer quoi que ce soit dans leur intention de pousser à l'adoption de la loi contestée sur la banque centrale.

Le texte prévoit de retirer au gouverneur de la MNB la prérogative de choisir ses deux adjoints, au profit du chef du gouvernement. Par ailleurs, il préconise l'élargissement du conseil monétaire, qui décide tous les mois de la politique de taux d'intérêt, de sept à neuf personnes, augmentant ainsi de quatre à six le nombre des membres extérieurs nommés par le parlement, où le parti Fidesz de Viktor Orban détient une majorité des deux tiers.

Pour le gouverneur de la MNB, Andras Simor, notoirement en conflit avec le Premier ministre, le projet s'apparente à "une totale prise de pouvoir de la banque centrale" par le gouvernement. Fortement endetté, Budapest a entamé des négociations avec le FMI et l'UE en vue de demander une aide financière, évaluée entre 15 et 20 milliards d'euros.

Cette mission constituait une première prise de contact, les négociations formelles ne devant commencer qu'en janvier pour un accord espéré en février.

Budapest était déjà dans le collimateur de Bruxelles, qui lui a fait part de sa "préoccupation" dans un courrier du 12 décembre au sujet de plusieurs réformes constitutionnelles en Hongrie, en particulier pour leur impact sur l'indépendance de la justice.

La Commission s'inquiète en particulier d'une concentration de pouvoirs trop importante dans les mains d'un seul homme, le futur président de l'Office national de la justice (OBH), appelé à être doté de compétences quasi-exclusives en matière de gestion de l'administration judiciaire, y compris la nomination des juges.

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