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ÉconomieUnion européenne

Poutine : une probable réélection à la tête de la Russie sur fond de contestation

latribune.fr (source AFP)

Publié le 27 février 2012 à 04:40 - Mis à jour le 27 février 2012 à 04:48

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L'actuel Premier ministre russe et homme fort du pays, Vladimir Poutine, s'apprête à revenir au Kremlin après la présidentielle du 4 mars au résultat prévisible mais entourée d'une contestation sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 2000. Un attentat islaniste contre Poutine aurait par ailleurs été déjoué par les service secrets.

M. Poutine devrait sans surprise l'emporter au premier tour, comme lors de ses élections précédentes à la présidence, en 2000 et 2004. Malgré une nette baisse l'année dernière de sa cote de popularité, tombée de 70% environ à un peu plus de 50%, l'ex-agent du KGB est crédité dans de derniers sondages de 58 à 66% des intentions de vote, ce qui lui permettrait de battre facilement ses quatre concurrents. Le communiste Guennadi Ziouganov, dont le parti est la première formation d'opposition mais n'a jamais vraiment pu ou voulu inquiéter le pouvoir en place, et dont l'électorat nostalgique de la période soviétique est vieillissant, est crédité d'environ 15% des suffrages.

En marge de l'élection, les services secrets russes et ukrainiens ont déjoué une tentative d'assassinat par des islamistes du Premier ministre Vladimir Poutine qui devait avoir lieu après la présidentielle du 4 mars à laquelle il est candidat, a annoncé lundi une chaîne de télévision pro-Kremlin. Les services secrets ukrainiens ont découvert ce complot après une explosion dans un appartement à Odessa (sud de l'Ukraine) dans laquelle une personne a été tuée. Deux autres personnes ont été arrêtées et ont affirmé, selon la chaîne Pervyi Kanal, travailler pour le leader islamiste Doku Oumarov, ennemi numéro un du Kremlin.

Stagnation

Elu une première fois à la présidence avec 53% des voix alors qu'il était chef de l'Etat par intérim à la suite de la démission de son prédécesseur Boris Eltsine, et à la faveur d'une guerre lancée en Tchétchénie après des attentats meurtriers à Moscou, M. Poutine avait été réélu triomphalement en 2004 avec plus de 71% des suffrages. La hausse rapide du niveau de vie, permise essentiellement par celle des cours mondiaux du pétrole, et une politique perçue comme rétablissant la place du pays sur l'échiquier mondial, avaient nourri cette popularité, selon les sociologues. Vladimir Poutine est resté l'homme fort du pays après avoir propulsé en 2008 à la présidence Dmitri Medvedev, un de ses subordonnés, la constitution ne lui permettant pas de briguer un troisième mandat consécutif.

Après avoir un temps incarné des espoirs de libéralisation, M. Medvedev a annoncé en septembre ne pas briguer la réélection et se désister en faveur de son mentor. Une réforme constitutionnelle a fait passer le mandat de quatre à six ans. M. Poutine peut théoriquement rester au pouvoir pour deux nouveaux mandats, soit douze ans, jusqu'en 2024. L'annonce de son retour avait suscité en septembre des comparaisons avec les 18 ans passés au pouvoir par le dirigeant soviétique Leonid Brejnev, couramment désignés comme l'époque de la "stagnation".

Une opposition sans précédent

Les législatives de décembre, remportées avec près de 50% des voix par le parti au pouvoir Russie unie, et marquées par des fraudes selon l'opposition et des observateurs étrangers, ont suscité un mouvement de contestation sans précédent depuis les années 1990. Une première vague de manifestations, à Moscou, Saint-Pétersbourg et dans nombre d'autres villes, jusqu'à Vladivostok (Extrême-Orient), a été réprimée avec des milliers d'interpellations et des dizaines de personnes condamnées à des peines allant jusqu'à 15 jours de prison. Rapidement, l'ampleur des manifestations à Moscou -- environ 80.000 personnes le 10 décembre près du Kremlin, davantage encore le 24 décembre puis le 4 février -- a toutefois contraint les autorités à tolérer ces rassemblements auxquels se sont joints nombre de personnalités de la culture et des médias. Dans une dernière action symbolique dimanche, l'opposition a mobilisé des milliers de personnes à Moscou pour constituer une chaîne humaine le long du boulevard ceinturant le centre-ville.

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M. Poutine a accusé les opposants de servir les intérêts de puissances étrangères et raillé le symbole choisi par la contestation, un ruban blanc qu'il a affirmé avoir pris pour un préservatif ou un signe de lutte contre le sida.

La candidature du libéral Grigori Iavlinski a été refusée au motif d'irrégularités dans les listes de signatures de soutien, privant les électeurs du seul candidat considéré comme un réel opposant à Vladimir Poutine. Les autres candidats -- le communiste Guennadi Ziouganov, le populiste Vladimir Jirinovski, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov et le leader de centre-gauche Sergueï Mironov -- sont largement considérés comme des faire-valoir pour l'élection de M. Poutine. "Poutine s'est choisi des concurrents commodes, comme si le champion du monde se choisissait des adversaires, définissait les règles et était lui-même juge de la compétition", a estimé Nikolaï Petrov, expert de l'antenne moscovite du Centre Carnegie.

Pas de débat

Les chaînes de télévision nationales -- toutes contrôlées par le pouvoir depuis leur reprise en mains après l'arrivée au pouvoir de M. Poutine -- ont accordé une très large place au Premier ministre, y compris à ses déplacements dans des usines d'armement ou des régions subventionnées par Moscou. M. Poutine a refusé tout débat avec ses concurrents, publiant dans la presse de longs articles dans lesquels il a notamment promis un réarmement "sans précédent" du pays et des hausses de salaires. Des médias indépendants comme la radio Echo de Moscou, la télévision privée Dojd ou le journal d'opposition Novaïa Gazeta ont de leur côté dénoncé dernièrement des pressions directes ou sur leurs actionnaires.

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Lors d'un rassemblement jeudi de plus de 100.000 de ses partisans à Moscou -- auquel avaient été conviés avec insistance nombre d'employés d'entreprises publiques, selon l'opposition --, M. Poutine a prononcé un discours offensif, estimant que l'élection à venir était une nouvelle "bataille pour la Russie". Il a accusé ceux qui ne le suivraient pas de "trahir la patrie".

latribune.fr (source AFP)

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